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Le crabe enragé.
Pourquoi le nomme-t-on « enragé »? Je n'en sais rien, mais le nom ne fait rien à l’atfaire. Ce crabe — le Carcinus mœnas — est familier à tous : c’est celui qui se trouve en abondance sur tous les rivages des côtes de France, sous les pierres, et qui, à marée basse, court dans toutes les mares abandonnées par la mer. C'est un personnage très aclif, assez mauvais coucheur, et qui a la passion des crevettes. Si vous avez jamais pêché celles-ci, vous en avez certainement vu dévorer beaucoup par les crabes qui se prenaient dans le filet. Il est agile, et sait trotter avec rapidité, — de travers toujours — quand on le poursuit. Cette agilité a même donné lieu à l'idée de la course aux crabes, pratiquée par tous les enfants au bord de la mer, et pratiquée encore par de grands enfants qui s'amusent à parier des sommes importantes sur ce jeu inintelligent. Le crabe vit presque autant à l'air que dans l’eau, et à la vérité, 11 semble que le séjour prolongé dans l'eau, à l'abri total de l'air, lui serait fatal. Il se nourrit de toutes sortes de débris malpropres, qu'il trouve sur la plage, et aussi de mollusques, de crevettes, etc. Ce n'est pas un mets délicat, et quand on connait ses mœurs on prélère…. autre chose.
Étant très belliqueux, il lui arrive souvent de perdre quelque patte dans la bataille. Mais ceci ne l’incommode pas autrement.
Quatre petits crabes communs se trouvaient dans un même réservoir : l’un d'eux devint bientôt la proie d'un de ses frères affamés. Peu d’instants A un second fut saisi par les pinces du plus gros. On l’en arracha très difficilement : l'infortuné y fre plusieurs de ses membres. On le transporta par pitié dans un autre aquarium. À peine en sûretéil se mit à manger quelque morceau de viande avec autant de plaisir et de sang-froid que s’il lui était rien arrivé, et cependant il avait subi une effroyable mutilation puisque
de ses dix pattes il en avait perdu sept. Il ne lui restait que les deux pinces et la patte droite de derrière. Eh bien, vingt-quatre jours après ce désagrément, le crabe changea de carapace, et alors les dix patles se trouvaient au complet. Toutefois nous devons avouer que les sept nouvelles se trouvaient plus petites que les précédentes, quoique d’ailleurs aussi complètes.
DALYELL {.
Une Anémone de mer historique.
En août 1828, le zoologiste anglais Dalyell retira une Actinia mesembryanthemum (sorte d'Anémone) de la mer, et la transporta dans un aquarium. Déjà à ce moment elle était fort belle, quoique ce ne fût pas un des plus grands exemplaires, et elle devait avoir, d'après la comparaison faite avec d'autres individus élevés de l'œuf, au moins sept ans. En 1848, elle était âgée de trente ans à peu près, et avait produit pendant les vingt années de sa captivité 334 jeunes. Cette Actinie est encore en vie, comme me l’a dit le professeur Dohrn à Naples, et on la montre comme une curiosité aux visiteurs, dans le jardin botanique d'Edimbourg. Elle à donc atteint à l'heure qu’il est l’âge de soixante et un ans au moins.