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MÉTAUX

La Cabale intellective 1 nous a conservé des vers mnémoniques, désignant les métaux dans leurs rapports avec les planètes dont ils prenaient les noms en alchimie :

Le Soleil marque l’or, le vif argent Mercure;

Ce qu’est Saturne au plomb, Vénus est à l’airain;

La lune de l’argent, Jupiter de l’étain,

Et Mars du fer, sont la figure.

« L’or dit la Somme de la 'perfection, de Geber 2, est un corps métallique, jaune, pesant, qui n’a point de son, et fort brillant, qui a été également digéré dans la mine et lavé pendant un long temps par une eau minérale ; qui s’étend sous le marteau, qui se fond par la chaleur du feu, et qui, sans se diminuer, souffre la coupelle et le ciment... Il est certain que ce qui peut donner véritablement et radicalement la teinture, l’uniformité et la pureté de l’or, à quelque métail que ce soit, peut généralement de tous les métaux en faire de l’or. Et j’ai remarqué que le cuivre, ayant été converti en or, par un effet de la Nature, il s’ensuit qu’il peut l’être aussi par l’artifice.

1. Ms. do la Bibl. de l’Arsenal, Sc. et A., n° 72, in-4°, p. 15.

2. Traduit dans la Bibliothèque des Philosophes chimiques , 1. 1,

ALCHIMIE

Car j’ai vu, dans les mines de cuivre, d’où il couloit de l’eau, qui, entraînant avec elle des paillettes de cuivre fort déliées, et les ayant lavées et nettoyées continuellement et pendant un long temps, et cette eau étant venue ensuite à tarir, et ces paillettes ayant demeuré trois ans ou environ dans du sable tout sec, j’ai reconnu, dis-je, que ces paillettes ont été cuites et digérées par la chaleur du soleil, et j'ai trouvé parmi ces mêmes paillettes de l’or très pur. »

« L’argent-vif, qui, selon l'usage des anciens, s’appelle autrement merGure, dit encore la Somme clc la perfection , de Geber, est une eau visqueuse, faite d’une terre blanche sulphureuse, très subtile, et d’une eau très claire, lesquelles ont été cuiles et digérées dans les entrailles de la terre par la chaleur naturelle des mines, et mêlées et unies fort exactement par leurs moindres parties, jusqu’à ce que l'humidité ait été également tempérée par le Sec et le secparl’Humide.C’estlui qui, selon l’opinion de quelques anciens, étant jointavec le soufre, est la matière des métaux. Il s’attache facilement à Saturne, à Jupiter et au Soleil ; plus difficilement à la Lune, et plus difficilement encore à Vénus qii’à la Lune; et de là l’on peut découvrir un grand secret. Car il est ami des métaux, et, étant de leur nature, il s’unit aisément avec eux et il sert de moyen ou milieu pour joindre les teintures. Et il n’y a que l’or seul qui aille au fond du mercure et qui se noyé dans lui. Il dissout Jupiter, Saturne, la Lune et Vénus, et ces métaux se mêlent avec lui, et sans lui l’on ne sçauroit dorer nul

raétail... Le mercure n’est pas néanmoins notre matière, ni notre médecine, à le prendre tel que la Nature le produit; mais il peut y contribuer aussi bien que le soufre. »

On trouve aussi, dans la Somme de la perfection , de Geber x, un passage d’où il résulte que la facilité qu'ont les métaux à recevoir l’argent-vif dénote leur perfection :

« J’ai ci-devant fait voir clairement, dit-il, que les corps ou métaux qui avoient beaucoup d’argent-vif, étoient les plus parfaits, et que c’étoit la raison pour laquelle ils s’attaclioient beaucoup mieux à l’argentvif que ne font les autres. Et il est certain, par conséquent, que les corps qui reçoivent et boivent plus avidement l’argent-vif, s’approchent le plus de la perfection, ainsi que nous le témoigne la grande facilité que le Soleil et la Lune, qui sont les deux corps parfaits, ont à le recevoir et à s’attacher à lui. D’où il s’ensuit que tout métail imparfait, qui aura été transmué par quelque médecine, et qui ne recevra pas facilement l’argent-vif en sa substance, doit être fort éloigné de la perfection. »

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