‹ Curiosités de l'histoire naturelleChapitre 123 sur 144 · DE SAUSSURE · texte numérisé non relu

DE SAUSSURE

Les dimensions et les distances des Atomes.

Par l'étude des lois de la physique et de la chimie, on est arrivé à concevoir l'existence de parcelles de matières infiniment petites, qui ne peuvent se partager en éléments plus petits, qui sont en quelque sorte des unités impossibles à diviser en deux. Si ces atomes sont très rapprochés, le corps qui en est composé est solide : si les distances augmentent, le corps est liquide ou gazeux. Un même corps peut être alternativement solide, liquide, gazeux; l’eau par exemple (eau, glace et vapeur) et différents gaz comme loxygène, l'acide carbonique, qui peuvent par le froid et la compression devenir liquides et même solides.

M. Thomson est arrivé, par des considérations et des calculs variés, à reconnaitre que, dans les liquides et les solides transparents ou translucides, la distance moyenne des centres de deux atomes contigus est comprise entre un dix-millionième et un deux-centmillionième de millimètre. Il est difficile de se repré-

senter exactement d'aussi petites dimensions dont rien, parmi les objets qui affectent notre sensibilité, ne saurait nous donner une idée. M. Thomson pense que la comparaison suivante peut servir à les appréeier. Si l’on se figure une sphère du volume d’un pois grossie presque à égaler le volume de la terre, et les atomes de cette sphère grossis dans la même proportion, ceux-ci auront alors un diamètre supérieur à celui d'un grain de plomb et inférieur à celui d’une orange. En d’autres termes, un atome est à une sphère de la dimension d’un pois ce qu’une pomme est au globe terrestre. Par des arguments tout différents, les uns tirés de l'étude des molécules chimiques, les autres déduits des phénomènes de capillarité, M. Gaudin a établi, pour la dimension des plus petites particules matérielles, des chiffres très voisins de ceux de M. Thomson.

La distance maxima des atomes chimiques entre eux dans les molécules est un dix-millionième de millimètre. M. Gaudin essaye, comme M. Thomson, de donner quelque idée sensible de la petitesse vraiment étourdissante d’une semblable dimension. Il calcule, d’après ce chiffre, le nombre des atomes chimiques contenus dans le volume d’une tête d’épingle à peu près, et 1l trouve que ce nombre doit être représenté par le chiffre 8,000,000,000,000,000,000,000, — de sorte que, si l’on voulait compter le nombre des atomes métalliques contenus dans une grosse tête d’épingle, en en détachant chaque seconde par la pensée un milliard, il faudrait continuer cette opération pendant plus de deux cent cinquante mille ans!

F> PAPILLON *

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