MAUPERTUIS
1. La Vie Psychique des Bêtes, 1881. Reinwald. 2. Expériences sur les Scorpions, par M. de Maupertuis (Hist Acad. royale des Sciences, 1731, p. 223 des Mémoires). Ces expériences de Mau-
ee
La vie des fourmis en hiver.
Elles sont engourdies, dans les grands froids; mais lorsque la saison n’est pas trop rigoureuse la profondeur de leur nid les met à l'abri de la gelée. J'en ai vu marcher sur la neige, et suivre leurs habitudes à celte température. Elles seraient donc exposées aux horreurs de la famine si elles n'avaient pas de ressources pour le cas où elles ne s’engourdiraient point, et ces ressources ne sont autres que les pucerons qui, par un admirable concours de circonstances qu'on ne saurait attribuer au hasard, tombent en léthargie exactement au même degré de froid que les fourmis, et se réveillent en même temps qu’elles; ainsi elles les retrouvent toujours lorsqu'elles en ont besoin.
Les Fourmis qui ne savent pas réunir ces insectes utiles dans leur habitation même, connaissent du moins leur retraite; elles les suivent aux pieds des arbres et sur les racines des arbustes qu'ils fréquentaient auparavant, se glissent, au premier dégel, le long des haies, en suivant les sentiers qui les conduisent près de leurs nourriciers, et rapportent à la république un peu de miellée, car il en faut très peu pour la nourrir en hiver.
Dès qu’elles cessent d’être engourdies, on les voit se demander et se donner à manger. Ainsi les aliments contenus dans leur estomac se partagent entre toutes ; ces sucs ne s’évaporent presque pas dans cette saison, à cause de l'épaisseur de leurs anneaux écail-
pertuis élaient ignorées de quelques naturalistes anglais qui vers 1884 étudièrent cette question. Frappé des résultats obtenus par certains d’entre eux, j'ai refait leurs expériences, et le résultat a été identique à celui que j'ai plus tard appris avoir été acquis près de 150 ans auparavant par Maupertuis. (H. de V.)
leux. J'ai vu des Fourmis conserver pendant un temps considérable leur provision intérieure, lorsqu'elles ne pouvaient en faire part à leurs compagnes.
Quand le froid augmente graduellement, et c’est ordinairement ainsi que l’éprouvent les Fourmis, qui en sont préservées par une épaisse muraille de terre, elles se réunissent et s’entassent les unes sur les autres par milliers, et paraissent toutes accrochées ensemble. Cherchent-elles à se procurer un peu de chaleur en se tenant ainsi rassemblées? Je le présume; mais nos thermomètres ne sont pas assez délicats pour nous apprendre si elles y parviennent.