Ms. de la Bihl. de l’Arsenal, déjà cité, n° 180, p
i-2 SCIENCES OCCULTES
phes, au centre est la terre vierge et le véritable élément), et que la Pierre, que nous cherchons avec tant de soin, se trouve partout et se vend publiquement à très vil prix... Et Dieu a fait cela, afin que le pauvre put l’avoir aussi facilement que le riche..., comme vous pouvez l’entendre par le sonnet suivant :
Il est un esprit corps, premier né de Nature,
Très commun, très caché, très vil, très précieux, Conservant, détruisant, bon et malicieux, Commencement et fin de toute créature :
Triple en substance, il est de sel, d’huile et d’eau pure, Qui coagule, amasse et arrose ez bas lieux,
Tout pur, sec, unctueux, et moite des hauts cieux,
Habile à recevoir toute forme et ligure.
Le seul art par Nature à nos yeux le fait voir :
Il celle dans son cœur un infiny pouvoir,
Garnv des facultez du ciel et de la terre.
Il est hermaphrodite et donne accroissement A tout où il se mesle indiiférentement,
A raison que dans lui tous genres il enserre.
Artephius 1 décrit ainsi le magistère des philosophes :
« Il nous faut sçavoir que la chose qui a la teste rouge et blanche, les pieds blancs et puis rouges, et auparavant les yeux noirs, que cette seule chose est nostre magistère. Disons donc le Soleil et la Lune,
1. Trois Traictez de la Philosophie naturelle , non encore imprimez.
ALCHIMIE
en nostre eau dissolvente, qui leur est familière et amie, et de leur nature prochaine qui leur est douce, et comme une matrice, mère, origine, commencement et fin de vie : qui est la cause qu’ils prennent amendement en cette eau, parce que la Nature s’esjouit avec la Nature, et que la Nature contient la Nature, et avec icelle se conjoint du vray mariage, et qu’ils se font une nature seule, un corps nouveau, ressuscité et immortel. Et ainsi il faut conjoindre les consanguins avec les consanguins : alors ces natures se suivent les unes les autres, se putréfient, engendrent et s’éjouissent, parce que la Nature se régit par la Nature prochaine et amie. Nostre eau donc (dit Daulhen) est la fontaine belle, agréable et claire, préparée seulement pour le Roy et la Reine (le Soleil et la Lnue, c’est-à-dire l’or et l’argent), qu’elle connoist très bien, et eux elle. Car elle les attire à soy, et eux demeurent en icelle deux ou trois mois à se laver, et les fait rajeunir et rend beaux. »
Suivant un vieil auteur, qui connaissait bien l’élixir des philosophes :
« Solution est réduction d’une matière seche et arrestée, en mercure courrant (que nous appelions après élixir ) par le moyen de son menstrue et par le premier degré du feu tempéré à la chaleur du soleil au mois de febvrier. Etladicte solution ou élixir finit aussitôt que le Roy est réduit en mercure, et aussi elle n’est qu’épaissie en la putréfaction : pourquoy il n’est faict point de solution sans putréfaction, mais bien de putréfaction sans solution. »
« Il est une Pierre de grande vertu, dit Valois et est dite Pierre et n’est pas pierre, et est minérale, véjétale et animale, qui est trouvée en tous lieux et en tout temps, et chez toutes personnes : laquelle il faut putréfier au fumier neuf jours, puis en distiler les éléments; de laquelle naistra un sperme multiplicatif de tous métaux, c’est-à-dire une semence minérale qui, se perpétuant de soy-mesme, atteindra la perfection d’une génération infinie. »
« La Pierre, dit le même alchimiste 2, c’est un feu enclos dans une eau, qui se forme en corps terrestre, d’une manière non obligée, ny affectée à chose quelconque, mais capable de se convertir en tout corps, à cause de sa pureté : c’est un pur sel blanc, terre feuillée, vierge, qui n’a encore rien produit. » Artephius n parle ainsi du feu, de ses différences et de son régime :
« Notre feu est minéral : il est égal, il est continuel. il ne s’évapore point, s’il n’est trop fortement excité ; il participe du soufre ; il est pris d’autre chose que de la matière ; il détruit tout, il dissout, congèle et calcine, et il y a de l’artifice à le trouver et à le faire, et il ne coûte rien ou du moins fort peu. De plus, il est humide, vaporeux, digérant, altérant, pénétrant, subtil, aerien, non violent, incomburant ou qui ne brûle point, environnant, contenant et unique. Il est aussi la fontaine d’eau vive qui environne et