‹ Curiosités des traditions, des moeurs et des légendesChapitre 4 sur 68 · PRÉSAGES · texte numérisé non relu

PRÉSAGES

rœil et à la jooe, Sa Majesté seule n'en é(ant ui éblouie nî offensée, et n*eu ayant senti qu'une chaleur modérée an Tîsage, comme celle de l'amorce d'un mousquet quand on le tire... Il est certain que de tout temps et parmi tous les peuples, la lumière et le feu du ciel ont toujours été d'un très-heureux présage de grandeur et de victoire, quand ils n'offensent point les choses sur lesquelles ils paroissent ou descendent. » Suivent plusieurs exemples tirés de Tantiquité. «Mais, ajoute-t-il, laissons à part tous ces exemples de la gentililé; contentons-nous de dire que la chute de la foudre et le feu des éclairs à Tentour de Sa Majesté étoient un signe qui témoignoit à tout le monde que Dieu tenoit le roi en sa sauvegarde, et le défendoit de tous les périls de la terre, puisqu'il le garantissoit du feu du ciel ^. »

Un imprimeur et graveur lorrain, Hanzeitt, se disposait à publier un Recueil de plusieurs machines militaires et feux artificiels, lorsque Tapparition de la comète de 1610 le fit momentanément renoncer à son projet , (( parce que, dit-il, telles impressions ignées ne paraissent jamais qu'elles ne traînent une infinité de malheurs après elles.)) Son livre, rare et curieux, parut seulement l'année suivante, à Pont-à-Mousson, in-4.

Dès la plus haute antiquité, on trouve établi, chez les païens , Tusage de consulter , afin d'y lire l'avenir, les écrits des poètes, regardés, en général, comme inspirés parla Divinité. Hérodote, qui parle de celte coutume, raconte en même temps les fraudes auxquelles elle donnait lieu. « Onomacrite, devin célèbre , dit-il , qui faisait

1 Iférooiref, année 1635, collection Michaud-Poujoulat, 2° série, t.vui, p. 675.

commerce des oracles de Musée, ayait été chassé d^À.ihèues par Uipparqiie, fils de Pisistrate, parce que Lasas d'IIermione Tavait pris sur le fait cooinie il insérait parmi les vers de Musée un oracle qui prédisait que les iles voisines de Lemnos disparaîtraient de la mer^. »

nomcre, et plus tard Virgile, furent les poètes qae Ton consultait le plus fréquemment. Ce furent des vers de Vir{$ile qui annoncèrent à Adrien, à Alexnndre Sévère et à Claude II, les destinées qui leur étaient réservées *.

Au moyen âge, les sorts homériques et y\r%ï\\en% (sortes komericœ, sortes virgilianœ) furent remplacés par ce qu'on appela les sorts des saints {sortes sanclorum). Quelques faiis, empruntés à Grégoire de Tours, montreroni m quoi consistait celte pratique superstitieuse , dont il est question foit souvent dans les auteurs antérieurs au treizième siècle.

Lorsque Chramm, révolté contre son père Clotaire, se dirigea vers Dijon, « les prêtres de la cathédrale, dit Grégoire de Tours, ayant posé sur Tautel trois livres, savoir : les Prophètes, les Actes des apètres et les Evangiles, prièrent Dieu de faire connaître ce qui arriverait à Cihramm, et de déclarer, par sa divine puissance, s'il anrait un heureux succès, et s'il pouvait espérer régner. Il éuiil convenu que chacun lirait, à Toffice, ce qu'il trouverait à Tou vertu re du livre, etc. '. »

Ailleurs, Grégoire raconte que Mérovée, fuyant la colère de son pèreChilpéricetdeFrédégonde, mit sur le tombeau de saint Martin, à Tours, trois livres, savoir : le Psautier,

l'L. VII, ch. 6.

s Voy. Spani^n, ch. 2; Lappridias, ch. <3; Trebelllas PoUion, ch. iO.

» L. IV, ch. 46.

Page 1