‹ Curiosités des sciences occultesChapitre 159 sur 198 · Page · texte numérisé non relu

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pourquoy c’est. F signifie le sçavant, et son abstraict le moyen, l’imaginatif, la foy, la lâcheté, et combien grand il est. G signifie le voulant, et son abstraict la fin , le sensitif, l’espérance, l’envie, et quel il est. H signifie le vertueux, et son abstraict le végétatif, la majorité, la charité, la colère, et quand c’est. I signifie le vray, et son abstraict l’élémentatif, l’égalité, la patience, le mensonge, et où c’est. K signifie le glorieux et son abstraict l’instrumentatif, la minorité, la piété, l’inconstance et comment et avec quoy c’est. Et que ces choses suffisent touchant l’alphabeth. »

Ce langage cabalistique est de l’hébreu pour nous, mais autrefois on affectait de le comprendre, puisque les devins s’en servaient dans leurs oracles. Nous ne sommes plus que des ignorants en fait d’art divinatoire et nous vivons au jour le jour sans nous préoccuper du lendemain.

CARTOMANCIE

En commençant un traité spécial sur l'art de tirer les cartes, Alliette vante beaucoup les charmes de cet art qu’il veut mettre à la portée de tout le monde : « L’amusement que je vous offre, dit-il, est sans contreditle tombeau de l’ennui, l’âme delà réflexion, le père des conseils, le plaisir de la société ; et, si vous réfléchissez, vous trouverez, je crois, peu de

1. Etteilla, ou l’Art de se récréer avec un jeu de cartes. Paris. Lesclapier, 1770, in-12, p. 3.

CARTOMANCIE

jeux où l’esprit ait plus à se développer et à se récréer que dans celui-ci. En effet, êtes-vous dans l’attente d’une visite, dans l’espérance de vous marier, d’avoir un amant, une maîtresse? Vous consultez vos cartes. Le temps de l’ennui se passe sans mauvaise humeur, ni sans courir le risque de perdre votre argent à des jeux de hasard... J’ai cru que comme on ne croit jamais aux sorciersde quelque genre qu’ils soient, que lorsqu’on l’est un peu soi-même, le plus sage parti que l’on puisse prendre pour montrer combien par exemple on doit avoir peu de confiance aux gens qui se mêlent de tirer les cartes, étoit de mettre tous ceux qui savent seulement lire, et qui peuvent faire quelques combinaisons, en état de les tirer euxmêmes... Amusez-vous donc de ma science, ami lecteur : mais quand vous la posséderez comme moi, ayez le bon esprit de ne pas vous croire plus sorcier que moi-même, qui, envérité, suis bien loin de me flatter d’en être un. Néanmoins, lecteur, que la vérité que je dépeins ne vous fasse point présumer que je suis plutôt théoricien que praticien; j’ose avouer que depuis seize ans j’ai été le maître de ceux et de celles qui ont fait le plus de bruit en ce genre ; mais plusieurs me reconnoîtront. »

Le même auteur justifie ailleurs la cartomancie 1 : « Sij’avois découvert, dit-il, que la cartomancie n’étoit absolument qu’une frivolité, qu’une charlata-

1. Manière de se récréer avec le jeu de cartes nommé Tarots s. d., par Etteilla. Paris et Amsterdam; in-12, p. 136.

nerie,etmème qu’une souplesse de main, ayant, sans amour-propre, autant d’art et, pour le dire net, dé petites finesses qu’un autre, je l’aurois délaissée pour jouer du savant ; ainsi, avec quelque leçon du fatigant et froid art grammatical, pillant, volant, relisant les anciens et les modernes, j’aurois, je crois, promené ma mince existence physique dans les rues et dans les cercles couvert d’un titre fastidieux, M. l’académicien de Nanterre, de Villeneuve-les-Avignonnois et peut-être des Arcades du Pont-Neuf. »

Le même ajoutait plus tard dans un autre ouvrage 1 :

« L’auteur et restaurateur de la cartonomancie françoise et égyptienne, moyennant trois livres par leçon prise chez lui, met en peu de temps les curieux au fait des principes de cet amusement qui ne le cède pas aux jeux d’échecs et de dames, qui nous viennent des mêmes peuples. La cartonomancie a de plus que ces jeuxd’amuser en occupant solidement un solitaire, et d’insinuer plus sensiblement à tous les hommes le goût des mathématiques, de l’histoire, et, comme l’a dit feu M. de Gébelin, d’être le répertoire général de toutes les sciences humaines. »

Etteilla 2 enseignait donc la manière de procéder pour tirer les cartes. En voici un exemple :

« Le numéro vingt-six de l’as de trèfle signifie rancune, sur quoi ? sur le numéro huit suivant, qui signi-

1. Fragment sur les hautes sciences, par Etteilla. Amsterdam, 1785, in-12, p. 64.

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