L. FIGUIER
1. Revue Horticole, 1854, p. 184. Quelques chiffres ont été empruntés à différents auteurs.
2. L'Année Scientifique, 13° année (1887), p. 459, Hachette. On notera en passant que l’ortie est l'amie de l'homme, en ce sens qu'elle ne pousse que là où il est ou a été récemment, Ce n'est pas que l’hamme s'amuse à em
La Sensitive.
Les feuilles de plusieurs espèces de Mimeuses !, et particulièrement de la Sensilive, Mimosa pudica, présentent des phénomènes d'irritabilité végétale, ou comme on le dit aussi, de sensibilité, tellement prononcés, tellement curieux, qu'ils font de ces plantes des sortes de merveilles végétales. Aussi ces phénomènes ont-ils depuis longtemps attiré l’attention des observateurs. La plante qui la manifeste à un degré éminent, la Sensitive, a été l'objet d'un très grand nombre d'expériences, et. par suite des recherches nombreuses dont elle a été l’objet, la science s’est enrichie successivement d’un nombre assez grand de mémoires pour former la matière de plusieurs volumes. Lorsqu'une cause irritante, telle par exemple qu'un choc, agit avec une assez grande énergie sur une feuille de Sensitive, Les folioles de cette feuille se relèvent par un mouvement de charnière sur leur pinnule *, s'appliquent l’une contre l’autre par leur face supérieure, en se dirigeant vers l'extrémité de la pinnule ; les pinnules, à leur tour, se rapprochent l’une de l’autre dans la direction de l'axe du pétiole commun; enfin, celui-ci subit un mouvement inverse aux précédents et s'’abaisse de manière à devenir pendant ou même parallèle à la tige qui le porte. Si l'irritation a été énergique, les mouvements ne se bornent pas à la feuille sur laquelle elle s’est exercée directement, et ils se propagent jusque dans les feuilles voisines.
disséminer les graines. Mais l’ortie ne se plaît que dans les terrains remués,
et ses graines ne germent que dans ces terrains. Par exemple, on ne verra
pas une ortie dans une forèt non défrichée : mais vienne un charbonnier
qui éelaireisse les arbres, et se fasse une cabane, aussitôt l'ortie apparaîtra. 1. Famille des Wimosées originaire des Antilles et de l'Amérique centrale, 2. Pédoncule ou pétiole qui supporte les folioles.
Ainsi contractée, la feuille parait en quelque sorte flétrie, ou, pour parler plus exactement, sa disposition est identique à ce qu’elle est pendant la nuit ou pendant ce phénomène remarquable qu'on à nommé son sommeil. Après avoir persisté quelque temps dans cet état, elle semble revenir à la vie; son pétiole commun se relève, ses pinnules s'étalent, ses folioles s'abaissent et redeviennent horizontales, en un mot, ses diverses parties reprennent leur situation normale pour reproduire la même suite de mouvements aussitôt qu’une nouvelle irritation agira sur elles.
C'est principalement dans les feuilles que résident les mouvements de la Sensitive; mais les autres parties de la plante manifestent aussi leur irritabilité par des déviations beaucoup moins appréciables il est vrai.
Ainsi, l’on remarque également certains mouvements dans les pédoncules et même dans les branches. Mais ceux-ci ont assez peu d'importance pour qu'il suffise d'en signaler l’existence.
Pour que la Sensitive produise ses mouvements avec toute leur vivacité, 11 faut que sa végétation soit vigoureuse, et qu’elle soit soumise à une chaleur humide de 24° ou 25° cent.; son irritabilité est alors au maximum. Ainsi dans les parties de l'Amérique où elle croît spontanément, il suffit de l’'ébranlement causé par le pas d'un homme, ou encore mieux par ceux d'un cheval, pour déterminer le ploiement de toutes les feuilles des plantes voisines. Ce fait a été constaté et signalé par divers observateurs, notamment par MM. de Martins et Meyen. Sous une température de 18 ou 20° C., la sensibilité de la plante a déjà diminué notablement par l'effet de ce refroidissement de quelques degrés; cependant, quoique affaiblie, elle n’est pas détruite; et elle manifeste de
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nouveau tous ses effets sous l'influence d’un air convenablement échauffé; seulement, il se passe quelquefois plusieurs heures avant qu'elle ait repris sa première intensité.
À l'égard de l’action d’une température élevée sur la Sensitive, un fait très curieux est celui qui est signalé par Meyen. |
Lorsqu'on expose un pied vigoureux de cette plante aux rayons directs du soleil vers le milieu d’une belle Journée d'été, on voit de moment à autre certaines de ses feuilles se ployer et s’abaisser subitement, absolument comme si une irritation locale venait d'agir sur elles. Peu après; la feuille se relève, et ses folioles reprennent leur position normale. Quelquefois ce phénomène se reproduit au bout de quelque temps, et même à plusieurs reprises, par le seul fait de la continuation de l’action solaire. La chaleur agit donc dans ce cas comme un irritant dont les effets sont soumis à une sorte d’intermittence.
Les effets deviennent bien plus énergiques lorsqu'on les concentre au moyen d’une lentille, car alors les folioles placées au foyer sont rapidement brülées et désorganisées, et on conçoit sans peine que le ploiement de la feuille en soit la conséquence.
Un changement brusque dans la température agit également sur la Sensitive comme une cause irritante. Si, par exemple, un pied vigoureux de cette plante est placé dans une serre ou sous un châssis, et qu'en ouvrant rapidement le châssis ou une fermeture de la serre on fasse arriver brusquement sur lui de l'air froid, on voit toutes ses feuilles se ployer comme si une secousse violente venait d’agir sur elle.
P. DUCHARTRE ‘.
1. Article Mimeuse du Dict. d'Hist. naturelle de d'Orbigny. Le Vasseur, Paris,
La Coca.
Le Cocayer est une plante de la famille des Erythroæylées, qui vit au Pérou. On connaît depuis longtemps les vertus de ses feuilles, et récemment on en à extrait un composé chimique, la Cocaïne, qui jouit de la propriété de déterminer l'anesthésie locale, c’est-à-dire de supprimer la sensibilité à la douleur dans les parties où elle a été introduite par injection avec un peu d’eau. Elle s'emploie souvent pour les petites opérations chirurgicales, pour l’extraction des dents, etc., et dans beaucoup de cas où l'on préfère ne pas employer le chloroforme.
Les Indo-Américains font grand usage de la feuille de Coca. C'est Jérôme Benzoni qui le premier, en 1542, signala cet emploi, mais celui-ci remontait déjà à une époque reculée. Les Péruviens regardaient les feuilles de Coca comme chose sacrée, que les Incas seuls pouvalent employer, et qu'ils brülaient sur les autels en l'honneur de la divinité. Quand les Espagnols envahirent le pays, ils trouvèrent ces feuilles employées comme monnaie courante; elles représentaient même la seule monnaie usitée. Actuellement, la feuille de Coca a une valeur vénale considérable, et elle fait l'objet d'un trafic important. Il s’en consomme environ 30 millions de livres annuellement, et le nombre des personnes adonnées à l’emploi de ces feuilles comme masticatoire est évalué à 8 millions.
La vertu des feuilles de Coca consiste en ce qu'elles abolissent la faim et la soif et permettent une dépense physique considérable sans fatigue. Un auteur employa un Indien à un travail très fatigant durant quelques jours : cet homme put, pendant cinq nuits, ne dormir que deux heures, sans manger du tout; il ne prenait que des feuilles de Coca qu'il mâchait, à
intervalles de deux ou trois heures. A la fin de sa besogne, il se déclara tout prêt à recommencer, si on lui promettait des feuilles de Coca en quantité suffisante. Les guides sont toujours munis de coca. Chacun porte un petit sac renfermant des feuilles préalablement mâchées et réduites en petites masses, puis desséchées. Chacune de ces masses représente une dose. Pour employer la drogue, l’on place une de ces chiques dans la bouche : on prend un petit bâton pointu, mince, humide, que l’on trempe dans de la cendre de plantes riches en potasse, et que l’on pique plusieurs fois dans les chiques, de facon à y faire pénétrer une certaine quantité-de la matière alcaline. C'est celte matière qui développe l’alcaloïde.
On mâche la chique, avalant la salive et le jus seulement. Cette substance permet bien de ne pas ressentir la faim pendant un temps; mais dès que l’emploi de la feuille a cessé, l'appétit est très vif. Il semble donc que l’on engourdit la sensibilité de la faim, et que la Coca ne tient pas du tout lieu d’aliment. La Coca parait exercer une action favorable contre la dyspepsie, contre la puna des hautes montagnes, mal qui semble causé par les grandes altitudes, et qui ne serait autre que notre mal des montagnes.
L'Erythroxylon coca pousse sur-les versants orientaux des Andes, dans les parties chaudes et humides. La culture s’en fait de la facon suivante : les graines sont semées en décembre ou janvier. Au bout de dixhuit mois, durant lesquels on arrose avec soin, la première récolte se produit. On fait de deux à quatre récoltes par an. Chaque feuille est cueillie séparément, toutes sont séchées au soleil avec soin et mises ensuite en magasin. Il faut les consommer dans un espace de temps assez restreint, car, au bout de cinq
ou six mois, les feuilles semblent avoir perdu leurs propriétés : les Indiens n’en font plus de cas. Il semble que l’alcaloïde soit beaucoup plus abondant dans les feuilles fraiches que dans les feuilles desséchées et conservées.
Comme le thé, le café, le tabac, l'alcool et diverses substances stimulantes ou nutritives, la Coca, prise en excès, produit des effets fâächeux. Il est des exceptions, assurément, et l’on a vu des coqueros (mangeurs de coca) vivre fort vieux et en bonne santé; mais souvent il se produit des désordres sérieux. La démarche est incertaine, l'organisme est apathique, amaigri; l'esprit est fatigué, inerte.
Nous avons dit que l’on croit, en général, que la Coca n'agit que comme stimulant nerveux et comme agent susceptible d’endormir la sensation de la faim. Ce n’est pourtant pas l'avis de tous; certains observateurs attribuent une valeur alimentaire réelle à la Coca. L’alcaloïde de la Coca, la Cocaïne, si fort en vogue depuis quelque temps, a été isolé en 1855 par Gaedeckoe, après avoir été indiqué par Wackenroder et Johnson en 1853. Schrôff paraît avoir été le premier à signaler, en 1862, son action sur la sensibilité, qu'il endort : on sait qu'injectée dans un point douloureux elle calme et supprime la douleur. Les dentistes en font grand usage pour l'extraction des dents.
HENRY DE VARIGNY !
La dispersion des graines.
La perpétuation, ét, par suite, l'existence même de chaque espèce de plante à fleurs demandent que