‹ Curiosités des traditions, des moeurs et des légendesChapitre 16 sur 68 · RELIQUES. U · texte numérisé non relu

RELIQUES. U

Le eidte des reliqaes se reiroiiTc dans tontes les reli- {ÛNis, et sor ce point encore, le chrisUanisnie ne diflere eD rien do iKiganisme. Chez les cbrétieiis , il «prit une graode extension surloul en Orient , dans les contrées ^ avaient été le berceau du cbristianisnie, et les récits des ?oyagears qaï allaient visiter le théâtre de la vie et de h mort de îésos noos ont transmis à cet égard de euricui renseignements. Ainsi le Gaulois» auteur de TJÏ^ naratium a BnràigaUi HierumUtm tMfiie, qui traversa Constantmeple en 555, a décrit nniiutieusenienl les localités de la Judée, où, suivant la tradition, s*éiaient passés les événements de FAncien et du Nouveau Testa* iReiit

Dans le récit que saint Jérôme nous: a laissé du voyage de saint hinle en Palestine, voyage entrepris environ fnnnte ans pins tard, en 585, on tronve encore un eata- ^e desmonoments, des loeafités et des ob|ets lionorés ^r lesdiréiiens. Mais c*est surtout dans la relation dn pèlerinage de rilalien saint Antonin et de Fun de ses conn Patriotes, que Égare une longue énuméralion des reliqifês «flertes à radoiatioB des iidèles *.

'B-t, p. S87. — c M. de Gosnar, archevêque d'Aii, était Irès-vieHX, dit vnaure écrivain, quand il apprit que l*on venait de canoniser saint Frjtf- ^ ieStica. f Omi l ^écria-t'U, Jf. de Genète, aïoi aiieiea aaii t Je ^ekaméde la fartaM ^*U vieaide Haire: c*iiUit lu galant bonne, uainaUe honiae, et a^ae an bomièle honnie, qaoiqQ'tl ttichk aa HVirt, oii noas avons sonveot joué ensemble. — Mais, moBsetfnear, laft ^'-«B. est-il possible qu'on saiat friponne au jev ? — Mo I fépliqaa Tar* ^hev«qae, 11 donnait pour se» nisoin qae ce qu'tt faf nait était pow lee l««Tre8.»/Wrf., note.

^ Cet itioécaire a été phwears fois réiaqNrin^ entre aoirof » daas le ^fitmk hmtmwwm Ukurmia de WesseUng, et dans les notasde Flli« "««Hv it Poria à Mrumlm de «. de t%3^ieaebriaBU

' J»tmtmmm (si^ B. jUtoaim aiartyris ; Jalâonast Aodi», iSM*

. A Néocésarée, on montra aux pèlerins le siège où la Vierge Marie était assise lorsque Tarchange Gabriel tint la visitée, et une corbeille qui lui avait appartenu. A Cana, Antonin se coucha sur le lit où iésus-Ghrisl s*était placé le jour des noces célébrées eu ce lieu, et, suivant une coutume des touristes de tous les siècles, son compagnon y inscrivit les noms lieceux qui lui étaient chars ^. A Sarepta, il vit le Ht où se reposa le prophète Ëlie, et à Nazareth, où il fut frappé de la beauté des femmes, il admira dans la synagogue une poutre sur laquelle Jésus- Christ enfant s*était assis avec ses camarades, et qui jouissait de la singulière propriété de pouvoir être remuée facilement par un chrétien, et de rester immobile quand un juif voulait la soulever.

A chaque pa», les voyageurs retrouvaient quelque souvenir des livres saints. Ici, c*était l'arbre sur lequel Zachéc monta pour voir Jésus ; là, le figuier où se pendît Judas ; plus loin, l'autel où Abraham fut sur le point de sacriûer Isaac ; ailleurs, les pierres qui servirent à lapider saint Etienne ; et enfin, chose plus étonnaute, dans réglise de Slon, on leur fit voir une pierre allégorique, la célèbre fnerre angulaire dont il est si souvent question dans la Bible *.

iii-4, de 54 paget. — Cet itinéraire a pour auteur le compagnon (TAntonln. Léir pèlerinage eit lien prolMblemeot an milieu du sixième siècle. i Soivani M. Lctronne, les voyagenrs, dans l'antiquité, avaient l'babitnde de laisser des inscriptions snr les mars des monuments qa'ils Tisi- Uiem. Journal des tavmis, janvier 1844, p 4S. Voy. aussi la H^ppori êâretêi de Grèce, par M. le Bas, an ministre de nnstmeilon poliliqne. Revue urchéologique, 45 avril 1844.

' * Voy. notre Mémoire sur letffèlerinafei eu Terre SuiuiemmU tereroiêêdee, Biblkitbèqae de Técole des cbaries, 2* série, t. ii, p. I et sniv. — C'est ainsi qne l'on montra longtemps en Italie la ebambre ota s'était accompli le nuriaga mystiqie de lalaie Catberine et de Jéanf<airist.

RELIQUES. in

Vers 414, rhistoriea Paul Orose, ayant été consulter saint Jér6oie, alors en Judée, rapporta en Espagne les reliques de saint Etienne. Suivant Fleury ^ ce sont là les premières reliques qui aient été transférées en Europe. Maisdcpuis cette époque, TOrient, sans pouvoir s'épuiser. ne cessa pas d'en fournir à tous les pays d'Occident. 11 n'était guère de pèlerin qiû, à son retour de la Palestine, ne rapportât quelque relique en souvenir de son pieux voyage.

Lorsque Saladin s*enipara de Jérusalem, en ii&I, les habitants réunirent dans quatre grands coffres d*ivoire toutes les reliques qui se trouvaient dans la ville; mais le vainqueur ne leur permit de les emporter que quand le prince d'Ântioche eut promis, sous la foi du serment, de les racheter au prix de cinquante deux mille besants. A l'expiration du délai lixé, celui-ci se trouva bors d'état de payer. Mais Richard Gœur-de-Lion, qui se trouvait alors en Syrie, ayant appris l'embarras où se trouvaient les chrétiens, envoya l'argent à Saladin*.

. Gonstanttnople ayant été prise d'assaut par les Latins, eo 1204, il y eut de la part des ecclésiastiques qui avaient accompagné Texpédition latine un véritable pillage de reliques. Pour se procurer quelques ossements sacrés» ils eurent recours tantôt à la ruse, tantôt à la violence. On peut lire dans VHisioria ConitanlinopoiUana de Gunther comment Tabbé du monastère de Paris, près Râle, parvint à enlever à un moine grec, qu*il menaça de la mort, on morceau de la vraie croix, les os de saint Jean-Raptiste, un bras de saint Jacques, etc. '.

i Histoire eceiésittitique^ I. xxin, ch. 33.

s llathiea Pftris, année lit 1 .

> Cette histoire est insérée ai tome vr des lecHoneê oHtiquœ de CanU sios. Ganttaer y appelle Martin nn saint voleur, prœdo tanctut.

i18 CURIOSITES DES TRADITIONS.

Lorsque la mféflieTtHe fat tombée ab pouvoir des Tores, IbluMiiet 11 reeoeiltit aVec grand soin toutes les reliqaet qvi se irouTaiehi dans la ville, et les fit placer aoprès de son propre trésor. Phifiietirs prioces iatios laî offrirent de grMides soramcs pour en obtenir qudquefr-unes, d ee nouveau fcnrc de ooromerce créé par le sultan, I« procara de graads profits. « Mak il est i craindre^ dit iloii* dément Lebean, qu'il n'ait donné lien à bien dès Crandes et répandu dans le monde chrétien beaucoup de Êinsses refiqùes^ »

Mahomet II ne vendit pas pourtant toutes les reliques que la victoire avait mises en sa possession. En effet, lorsque le frèfe proscrit de Bajazet II se fut réfugié en France^ ee dernier fit foire de grandes oUires à Charles YIII, pour qu'il retînt le fugitif sous bonne garde. H offraitenlre autres «de lut b^Her tontes les reliques de Bieu, notre créateur, des apètres, dès saints et saintes que son feu père Màboraet avait trouvées à Gonstaniiaople, lorsqu'il prit la ville, etanx autres villes qu'H avait eonquises sur la diffétienté. 9 En 4488, le malheureux prince ayant été renns entre les nnins dlnnoeent VIII, le sultan tâcha de gagner le pape par des présents, c entre antres par le fer de la kmee qui avait ouvert le côté de 1fotro>Seigneur * . b Mar» ayant gardé pour lui la tuniquesans couture portée par Jésus-Christ, < il s*éleva là-dessus, dit Bayle, une dispute dans lltalie pour savoir si le présent lait au pape vaisiit mieux que ceqtie le Grand Seigneur s*élait réservé. On examina soigneusement si le gofitd'on ]irfoco turc était bon, quand il s'agissait de juger du prix deo

i Biito^ein Bat-Emjfire^éàW, SaiQi-Mariin, t.xxi, eb. 35. t Voy. Ilocoll«f, Yie du tuUtm Gemct,p. i2S-US.

RELlQOESu 41«

rdiqaes. Le cairliDal Marc Viferm ftit chargé de fidre rm qne le sultan B'éiaU ponBt,jBur ees martières, on ùb «omaissenr, fmsqoela tonkiiie stns oootnre devati céder le hant boiftàla teuce âeLoogto. En effet, la kmee pénéirajosqu'ao ceenr, efie fot teinte d«8anglepl«s ntjtA; mais la tKik|ue ne tondia q«e tes parties exiérieares, eic. K »

Ce qH'H y a de ]rfiis sîngoiier, c*est qnll y a e« pen de veiiqttes auasi contestées qoe les denx reikipies en qneslton« Ainsi , sans parler de eefle qne possédait Mahomet, on compte six tuniqnes ée Jésus-€brîsty saroîr : à Moscou, à SaîBt-Jean-de*Lathin, à Téglise Sainte- Martinelle, à Rone, à Trêves, et enfin à Argenteuil. Ces d^ux dernières sont tes plus célèbres. Quant à la samte lance, dont TinTention an siège d'Anlioehe, en 4098, fiH traitée de snpercfeerie par phisienrs écncrains eontemponins, eonme Foueber de ClKirtres et ftaottl de Caen, eUe se trouvait dans quatre ou ekiq lienx lyfierents, entre antfcsàiasaiiiteCîbftpeiie do Paris, â Muremberg, à Tabbaye de MoHidien en Champagne, à Tabbaye de la Tenaâie on Saintooge, à la SeWe près de Soideanis, àMosooo^elc

Souvent do v iole n t es querrftes s'élevèrent non-seule- »e«t «atre des individus, mais entre ées vJles, pour bi posoessîoa de reliques. Voici , par eiGemple, ce qui «e passa à la HMirt de saint Marda, évéque de Tours. Le saiot homme ayant rendu le dernier soupir dans le bourg de CawJes (au confluent de ta Vienne et de la (^ehre), « il s'élevift, easae las geos de PoUiers et ceux ée fours, une vive altcrcaiion, dit ranteur de i*Aûlotrv ttdé$Utêiiqm$ dg$ Frame$. Les Poitevins disaient: « C'est notre moine ; < il a été notre abbé ; nous demandons qu'on nous le

* Art» YifiSKiirs, Ml» À.

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