‹ Curiosités des traditions, des moeurs et des légendesChapitre 3 sur 68 · PAR LA BIBLE · texte numérisé non relu

PAR LA BIBLE

Tout le monde sait que les païens cherchaient dnns lesmoindres phénomènes de la nature un présage des événements futurs. On n'a qu*à ouvrir leurs historiens, pour

1 Chroniques de Froissart, 1. m, ch. 14, année 138S. Edit. du Pan^ théon^ t. II, p. 404 et suiv.

PRESAGES. a

voira qoel point ils se préoecupaiest de la naissance dandrogynes, d'enfants et d'animaux monstrueux, de Tapparilion de comètes, de ploies de lait, de sang ou de pierres, et de prodiges plus effrayants, tels que lesbceufe, les cliiens ou les enfants nouveau-nés parlant, lapparilion de faoïômes, les statues répandant des larmes, etc. ^. Les chrétiens n*ont rien à reprocher à leurs devanciers, et il serait impossible, à cet égard, de trouver la moindre différence entre Tite-Live et les autres écrivains païens, et Grégoire de Tours, Eginhard, Guillaume de Nangis, Ju vénal des Ursins, de Thou, etc.; car dans leur croyance aussi, les moindres événements devant être an* nonces par un signe, il en résultait que les circonstances les plus puériles et les plus ordinaires étaient regardées comme des présages. En voici quelques exemples :

Un petit enfant juif, sauvé du massacre de ses coreligionn.iires lors de la première croisade, ayant été présenté nu baptême : t Quand on arriva au moment où Ton allume la lampe pour faire couler dans Teau la cire brûlante, dtt Guibert de Nogent, une goutte qui tomba seule parut former avec une telle exactitude la figure d'une croix, que la main d'un homme ne pourrait certainement y réus<^ir aussi bien avec une telle exactitude et aussi

peu de matière Cette croix n'apparut point par un

simple hasard, mais fut avec raison envoyée par le ciel inênie, pour annoncer qu*un homme de la race juive montrerai une sincérité de foi bien rare de notre temps '.i»

Pendant la cérémonie du sacre de Philippe- Auguste et de sa femme en 1 181 , (( il arriva, dit Rigord, un événement

i Vo7 , entre antres, le Ubellus prodigiorum de Julias Obseqaess. s De Vita êua, 1. ii, cb. S.

mémorable que nous croyons utile de raconter dans cet ouvrage Trois lampes suspendues devant le maîtreautel ayant été brisées, Thuile quelles contenaient se répandit sur le front du roi et de la reine comme un signe de Tabondance des dons que TEsprit-Saint versait sur eux du haut du ciel ; car nous penstms que Dieu opéra ce mir€u:le pour étendre au loin la gloire et le nom du monarque, et pour répandre le bruit de sa renommée sur toute la surface de la terre, comme Salomon semblait avoir prophétisé dans son cantique d*amour, lorsqu'il dit : «Votre nom est comme une huile qu*on a répandue^ )> L'historien, on le voit, tirait fort bon parti d*UD accident qui avait dû avoir des suites peu agréables pour le couple royal.

Au commencement du dix-septième siècle, la plupart de ces superstitions que repoussaient à peine quelques esprits éclairés, étaient encore dans toute leur force. On n*avait pas encore cessé de regarder le tonnerre^ et les comètes comme des averti«^semenis du ciel.

(( Les mutins, dit le cardinal de Richelieu, vouloient faire passer pour un mauvais augure un accident imprévu, mais favorable, qui arriva à Sa Majesté en revenant de la chasse, près de Monceaux. Un éclat de tonnerre tomba près dr son carrosse : la foudre donna proche de Sa Majesté à la main gauche ; et son cocher se trouva un peu blessé à

i Vie de Philippe- Auguste^ collection Ga'zot, t. xi, p. 20.

t a Selon ropinion de suint Auguçiin, dit Guibert de Nogent, si Dieu frappe sans résultat (or les montagnes et les objets insensibles, r'e<t poor nous faire reconnaître que, s'il s'en prend ainsi anx choses qui ne pècbent point, c'est pour dénoncer aa\ pécheurs le poril qui les attend aa jour do jogement, renouvelant ainsi ponr nous Texemple de ce grand serpent qui frappe la terre de sa qoene, poor mettre un terme aux importunités de son petit. » De Vita iua^ 1. i, ch. 35.

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