CURIOSITÉS IIE8 TRADITIONS
ks«scoria jusqu'à JétwaleiQ ; quatre niileseuleBem veftagoèrenl TEurope ^
Les faits que bous Teaens de rapporter, refoliTemont nux pèlerinages entrepris eu Terre-Saîate, avant le oodcile de Clermont , en 1095, où fut déetdëe la prennière croisade, ces faits, disons-nous, prouvent, ée fa manière kl p!us évidente, à quel point on a exagéré Finflaeiice de Pierre l'Ermite et d'Urbain II, sur le mouvement qui poussa tant de millions de chrétiens en Asie. La voix de CCS deux homme» aurait été impuissante li faire naître Fun de ces événements qui changent la faee des «mpirea, si, depuis plus d*un siède, la pensée d'une croisade n'avait pas occupé toutes les imaginatioiis : résnltiat «niquemcnt dû aux pèlerinages qui, tout en répandant d'utiles connaissances géographiques, avalent fait chaque jour connaître à TEurope les misères et les espéranees des populations chréiiennes de i*Orient. Nous avons é^à parlé de la lettre de Gerhert. En 1010, suivant Raoul 61aber (livre m, chap. 7], les juifs d*Orléans envoyèrent prévenir le soudan de Babylone qu'il ne tarderait pas k être cliassé de son royaunie par les sectateurs du Christ, s'il ne détruisait le temple de Jérusalem. Au mois de décembre 1074, Grégoire YII écrivait à Fempereur Henri IV, que plus de cinquante mille habitants de llfeaiie et de la Fnince lui avaient fait savoir que si le chef de TEglise voulait se mettre à leur tête, ite iraient déHver le saint sépulcre *. Dans sa jeunesse, Godefroy de BooR- Ion dirait souvent, à ce que raconlait sa mère, qa-îl "n'avait d'autre désir que d'aller à Jérusalem, à la .télé d'une nombreuse armée.
* Voy. Daronios, Ammlet-tcclenaiHti, t. 'xvn, p. 106net iniT. t Guibrrt de Nogent, Getta Dei pef Frances, I. ii.
BËLfiMNAaES. liH
Après les croisades* oavit encorodes chrétiens affronter les dangers qu'oftraieat de nouveau les contrées soumises aux. infidèles ; mais, à partir du dix-sepUèmc siècle, la plupart doivent plutôt être considérés comme des voyageurs que comme des pèlerins. — Nous citerons toutefois les pèlerinages de deux femmes. L*une, Gabricile Brémond, de Marseille, parcourut la haute et basse Egypte, la Palestine, le mont Siaal, le mont Liban et presque toute la Syrie. La relation de ce voyage fut traduite du ihiDçais en italien j Rome, 1^73, in-4. L'autre femme, nommée Anne Chéron , alla visiter Jérusalem , à Tàge de quaire'Viugts ans.. Le néoit de cfi pèlerinage fut publié à Barts,n74,in-12.
Si, malgré les dangers qu'ils offraient, les pèlerinages en Terre-Sainte étaient aussi fréquents^ on devine aisé^ ment quelle devait être TafflueBce des pèlerins qui allaient visiter les lieux de sainteté, situés en Europe, comme Borne et^ Saint-Jacques de Compostelle ^. La capitale éa monde chrétien surtout attirait dans ses murs une foule de voyageurs de toutes les nations* Ain» Brunon, qui, en i^iO, devhit pape sous le nom. de Léon IX, n étant eneonrqa'évôque dé Toul, faisait tous les ans, à Rome, un vayageoit il était quelquefois accompagné déplus de cinq cents personnes». £t pour parler d'une époque plus rapprochée de nous, lors du jubilé de 1€0Q, Thospice des pèlerins^ fondé dans cette ville parsainl Philippe cle Néri, ait Brilieo du seizième siècle, donna l'hospitalité, pendant trois jours» 4^440^000 hommes et à 2â,00U femmes.
tu. Tictor Lederc acoinpo^éi, sur Irspèierliagrs à Saiot-Jacqoes de GoBposteUe, un mémoire qii'iL&laà TAcailéiBie des inscriptiuns et belles icitces,en1SI5.
Ou donnait, en France, le nom de Romée on Romieu aux pèlerins qui avaient visité Rome; de là vient que ces noms, surtout le dernier, sont assez communs dans quelques provinces.