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Le Thlaspi bourse à pasteur

taient ces fardeaux trop pesants pour elles. IT n’est pas moins intéressant de voir les jours suivants, les pelures de ces semences accumulées en tas au dehors du nid. Quelquefois, après des averses, on y trouve quelques semences dont les germes ont été rongés.

Souvent on reconnaît les nids de la fourmi Atta barbara à la quantité de plantes qui croissent autour de ces déchets, car ce sont des plantes cultivées, étrangères aux garrigues. Elles proviennent des semences apportées par les fourmis et tombées là par hasard.

Ces déchets, que l’on trouve toujours dans le voisinage de leurs nids, consistent en partie en parcelles de terre jetées hors du nid, mais principalement en débris végétaux, c’est-à-dire en menue paille, en gousses, en capsules vides et autres choses semblables, dont la présence aurait trop encombré l’intérieur du nid. Pendant qu’une légion d’ouvrières est occupée à se procurer et à apporter les objets nécessaires, d’autres sont employées à classer et à trier ces matériaux, à éplucher les gousses, et une fois celles-ei vidées à en débarrasser le nid. Aussi ces amas de débris atteignent-ils parfois, dans les endroits écartés, des proportions considérables.

MOGGRIDGE.

Les greniers des fourmis.

En octobre 1873, Moggridge trouva, auprès de l’entrée d’un nid de la fourmi Afta structor, des amas de déchets, de forme arrondie, ayant vingt-sept pouces … de diamètre et deux pouces d'épaisseur, et dont la composition laissait supposer qu'une grande quantité de graines devait se trouver dans le nid. En effet,

en ouvrant quelques nids et en les examinant de plus près, Moggridge trouva des masses de semences soigneusement cachées dans des pièces éloignées. Le sol de ces caves à grain était bien cimenté, et se distinguait par son aspect du terrain environnant. Les pièces elles-mêmes étaient de différentes formes el de différentes grandeurs, la plupart de la grosseur d’une montre. Dans chacune se trouvaient environ cinq grammes de semences. et la quantité entière contenue | dans un nid, qui souvent se composait de quatrevingts ou cent pièces, pouvait être évaluée à une livre et plus. Ces semences provenaient parfois de plantes très différentes, et Moggridge trouva, par exemple, dans un des nids qu'il avait ouverts, des graines de douze espèces différentes de plantes appartenant pour le moins à sept familles distinctes; mais ce sont les graines des céréales cultivées, contenant le plus de matière alimentaire, qui sont de préférence recherchées par les fourmis.

Mais ce qui surprit le plus Moggridge, c'est le procédé encore imparfaitement connu employé par Îles Fourmis pour empêcher le grain de germer et de croître. Les semences ne sauraient rester longtemps sous terre, dans l’intérieur humide et chaud du nid sans commencer à germer, à s'épanouir en herbes et en plantes, ce qui ferait manquer le but auquel tendent les Fourmis. Et pourtant c’est à péine si, dans vingt et un nids fouillés par lui, Moggridge trouva parmi des milliers de grains quelques échantillons qui eussent germé ; encore près de la moitié de ceux-ci étaientils entamés de manière à en enrayer la croissance.

Il est done hors de doute que les Fourmis, à l'aide d'un procédé mystérieux, enrayent la germination du grain, tout au moins pour quelque temps, c'està-dire pour des semaines et des mois. Malgré des

recherches et des observations maintes fois répétées, Moggridge ne put parvenir à obtenir la solution du problème. Ce qui est certain, c’est qu'il lui suffisait d'empêcher les fourmis de pénétrer dans un des greniers, pour constater que les semences commencçaient à germer; ce ne sont donc pas les circonstances extérieures, mais bien la volonté des fourmis qui met obstacle à la germination. De même dans les parties abandonnées ou isolées du nid, les graines se développent aussi en herbes.

Peut-être les Fourmis savent-elles enrayer le développement du germe, en bouchant mécaniquement, à l’aide d'une substance gluante, l’orifice germinatif de la semence, à travers lequel l'humidité pénètre dans l'intérieur.

Une fois l’époque arrivée où les graines sont employées comme aliment, cette substance est enlevée, et le grain amolli à dessein retrouve sa puissance germinative. Mais comme une croissance plus avancée ne manquerait pas d'en altérer les qualités nutritives, les fourmis s’empressent de ronger, de rogner le germe nouvellement poussé; ce n’est qu'après avoir fait subir aux graines cette transformation qu'elles les sèchent au soleil, après quoi, elles les emmagasinent de nouveau. S'il arrive que le grain soit mouillé par la pluie, on emploie le même procédé pour le sécher.

Le résultat de la germination est de modifier la semence et notamment les grains des céréales, de façon que l’amidon qui y est contenu se transforme en matière sucrée et en gomme. En même temps, l'enveloppe dure éclate, le grain tout entier gonfle et devient mou. Quand les choses en sont arrivées au point désiré par les Fourmis, celles-ci dévorent les parties molles du grain, surtout les substances sucrées

se

dont elles sont très friandes, ou bien elles en nourrissent au printemps les larves, élevées par elles avec tant de sollicitude. Pour ce qui regarde les enveloppes ou pelures, elles les rejettent sous forme de son, et c'est là ce qui constitue l'élément essentiel des déchets ci-dessus mentionnés.

Louis BücnxeRr !.

Le suicide des scorpions.

En. On rapporte en Languedoc une histoire curieuse du Scorpion. On dit que si on le renferme dans un cercle de charbons, il se pique lui-même et se tue. Je fis une enceinte de charbons, et j'y mis un Scorpion qui, sentant la chaleur, chercha passage de tous côtés; n'en trouvant point, il prit le parti de traverser les charbons qui le brûlèrent à demi : je le remis dans l'enceinte et n'ayant plus les forces de tenter le passage il mourut bientôt, mais sans avoir la moindre volonté d’attenter à sa vie. L'expérience fut répétée sur plusieurs autres qui agirent tous de la même façon.

Voici, Je crois, ce qui a pu donner lieu à l’histoire. Dès que le Scorpion se sent inquiété, son état de défense est de retourner sa queue sur son dos, prête à piquer ; il cherche même de tous côtés à enfoncer son aiguillon; lorsqu'il sent la chaleur des charbons il prend cette posture, et ceux qui n'y regardent pas d'assez près croient qu'il se pique. Mais quand même 1l le voudrait, il aurait beaucoup de peine à le faire, et je ne crois pas qu'il en püt venir à bout tout son corps étant cuirassé comme celui des écrevisses…

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