‹ Curiosités de l'histoire naturelleChapitre 130 sur 144 · Lecons de Chimie Elémentaire, t. 1, p.98 et suiv. Masson · texte numérisé non relu

Lecons de Chimie Elémentaire, t. 1, p.98 et suiv. Masson

moitié d'un navire flotter dans l’eau bleue pendant que l’autre est baignée dans l’eau commune.

La quantité de chaleur que le Gulf-Stream répand sur l'Atlantique, dans une seule journée d'hiver, suffirait pour élever toute la masse d’air atmosphérique qui couvre la France et la Grande-Bretagne du point de congélation à la chaleur de l'été.

P. Maury ‘.

Quelques faits sur les comètes.

Les Comètes sont des masses de matière circulant dans l’espace. On en ignore l’origine. On y distingue une partie plus brillante ou noyau, et une chevelure ou queue moins lumineuse, mais parfois très longue et très large. Il semble que les comètes sont formées de matière très peu dense; de poussières peut-être ou de vapeurs, car elles ne diminuent guère la visibilité des étoiles devant lesquelies elles passent,

Parmi les nombreuses comètes qui parcourent notre système dans tous les sens, il est certain que plusieurs ont passé très près de la terre. Une comète peut donc rencontrer notre globe : quelles en seraient les conséquences? Plusieurs géologues ont voulu expliquer les révolutions du globe terrestre par des chocs de comètes. Par suite de la rotation de la terre sur elle-même, la terre est aplatie aux pôles et renflée à l'équateur; le renflement forme autour de l'équateur comme un immense bourrelet de cinq lieues d’épaisseur. Or, supposez qu’une comète vienne choquer la terre et déplace l’axe de rotation, et, par suite, le plan de l’équateur qui lui est perpendiculaire, immédiatement, les eaux accu-

1, Physical Geography of the Sea.

mulées autour de l'équateur actuel se précipiteront vers le nouvel équateur : les terres seront submergées et les mers mises à sec. Mais ce n’est pas tout. Le noyau intérieur, qui est liquide et en fusion, à cause de sa haute température, devra prendre lui-même une nouvelle forme d'équilibre; il exercera un effort puissant contre la croûte solide très mince qui le recouvre et sur laquelle nous sommes placés : cette croûte sera brisée en plusieurs endroits, et il en résultera le plus épouvantable cataclysme. Mais je me hâte de dire que nous n'avons rien de pareil à redouter. Nous savons aujourd'hui, d'une manière certaine, que les masses des comètes sont extrêmement petites. Ainsi la comète de Lexell, qui s’est jetée deux fois étourdiment à travers les satellites de Jupiter, n’y a pas produit le moindre dérangement ; d’autres comètes ont passé tout près de Mercure sans lui faire éprouver la moindre perturbation. Il est donc impossible à une comète, tellement sa masse est petite, de déplacer par son choc, d’une manière sensible, l’axe de la terre.

Mais il y a un autre danger. Les queues des comètes ont un immense développement ; il doit arriver souvent, quand une comète passe dans le voisinage de la terre, que nous soyons frappés par sa queue, ou même, sans cela, que les vapeurs qui forment l’extrémité de la queue étant retenues faiblement par le noyau et attirées fortement par la terre, entrent dans l’atmosphère et se mêlent à l’air que nous respirons. Si ces vapeurs étaient délétères, nuisibles, il en résulterait pour nous de très graves inconvénients.

Képler, qui, nous l’avons vu, n’avait pas bonne opinion des comètes et les regardait comme formées des impuretés de l’éther, n’augurait rien de bon d’un tel mélange. Il devait produire infailliblement, disait-il,

une peste universelle. Mais jusqu'à présent, on n’a rien observé de pareil, et il est probable que nous traversons les queues des comètes sans même nous en apercevoir.

Je m'arrête, ilest temps de quitter un sujet entouré de tant de mystère et qui, suivant l’expression d’Herschel, ouvre carrière à des spéculations sans fin.

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