‹ Curiosités de l'histoire naturelleChapitre 45 sur 144 · PIERRE HUBER · texte numérisé non relu

PIERRE HUBER

Une Guêpe apprivoisée.

Les observations qui suivent concernent un individu de l'espèce Polistes gallica, une Guêpe que Sir John Lubbock réussit à conserver neuf mois, et à apprivoiser dans une certaine mesure.

Je la pris avec son nid, dans les Pyrénées, au commencement de mai, Ce nid était composé d'environ vingt cellules qui, pour à plupart, contenaient un œuf. Mais aucune larve n’était éclose. Il s’ensuivait que ma Guêpe se trouvait seule au monde.

Je n’eus pas de difficulté à l’amener à manger sur ma main: mais, au début, elle était craintive et nerveuse. Elle avait continuellement son aiguillon en mouvement et, une fois ou deux, en chemin de fer, pendant que les employés demandaient les billets, et que j'étais forcé de la remettre dans sa bouteille, elle me piqua légèrement. Je pense toutefois que c'était simplement par frayeur.

Peu à peu, elle s’habitua tout à fait à moi, et, . quand je la prenais sur ma main, elle s'attendait visiblement à manger. Il m'arriva même de la caresser sans qu'elle témoignàt la moindre crainte, et, pendant quelques mois, je ne vis pas son aiguillon.

Quand vint la saison froide, elle tomba bientôt dans un état de torpeur, et je commençais à espérer qu'elle allait hiberner pour revivre au printemps.

Je la conservai dans un endroit sombre, mais je la

1. Recherches sur les mœurs des Fourmis indigènes, p. 180-187, 192-197. Paris et Genève, 1810.

surveillai avec le plus grand soin, et je la fis manger même quand elle paraissait très inquiète.

Elle sortit encore quelquefois, et sembla se porter aussi bien que d’habitude presque jusqu’à la fin de février, lorsqu'un jour, je vis qu’elle avait à peu près perdu l'usage de ses antennes, bien que le reste de son corps ne présentàt rien de particulier. Le lendemain, j'essayai encore de la faire manger; mais sa tête paraissait morte, bien qu’elle püt encore mouvoir ses pattes, ses ailes et son abdomen. Le jour suivant, je lui offris de la nourriture pour la dernière fois, mais sa tête et son thorax étaient morts ou paralysés; à peine put-elle encore mouvoir l’extrémité de son abdomen, dernier témoignage, j'aime à le croire, de gratitude et d’aflection. Autant que j'ai pu em juger, sa mort arriva sans douleur, et maintenant elle: occupe une place au British Museum.

SIR JOHN LUBBOCK !

Comment se parlent les Fourmis.

Beaucoup de naturalistes pensent que les Fourmis possèdent quelque langage, quelque moyen de communiquer: entre elles. Sir John Lubock, un excellent observateur anglais, a fait à ce sujet quelques expériences, voulant voir si réellement les faits indiquent l'existence d’un mode quelconque de communication.

Je mis une grosse Mouche morte devant une fourmi en l’épinglant sur un morceau de liège. Après avoir vainement essayé pendant dix minutes de détacher la Mouche, ma Fourmi rentra au nid.

Je ne pus à ce moment voir que deux autres

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