‹ Curiosités de l'histoire naturelleChapitre 133 sur 144 · RENE + M · texte numérisé non relu

RENE + M

changement de forme, avant de lancer des rayons et des colonnes de lumière qui montent jusqu'au zénith. Plus l'émission de la lumière polaire est intense et plus vives en sont les couleurs, qui du violet et du blanc bleuâtre passent par toutes les nuances intermédiaires au vert et au rouge purpurin. Il en est de même des étincelles électriques; leur coloration est en raison directe de la force de la tension et de la violence de l'explosion. Tantôt les colonnes de lumière paraissent Jaillir de l'air brillant, mélangées de rayons noirâtres semblables à une fumée épaisse, tantôt elles s'élèvent simultanément sur différents points de l'horizon, et se réunissent en une mer de flamme dont aucune peinture ne saurait rendre la magique splendeur, car à chaque instant de rapides ondulations en font varier la forme et l'éclat. À certains moments, l'intensité de cette lumière, accrue par la rapidité du tourbillon magnétique, va jusqu’à rendre parfaitement visibles en plein soleil les jeux et les ondulations de l’aurore boréale. ,

Autour du point qui répond, dans le ciel, à la direcüon de l'aiguille aimantée, librement suspendue par son centre de gravité, on voit, quand le phénomène acquiert son plus grand développement, les rayons se rassembler et former ce qu’on appelle la couronne de l’aurore boréale. C’est une espèce de dais céleste brillant d'une lumière douce et paisible. Il est rare que l'apparition soit aussi complète, et qu’elle se prolonge jusqu’à la formation de cette couronne; mais quand celle-ci paraît, elle annonce toujours la fin du phénomène.

Dès lors, les rayons se raréfient, se raccourcissent et se décolorent. La couronne et les arcs lumineux se dissolvent, et bientôt on ne voit plus sur la voûte céleste que de larges taches nébuleuses immo-

biles, pâles ou d’une couleur cendrée; elles s’évanouissent à leur tour, ainsi que le segment obseur qui signala les débuts de l'apparition, et bientôt il ne reste plus à l'horizon qu'une faible image blanchâtre, à bords déchiquetés ou divisés en petits amas pommelés, dernières traces d’un des plus étonnants spec-

tacles que les hautes régions de l'atmosphère puis-

sent offrir aux regards de l’homme.

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