Revue Scientifique du 24 novembre
sénat
même par disparaitre tout à fait. A partir de ce moment, les eaux du lac n'ayant plus aucun écoulement montent jusqu'à ce qu'elles aient réussi à se frayer un nouveau chemin à travers le glacier.
Lorsque le lac se vide, c’est une vraie calamité pour la vallée du Rhône. Les eaux gonflent si rapidement la Massa qui vient se jeter, non loin de Brigue, dans le Rhône, qu'il est rare que les habitants aient reçu la nouvelle de cet événement avant que les eaux n'aient ravagé la vallée. Aussi donne-t-on une paire de souliers neufs au premier berger qui vient annoncer aux riverains du Rhône que le lac de Märjelen se vide. ;
Pendant que l’eau se fraye un chemin sous le glacier de l’Aletsch, on entend toujours un bruit de tonnerre, et à plusieurs endroits de fortes colonnes d’eau jaillissent des crevasses.
En peu de temps, les terrains situés en aval du confluent du Rhône et de la Massa sont couverts d’eau. Beaucoup de cultures sont détruites. Cependant le voyageur qui contemple pour la première fois ce lac se demande comment une si petite nappe d’eau peut produire de si grands ravages. Il en à ensuite l’explication quand il se rend compte de sa profondeur relativement grande pour sa surface.
Le petit lac de Märjelen jouit donc, par suite, d’une mauvaise réputation auprès des habitants du Haut- Valais qui sont très pauvres et qui n’ont pour vivre que ce qu'ils peuvent retirer de leurs maigres champs.
La seule observation exacte qui en ait jamais été faite date de 1878.
Le lac se vida en trente heures et demie. Le volume de Peau écoulée était de 9,300,000 mètres
cubes, ce qui portait la moyenne de la quantité d’eau écoulée par seconde à 84°,7.