GABRIEL DE MORTILLET
Ce que coûtent quelques animaux.
Une paire de faisans roses coûte de. 500 à 1,000 francs. Uniperioquetiblen ee 500 à 1,000 — UNS antlo pe PSE MN ee ee 2,500 à 3,000 — LIN TPe eut ds ccbe-ecach ee as 3,000 à 3,500 — LME Mr ra sacoches 4,000 à 5,000 — DDMIODAAUILLES Ne reseau eee mere 4,000 à 6,000 — UNORTIrATO SEL. CNE. Dee 8,000 à 10,000 — LIRECIÉDRANLES TS MR EE eu 10,000 à 12,000 — CID PIINOCÉTOS etes enter ect 15,000 à 30,000 — LDIDIDDODOLAUIER SE, Peeters 15,000 à 30,000 —
Ce sont les prix d'achat seulement. La nourriture n'est pas moins chère : l'Otarie du Jardin des Plantes,
presque tous successivement d’une vie aquatique durant laquelle ils ne pourraient vivre à l'air, puis d’une vie terrestre durant laquelle ils ne pourraient vivre dans l’eau et y respirer (têtards et grenouilles, par exemple), au lieu que l'animal amphibie, comme certains Crabes, les Phoques, ete., tout en ne pouvant respirer que dans l'air, ou que dans l’eau, passe avec la plus grande facilité de l’un dans l’autre de ces éléments.
1. Origines de la Chasse, de la Pêche et de l'Agriculture, par G. de Mortillet, t. I, Bibliothèque Anthropologique, 1890. Lecrosnier et Babé,
mort en 1890-91, consommait pour 4,000 francs de maquereaux par an. Il était donc payé beaucoup mieux que la plus grande partie des fonctionnaires du Jardin!
Pourquoi l’on aime la lumière.
La lumière accélère chez les animaux le mouvement vital et en particulier les actes nutritifs. L’obscurité les ralentit. Ce fait, connu et appliqué depuis très longtemps dans la pratique agricole, est expressément signalé par Columelle. Il recommande, si l’on veut engraisser des volailles, de les élever dans des cages étroites et non éclairées. Le laboureur, pour engraisser son bétail, l’enferme dans des étables entourées de fenêtres petites et basses. Dans le clairobscur de ces prisons, le travail de désassimilation s'opère avec lenteur, et les matières nutritives, au lieu d’être brûülées dans le torrent circulatoire, s’accumulent plus aisément dans les organes. De même pour développer chez les oies d'énormes foies gras on les plonge dans des caves noires où elles sont gorgées de maïs et maintenues dans l’immobilité. Les animaux s’étiolent comme des plantes. L'absence de lumière tantôt les fait dépérir, tantôt les transforme complètement, et modifie leur organisation de la facon la moins avantageuse au plein exercice des facultés vitales. Ceux qui vivent dans les cavernes
sont comme les plantes qui vivent dans les caves. On
trouve dans certains lacs souterrains de la basse Carniole des reptiles très bizarres, ressemblant aux salamandres, et qu'on appelle des Protées; ils sont presque blancs et n’ont que des yeux rudimentaires. Lorsqu'on les expose à la lumière, 1ls paraissent souf-
frir, et leur peau se colore. Il est très probable que ces êtres n’ont pas toujours vécu dans l’obscurité où ils sont aujourd'hui relégués, et que c’est l’absence prolongée de lumière qui a détruit chez eux la couleur de la peau, et anéanti l'organe de la vision. Les êtres privés de jour sont exposés à toutes les faiblesses et à tous les inconvénients de la chlorose et de l’appauvrissement du sang. Ils croissent et se bouffissent comme le champignon blafard, sans connaître le salutaire baiser des effluves lumineuses. William Edwards, à qui la science doit tant de recherches sur l’action des agents physiques, étudia, vers 1820, linfluence que la lumière exerce sur le développement des animaux. Il plaçca des œufs de grenouilles dans deux vases pleins d’eau, dont l’un était transparent, et dont l’autre était rendu imperméable à la lumière par une enveloppe de papier noir l’entourant de toutes parts. Les œufs exposés à la lumière se développèrent régulièrement. Ceux du vase obscur ne fournirent que des rudiments d’embryons. Il mit ensuite des têlards de crapaud dans de grands vases, les uns inaccessibles à la clarté du jour, les autres incolores. Les têtards éclairés se métamorphosèrent promptement, et passèrent à l’état d'adultes, tandis que les autres, ou bien demeurèrent à l’état de têtards, ou bien ne passèrent qu'avec une extrême difficulté à l’état d'animaux parfaits. Trente ans plus tard, M. Moleschott fit plusieurs centaines d'expériences dans le but de rechercher comment la lumière modifie la quantité d’acide carbonique exhalé dans la respiration. En opérant sur des grenouilles, il trouva que le volume de gaz exhalé sous l'influence du jour est supérieur d'un quart au volume exhalé dans l'obscurité. Il constata d’une façon générale que la production d'acide carbonique s’accroit propor-
L'HOMME ET L'ANIMAL EN GÉNÉRAL à An |
tionnellement à l'intensité de la lumière. Ainsi, pour une intensité lumineuse représentée par 3,27, on obtenait 1 d'acide carbonique et pour une intensité de 7,38, on en obtenait 1, 18. Le même physiologiste pense que chez les batraciens l’activité de la lumière se transmet en partie par la peau, en partie par les yeux.
F. PAPILLON
Pourquoi les animaux n’envahissent-ils pas la totalité du globe?
On peut dire, d’une manière générale, que le nombre des animaux et des végétaux vivant à la surface de notre planète est en moyenne toujours le même. |
Dans l’économie de la nature, le nombre des places est limité, et presque partout sur la terre ces places . sont à peu près occupées. Sans doute, il se produit chaque année des oscillations dans le nombre absolu et relatif des individus de toutes les espèces. Maïs, si l’on considère ces oscillations d'une manière générale, on voit combien elles ont peu d'importance en regard de la constance approximative du chiffre moyen de la totalité des individus. Le seul changement qui se produise consiste en ce que, chaque année, la prééminence appartient tantôt à tel ordre d’animaux et de plantes, tantôt à tel autre, en ce que, chaque année, la guerre pour l’existence apporte quelque changement à la situation respective de ces ordres.
Je ne connais pas d'espèce animale ou végétale qui n’arrivât, dans un laps de temps très court, à couvrir la terre d’une population très dense, si elle n’avait à