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L'Art de se récréer, etc. cité plus haut, p

NOMBRES

fie avarice ; rancune sur l’avarice, avarice de quoi ? du numéro neuf, qui signifie bon ; rancune de l’avarice du bon : je dis que vous êtes rancuneuse contre les avaricieux de faire le bien ; voilà généralement comme tout doit se dériver. Si la première carte suffit, ou, pour mieux dire, explique une chose nette, vous n’allez pas plus loin; au contraire, vous irez jusque dans le deuxième coup savoir la terminaison de la première signification, je suppose, si vous ne la trouviez pas définie dans la rangée et que l’article fût conséquent pour vous. Je dis donc que la dame de pique est noble, mais en même temps je la trouve fille ou femme du monde ; je la fais tomber sur la carte suivante, qui signifie naissance ; je sais bien que cette femme est née, puisque je lui parle. Raisonnons : cette femme vraisemblablement, tombant sur naissance, va peut-être m’instruire davantage : je vois ensuite compagne ; je dis naissance sur la compagne ; mais, avant d’aller plus avant : est-elle mariée? je ne sais point, puisque rien ne l’annonce ; le sera-t-elle? nous le verrons; mais nous voyons déjà que cette femme est noble, née à la campagne, qu’elle ne se conduit pas bien, etc.»

NOMBRES

Un pieux auteur du dix-septième siècle 1 a recueilli ce qui suit sur les qualités des premiers nombres :

1. Explication de V utilité des anciens chiffres romains. Paris, Jean de Poix, 1652, in-12.

« Le nombre 1 est un nombre parfait, comme le nombre 6, parce qu’il est linéal, quarré ou solide.

» Et d’autant qu’il est de si grande dignité et excellence, le Créateur l’a esleu pour son essence, car il n’est que un seul Dieu de tout le monde ; une bonne loy, c’est à sçavoir la chrestienne; une foy, c’est à sçavoir la catholique romaine avec plusieurs autres dignités.

» Le nombre binaire , c’est-à-dire 2, est un nombre de si grande utilité et prééminence, que Dieu l’a observé en plusieurs de ses œuvres, parce que premièrement il créa la lumière et les ténèbres.

» Ensuitte de ce, il créa ces deux grands luminaires, c’est à sçavoir le soleil et la lune...

» En second lieu, il créa tous les animaux en double sexe, c’est à sçavoir masculins et féminins ; après cela, il créa l’homme et la femme, auxquels il a fait plusieurs membres doubles, qui sont les deux yeux, deux oreilles, deux narines, deux bras, deux mains, deux jambes, deux pieds, etc.

» Ensuitte il y a les passions que le corps humain souffre, comme joie et tristesse, espoir et peur, faim et soif, chaud et froid, boire et manger, dormir et veiller, sancté et maladie, vivre et mourir, comme aussi tout relatif constitué en duplicité, comme le Créateur et la créature, père et fils.

» Il y a aussi les opposites suivants, c’est à sçavoir bonté et malice, vertu et vice, science et ignorance, sagesse et folie, vérité et mensonge, de sorte qu’après l’unité, il se trouve plus de chose constitué

NOMBRES

par le nombre binaire, qui est 2, que par aucun autre nombre qui soit au-dessus d’iceluy...

» Le nombre ternaire , c’est-à-dire, 3, est le nombre plus parfaict après l’unité entre tous les nombres, par les grands et hauts mistères qui se trouvent en luy. En premier lieu, Dieu est trine en personne, c’est-à-dire père, fils et sainct esprit.

» Il a créés trois hiérarchies et en chacune hiérarchie trois sortes d’anges.

» En Jésus-Christ, il y a trois choses, c’est à sçavoir la déité, l’âme et l’humanité.

» En la saincte messe, le prestre fait trois parties du corps de Nostre-Seigneur.

» Trois ordres sacrez chantent la messe, c’est à sçavoir le prestre, diacre et sous-diacre.

« L’on chante à la messe trois fois : Sanctus , sanctus , sanctus.

» En icelle on chante trois fois Agnus Dei.

» En la croix Nostre-Seigneur fut attaché par trois clous.

» Il y a trois degrez de pénitence, c’est à sçavoir contrition, confession et satisfaction.

» Il y a 3 parties de satisfaction, 3 vertus théologales, 3 ennemis de l’âme : le monde, la chair et le diable, etc., etc.

» Anciennement le monde n’estoit divisé qu’en trois parties, Europe, Asie et Afrique. »

« On voit dans l’herbe pentaphilon, appelée quintefeuille, les vertus qu’ont les nombres, dit Agrippa \

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