DK QUELQUES ANCIENS RITES CHRÉTIENS
On sait que Ton nommait catéchumènes, dans les premiers siècles du christianisme, les nouveaux convertis que Ton instruisait avant de leur donner le baptême. Le temps de rinstruction durait en général deux ans. Ceux qui demandaient le baptême ou qui en étaient jugés dignes, étaient, au commencement du carême, inscrits sur la liste des compétents ou illuminés. On les baptisait solennel! eincnt par trois immersions, la veille de Pâques ou de la Pentecôte, et on leur donnait en même temps la confirinalion. On n'administrait le baptême par asper^ sioii que dans les cas de nécessité absolue, comme celui de maladie, et le peuple nommait diniques (du grec xXivr, lit) ceuv qui avaient été baptisés dans leur Ut.
Le baptême était accompagné de cérémonies symboliques. Ainsi on faisait manger aux nouveaux baptisés da lait et du miel, pour marquer leur entrée dans la vraie terre promise et leur enfance spirituelle ; car le lait et le miel étaient la première nourriture des enfants sevrés.
Pendant longtemps, comme bous venons de le dire., le baptême se donna par trois immersions, en Thouneur des trois personnes de laTrinilé. Mais les ariens ayant trouvé
dans cette cérémoDie un argument pour soutenir qu*il y avait eo Dieu distinction et pluralité de natures, le pape saint Grégoire, par une lettre adressée à saint Léandre, de Séville, ordonna qu'en Espagne, où les ariens étaient nombreux, on se contenterait d'une seule immersion, prescription qui fut renouvelée par le 6* canon du concile de Tolède, en 635.
En Irlande, au douzième siècle, Tenfant nouTeau-né étalcthiplisé par son père, ouïe premier venu, qui le plongeait trois fois soit dans leau, soit dans du lait. Celte coutume fat abolie en 1172, par le concile de Cashel.
En Afrique, ceux qui devaient être baptisés la veille de Pâques avaient soin de se baigner le jeudi saint, a afm, dit le P. Richard, d'éviter l'indécence qu'il y aurait à se présenter aux fonts sacrés, le corps couvert de la crasse contractée par l'observation du carême ^. » Dans plusieurs contrées de l'Occident, comme à Milan et dans les Gaules, l'évéque et les clercs lavaient eux-mêmes les piedsdes nouveaux baptisés, ce qui, pour l'Espagne, avait été défendu par le 48^ canon du concile d'Elvire, en 303.
Le 2^ canon du concile tenu à Tolède, en 691', portait que, depuis le commencement du carême jusqu'au jeudi saiit, le baptistère serait fermé et scellé du sceau de l'évéque. Le concile de Reding (Angleterre), en 1279, ordonna que l'on baptiserait solennellement, à Pâques et à la Penlecùte, les enfants nés pendant la semaine qui précéderait ces deux fêtes.
Au onzième siècle, dans le diocèse de Rouen, les nouveaux baptisés devaient aller à l'église avec des habits l)Iancs et des cierges allumés. Ces cierges et le linge qui
i Analyse des conciles. C'est par erreur qae Ton a imprimé plas haut (note de la page 73) Ricard, an liea de Richard.