La Lutte pour l'Existence. 1882, Reinwald
La Salamandre.
La Salamandre est d'un noir brillant avec de belles taches d'un jaune vif et a la forme d’un lézard; mais elle n'en à pas la couleur; elle habite les lieux humides; enfin c'est un Amphibien et non un Reptile. Il ne faut pas confondre non plus la Salamandre avec le Triton qui habite les eaux douces et les lieux humides.
Ce je La Salamandre a quelquefois la peau sèche comme un lézard; le plus souvent elle est enduite d'une espèce de rosée qui rend sa peau comme vernie, surtout lorsqu'on la touche, et elle passe dans un moment de l’un à l’autre état. Une propriété encore plus singulière, c'est de contenir sous la peau une espèce de lait qui jaillit au loin lorsqu'on prend l'animal. Ce lait s'échappe par une infinité de trous dont plusieurs sont très sensibles à la vue sans le secours de la loupe, surtout ceux qui répondent aux mamelons. Quoique la première liqueur qui sert à enduire la peau de l'animal n'ait aucune couleur et ne paraisse qu'un vernis transparent, elle pourrait bien être la même que le lait dont nous parlons, mais répandu en gouttes si fines et en si petite quantité qu'il ne paraisse point de sa blancheur ordinaire.
Ce lait ressemble assez au lait que quelques plantes répandent quand on les coupe; il est d’une âcreté et d’une stypticité insupportable, et quoique mis sur la langue il ne cause aucun mal durable; on croirait trouver à l'endroit qu'il a touché une cicatrice ou au moins une plissure.
Il s'en faut bien qu'elle ait l’agilité du lézard : elle est paresseuse et triste; elle vit sous terre dans les lieux frais et humides, surtout au pied des vieilles murailles, et ne sort de son trou que dans les temps