M CURIOSITES DES TRADITIONS
« remette. II doit tous siifDre d'avoir, pendant qoll était « évéque en ce monde, joui de sa parole, de ses béné- « dictions et de ses miracles ; qa*il nous soit permis « d*emporter son cadavre, b Les habitants de Tours répondaient : « Si vous dites que ses miracles nous suffisent, « sachez que, pendant qu'il était parmi vous, il en a fait K bien plus qu'ici. Car, entre autres, chez vous , II a « rendu la vie à deux morts, tandis qu'à nous, il ne nous « en a ressuscité qu*un seul ; et, comme il le disait lui- « même, il avait un plus grand pouvoir avant d*èlre évècque qu*après. Il est donc juste que ce qu'il n*a pas fait « pour nous étant vivant, il le fasse après sa mort. Dieu « vous l'a enlevé et nous Ta donné, etc... »
Sur ces entrefaites, la nuit arriva. Le corps du saint» déposé dans la maison, était gardé par les deux peuples. (( Les portes ayant été étroitement fermées, les Poitevins voulaient l'enlever par force le lendemain matin ; mais le Dieu tout-puissant ne permit point que la ville de Tours fût privée de son patron. Au milieu de la nuit, toutes les troupes des Poitevins furent accablées de sommeil, et II n'y avait pas un seul homme de cette multitude qui veillât. Les Tourangeaux, les voyant endormis, prirent lecorps du saint. Les uns le descendirent par la fenêtre, d'antres le reçurent au dehors; ils le placèrent sur un bâtiment , et naviguèrent avec tout leur peuple surki Vienne. Quand ils eurent atteint la Loire, ils se dirigèrent vers Tours en chantant des psaumes. Leurs chants éveillèrent les Poitevins, qui, privés du trésor qu'ils avaient gardé» s'en retournèrent chez eux couverts de confusion ^. »
La lecture des écrivains du moyen âge justifie, du reste, Timportance que Ton attachait k la possession de
* Grégoire de Tours, 1. 1, ch. 45, oolIcctUm Gntiot, 1. 1, p. 8«.