‹ Curiosités des sciences occultesChapitre 43 sur 198 · Œuvres , Ms., p · texte numérisé non relu

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souffleurs étaient des ignorants, et même « le comte Bernard n’avait nul expériment de cette science, qu’il cuidoit sçavoir parfaitement. »

J. B. Van Helmont, qui avait toujours combattu l’alchimie comme fausse et illusoire, dit pourtant, dans son livre touchant l’Arbre de vie :

Cogor credere Lapidem aurificum e argentificum esse, quia , distinctis vicibus, manu mea , unius grani pulveris super aliquot mille grana argenli vivi ferventis projectionem feci , adstanteque multorum corona, nostri onmnium cum admiratione negolium insigne successit prout libri promittunt. »

Il assure, dans un autre endroit, que « l’amy qui luy donnoit de cette poudre avoit bien, pour transmuer, deux cent mille livres pesant en or très fin. » Il ajoute qu’avec un demi grain de cette poudre il avait transmué plus de neuf onces d’argent-vif en or très-pur ; et il conclut, de ce fait accompli sous ses yeux, que la'Pierre des philosophes est véritable: Ergo Lapis philosophorum sit vera in natura.

Salmon, dans la préface de la Bibliothèque des Philosophes chimiques , se porte garant du témoignage de cet alchimiste :

« Van Helmont, qui est connu dans toute l’Europe pour une personne de qualité, et de probité, et pour un illustre dans les sciences, dit, en trois différents endroits de son livre, qu'il a vu la transmutation et que lui-mème l’a faite. Voici comme il en parle dans ce traité: « J’ai vu et j’ai touché plus d’une » fois la Pierre philosophale ; la couleur en étoit

ALCHIMIE

» comme du safran en poudre, mais pesante et lui- » santé comme du verre pulvérisé. On m’en donna » une fois la quatrième partie d’un grain. J’appelle » un grain, dont les six cents font une once. Je fis » la projection de cette quatrième partie de grain, » que j’enveloppai dans du papier, sur huit onces » d’argent-vif, échauffé dans un creuset. Et d’abord » tout l’argent-vif, ayant fait un peu de bruit, s’ar- » rêta et ne fut plus coulant ; et s’étant congelé, il » se rassit en une masse jaune. L’ayant fait fondre à » fort feu, je trouvai huit onces d'or très-pur, moins » onze grains. De manière qu’un grain de cette pou- » dre aurait changé en très-bon or dix-neuf mille » cent quatre-vingt-six grains d’argent-vif. »

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