JENNER
1. Philosophical Transactions, vol. LXXVIII, cité dans Romanes, Znteldigence des Animaux, t. 11, p. 62, Alcan. — Jenner, on le sait, s’est immor- {alisé en découvrant la vaecine, qui a arraché et arrache encore à la variole des millions de vies humaines.
Singulier mode de migration des Oiseaux.
Chacun sait que beaucoup d'oiseaux possèdent des facultés de vol telles qu’ils sont en état de franchir des espaces considérables, et de la sorte, de passer par-dessus les mers, pour aller d’un continent à un autre, ou à une île plus ou moins éloignée. Mais on se demande souvent comment certains petits oiseaux arrivent à franchir ces distances énormes. Ils volent bien, assurément, mais ils ne peuvent voler longtemps; leur vol n'est point soutenu comme celui du Canard par exemple, ou de l’Hirondelle, de la Caille par exemple. Et pourtant, on les voit franchir des mers étendues, comme la Méditerranée; ou plutôt on en constate la présence en des pays où ils ne résident pas d'habitude. Comment ont-ils fait pour venir? Ce point est élucidé depuis quelques années, et de bons observateurs ont vu que les petits oiseaux dont il s’agit sy prennent d’une façon très simple. Ils grimpent sur le dos des grands oiseaux migrateurs, et confortablement nichés dans leur chaud plumage traversent la mer sans se fatiguer. Arrivés à terre. ils quittent leur compagnon et s'en vont de leur côté. C'est ainsi qu'Adolphe Ebeling a vu le Hoche-queue en Egypte, etil s’en étonnait devant un vieux Bédouin, son interprète. Celui-ci répondit que le fait n’a rien de surprenant, et que cet oiseau, avec d’autres encore, vient en Égypte, porté sur le dos des Cigognes, des Grues et autres grands oiseaux migrateurs. Le voyageur se récria. « Tous les enfants d'ici savent cela, reprit le Bédouin. Ces petits oiseaux sont beaucoup trop faibles pour faire ce long voyage de mer, avec leurs propres ressources. Ils le savent fort bien; ils attendent donc l’arrivée des Grues, Cigognes, et
autres grands oiseaux et s'installent sur leur dos : de cette façon ils sont transportés par-dessus la mer. Les grands oiseaux y consentent volontiers, car ils aiment leurs petits amis qui par leur gai babillage les aident à tuer le temps dans leur long voyage. »
Le fait semble exact, il a été confirmé de différents côtés. C'est ainsi que M. Hedenborg, le voyageur suédois bien connu, l’a vu dans l’île de Rhodes. A l’automne il entendit souvent chanter de petits oiseaux qu'il ne pouvait réussir à voir, mais une fois, il suivit attentivement de l’œil un vol de Cigognes qui arrivaient d'Europe, et comme celles-ci se posaient à terre, il vit de petits oiseaux s'élever de leur dos et prendre le vol; mais il était trop loin pour voir à quelle espèce ceux-ci appartenaient.
Cette manière économique de voyager n'est, pas spéciale à nos petits chanteurs européens. Dans l'Amérique du Nord, à la baie de Hudson, les Indiens affirment qu'un petit passereau effectue de même son voyage sur le dos d’une oie, l’Oie du Canada, et souvent quand ils ont blessé ou tué une de celles-ci, ils ont vu s'échapper ses petits compagnons nichés sur son dos. Chose curieuse, ils ne voyagent que sur cette espèce d'Oie : ils n’accompagnent jamais d’autres espèces voisines qui pourtant émigrent comme la première, mais huit ou quinze jours plus tard.
Parmi les oiseaux qui viennent prendre passage sur les grandes espèces, Henry van Lennep (Bible Customs in Bible lands, 1875) rapporte qu’en Palestine les Ortolans, les Becfigues, et nombre de petits passereaux sont les principaux. Comme les Grues et Cigognes quittent les régions du nord, dit-il, « on peut voir de petits oiseaux de toutes les espèces voletant autour d'elles, et on entend distinctement le ramage de ceux qui sont déjà confortablement in-
stallés sur leur dos ». [convient d'ajouter que M. van Lennep jouit d'une autorité incontestée, et on peut conclure que le singulier mode de migration dont il s’agit est un fait certain.
HENRY DE VARIGNY !
Un oiseau berger.
L'Agami est un oiseau de l'Amérique méridionale, dont le corps est à peu près aussi gros que celui de nos poules, mais avec un cou et des jambes plus allongés.
Son plumage est noir, excepté sur la poitrine, où il passe du bleu d’acier au jaune d’or, et scintille au soleil comme une plaque de métal poli.
L'Agami s’apprivoise très facilement, surtout en Guyane, et alors, il s'attache à son maitre, mais d’une facon excessivement jalouse, et empêche tout autre animal de s’en approcher. Il garde et défend ce qu'il sait être sa propriété. On le voit, le matin, conduisant les canards à la mare, les poules vers la prairie; quand un des animaux tente de s’écarter, un vigoureux coup de bec le ramène dans le droit chemin. Il préside à la rentrée des troupeaux et garde les moutons tout aussi intelligemment qu'un chien. Si un carnassier ou un chien errant s'approche du troupeau dont il s’est fait le gardien, l’Agami n'hésite pas à engager le combat. Il se précipite en poussant de grands cris sur son adversaire, que ses énergiques coups de bec ont bientôt mis en fuite. A l'heure du repas, il s’installe dans la salle à manger,
1. D'après Nature de Londres, t. XXILI, 1881, p. 387,411 et 484, où l'on trouvera les notes détaillées des correspondants de ce journal qui lui signalent ce mode de migration.
en ayant grand soin de chasser le chien ou le chat qui voudraient l’imiter, et attend patiemment qu’on songe à lui.
Le Coucou des abeilles.
Le Coucou des abeilles ?, ou guide au miel, dit Sparmann, mérite bien un article à part, et je crois que c’est ici le lieu d’en parler. Get oiseau n’est cependant remarquable ni par sa grosseur, ni par sa couleur; à la première vue, on le prendrait pour un moineau ordinaire, si ce n’est qu'il est un peu plus gros, d’une couleur plus claire, qu'il a une petite tache jaune sur
chaque épaule, et que les plumes de sa queue sont
marquetées de blanc.
Cest, comme je l’ai dit, pour son propre intérêt que cet oiseau découvre aux hommes et aux ratels® les nids d’abeilles : car il est lui-même très friand de leur miel, et surtout de leurs œufs, et il sait que toutes les
fois qu'on détruit un de ces nids, il se répand toujours
un peu de miel dont il fait son profit, ou que les destructeurs lui laissent en récompense de ses services. Le moyen qu'il emploie pour leur communiquer sa découverte est aussi extraordinaire qu'il est merveilleusement adapté à ses vues.
Le soir et le matin sont probablement les heures où son appétit se réveille, au moins c’est alors qu’il sort le plus ordinairement, et par ses cris perçants, cherr, cherr, cherr, semble chercher à exciter l’attention des ratels, des Hottentots ou des colons. Il est