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Lecons de Chimie Élémentaire. G. Masson, Paris

2. Il existe, d'après M. H. Lecoq, sur le plateau central de la France, au moins 500 sources dont il évalue la totalité du débit à 14,874 mètres cubes par 24 heures, Il n'estime pas à moins du tiers de ce volume l'acide carbonique dégagé, c’est-à-dire 5,000 mètres cubes par jour, sans tenir compte de tout celui qui peut s'échapper du sol, tout à fait inaperçu, par des fentes qui ne contiennent pas d’eau.

3. On a calculé qu'en Europe le produit de la combustion de la houille équivaut à 80 milliards de mètres cubes d'acide carbonique.

4° La décomposition spontanée des matières organiques à la surface du sol ?;

5° La respiration des hommes et des animaux qui exhalent constamment des quantités considérables d'acide carbonique.

Il est bien facile de constater la présence de ce gaz dans l’air expiré des poumons: il suffit de faire sortir

cet air par un tube de verre qui plonge dans de l’eau de chaux. En quelques secondes, le liquide est fortement troublé, et dépose une poudre blanche qu'on reconnait facilement pour un carbonate, au moyen d'un acide qui, versé dessus, produit une vive effervescence ?.

D'après les expériences de Lassaigne, voici les quantités d'acide carbonique que l’homme et les principaux animaux domestiques exhalent dans Pair, en une heure :

Litres TAUPE. M SIT ie ei ME NT nee 271,10 Cheval. sente ue crée he Nr UT 219,72 Bélier 4e 8 INOIS ee 067 soesohe er et 55,23 Chévretde sans. en... are--s Eee 21,48 Chien dé: chassé 0 rer Er 18,31 HOMME... 56 eos at ahleies i-mode dent 17,176 Chevreau dé HFIMOIS... 4-00 cm3 11,60

M. Boussingault a déterminé approximativement la proportion d'acide carbonique qui se produit, à Paris, en 24 heures. Il est arrivé aux résultats suivants :

1. Un hectare de terre moyennement fumé et considéré sous l'épaisseur de 8 centimètres, dégage environ 160 mètres cubes d'acide carbonique par 24 heures.

2, L'acide carbonique en se combinant avec la chaux a formé du carbo-

nate de chaux. (V.)

Metres cubes.

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En admettant, avec MM. Andral et Gavarret, que chaque homme brûle en moyenne en vingt-quatre heures, dans l’intérieur de ses poumons, pour entretenir sa vie, 240 grammes de charbon qu'il convertit en 443 litres d'acide carbonique, il en résulte que la race humaine répandue à la surface du globe doit engendrer annuellement environ 160 milliards de mètres cubes de ce gaz. Les animaux quadruplent au moins ces résultats.

Les cinq causes de production de l'acide carbonique dont je viens de parler et qui sont toujours en action, fournissent donc à l’atmosphère une énorme quantité de ce gaz. Cependant l'expérience démontre que la proportion contenue dans l'air est infiniment petite, puisque le maximum n'arrive pas à six dixmillièmes de son volume.

Cette circonstance remarquable, bien faite pour surprendre les esprits superficiels, vient de ce que les parties des végétaux, qui sont colorées en vert, ont la propriété, sous l'influence de la lumière solaire, d’absorber l'acide carbonique, de le décomposer, de s'emparer du charbon qu'il contient et de rejeter dans l’air la plus grande partie de l'oxygène qui en provient. Les nombreuses expériences de Priestley, d’Ingenhouss, de Senebier, de Théodore de Saussure, ne laissent aucun doute à cet égard. |

Par conséquent, les végétaux purifient l'air en décomposant l'acide carbonique formé aux dépens de leur propre substance, et celui qui leur arrive dissous dans l’air ou dans l’eau, et en exhalant ensuite dans l’atmosphère une quantité d’oxygène qui contrebalance celle qui est absorbée par les êtres, vivants ou morts, et les corps en combustion. Cela est si vrai,

que Priestley et Ingenhouss ont reconnu qu'un air

dans lequel les bougies cessent de brûler à cause de l'acide carbonique qu’il renferme, permet la combustion de ces bougies, après qu’il a été en contact pendant quelques jours, sous l'influence solaire, avec des plantes en pleine végétation.

D'un autre côté, une masse énorme d'animaux inférieurs qui vivent au sein des eaux douces et salées, tels que les mollusques à coquille (huîtres, moules, peignes, etc.,) les oursins, les crustacés (écrevisses, homards, crabes, etc.), se recouvrent d’une enveloppe calcaire, dite {est ou carapace, dont la moitié à peu près est formée d’acide carbonique. C'est l’eau qui après avoir emprunté ce gaz à l'atmosphère, lui sert de véhicule pour l’introduire dans l’organisme sous forme de carbonate de chaux; ce dernier est ensuite excrété, moulé sur le corps des animaux mous qui se trouvent ainsi, sous cet abri protecteur, soustraits aux causes de destruction qui les environnent. Cette minéralisation de l’acide carbonique a lieu sur une échelle que l'imagination ne saurait mesurer, et elle contribue pour une très large part à la purification de l’air atmosphérique. La portion d’acide ainsi solidifiée n’est plus restituée à la masse atmosphérique.

J. GIRARDIN !

1. Lecons de Chimie Élémentaire, t. 1, p. 59 et suiv. Il ne serait pas à souhaiter que l'acide carbonique, tout dangereux qu'il est dans certaines conditions, vint à disparaitre de l'atmosphère. S'il disparaissait en effet, les

Une pluie d’encre.

M. L.-A. Eddie, de Graham'’s Town, Cap de Bonne- Espérance, donne une description intéressante d’une pluie d'encre tombée dans la colonie du Cap, le 14 août 1888. Un orage, commencé vers midi et qui dura jusqu’au lendemain matin assez tard, fut accompagné, par moments, de fortes averses; des espaces étendus se trouvèrent couverts d’une eau aussi noire que de l'encre. Deux théories, dit M. Eddie, peuvent rendre compte de ce phénomène : l’une, que l’eau avait reçu cette coloration des particules volcaniques restées en suspension dans l'atmosphère à la suite d’une éruption récente; l’autre, et la plus probable, que la terre, dans son voyage à travers l’espace, avait rencontré un essaim de poussières météoriques! exceptionnellement épais, que cette matière extraordinaire consistait en fer météorique, et que, entraînée par la pluie et mêlée à l’eau des mares et aux débris organiques que cette eau contient, elle s’était dissoute en donnant au tout une couleur noire ou d'encre. Il y a aussi l'hypothèse que la couleur noire pouvait provenir simplement du mélange de cette fine poussière cosmique avec l’eau; mais l'observateur est plus porté à penser que la teinte d’encre provenait de ce que le fer se dissolvait dans de l’eau saturée de débris organiques, bien qu’une partie des particules cosmiques

plantes cesseraient d’exister, ne pouvant plus lui emprunter le carbone qui leur est indispensable ; les animaux n'ayant plus de végétaux à manger, mourraient à leur tour, et l’homme réduit à manger ses semblables finirait lui aussi par disparaître : toute vie sur le globe serait anéantie, parce que toute vie animale repose directement ou indirectement sur la vie végétale. (H. de V.)

1. Poussière résultant de la désagrégation des roches provenant des espaces célestes, qui sont les météorites.

puisse avoir flotté sans se dissoudre dans l'eau et ensuite y ètre déposée comme sédiment.

L'aspect était celui qu'aurait de l’eau légèrement acidulée après avoir séjourné pendant une nuit dans un vase en fer !,

Un lac bizarre.

Le petit lac de Märjelen est situé à environ 800 mètres de l’'Eggishorn, entre ce dernier sommet et les Strahlhôürner. Les Alpes qui contiennent tant de lacs élevés et pittoresques n'en présentent guère qui sotent aussi curieux que celui-ci; on peut mème dire quil est unique dans le monde alpestre. De trois côtés, 1l est borné par des pentes rocheuses, mais le quatrième est formé par le flanc gauche du glacier de PAletseh qui, grâce à cette disposition, ressemble à un glacier polaire.

Son écoulement a lieu alternativement par deux vallées, la vallée de l’Aletsch à l’ouest, et celle de Viesh à l’est. Ce lac offre une particularité assez singulière sur laquelle nous voulons attirer l'attention : c'estque, de temps en temps, il se vide subitement et presque en entier. Son écoulement le plus habituel à lieu du côté du glacier de l'Aletsch, à travers les crevasses transversales qui, ici, sont presque perpendiculaires à la paroi de glace qui limite le lac à l'Ouest,

Ce sont ces larges ouvertures verticales et béantes qui donnent passage à l’eau du lac; quant aux chemius qu'elles suivent sous le glacier jusqu'à la Massa, on ne les connait pas encore. Mais, par suite du mou: vement du glacier, les tunnels que s'étaient percés les eaux du lac finissent par changer de forme et

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