MA CURIOSITES DES TRADITIONS
couvrait leor tête devenaieDt la propriété de TégUse. (€aDC. de Roueo, 10S0, eau. 47 eti9.)
Du temps de Grégoire de Nazîanze, le nouveau baptisé donnait ordioairement un repas à Tévéque et à ct^ux qui avaient aidé le prélat dans la célébraiion du baptême. Cette sorte de redevance volontaire fut plus lard payée en argent, comme on le voit par le 48** canon du concile UTJvire, en 503, qui défend de mettre de l'argent dans les fonts, «afin, y est-il dit, que Tévéque ne semble pas vendre ce qu'il a reçu gratuitement. r> Toutefois cette prescription ne fut pas plus (rfiservée au moyen âge qu'elle Be Test aujourd'hui.
C'était autrefois l'usage, dans plusieurs églises de France, que les prêtres ne baptisassent qu'à jeun et à rheure de nones (trois heures après midi), en mémoire •de l'heure à laquelle Jésus-Christ mourut. Mais on fut bientôt obligé de se relâcher de cette règle trop rigoureuse, et de permettre de baptiser le matin, l'outefois le S** canon du concile de Rouen, en 1072, recommandait encore aux prêtres de ne baptiser qu'à jeun, à moins 4*absolue nécessité.
D'après un concile provincial d'Ecosse, tenu en 1225 (canon 55*), le baptistère devait être de pierre oo de bois. L'eau avec laquelle on avait baptisé un enfant hors de l'église devait être jetée au feu ou portée au baptisière, et le vase qui avait servi à la cérémonie devait être brûlé OH employé pour l'église.
Les liens qui unissaient le parrain à son filleul sem* blent avoir été Irès-puissants aux époques de barbarie où les avtres liens étaient peu respectés. Thierry T', roi de lletz, ayant envoyé à son fils Théodebert l'ordre de faire mourir un de ses parents nommé Giwald, Théodebe.
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refttsa d'exëcuier cet ordre, «parce qae, dit Grégoire de Tours, il avait lenu Giwald sar les fonts de baplême. »
Le D)énie cbroniqucor raconte que Prétextât, évêquc de Rouen, accusé par Chilpéric d'avoir enlevé quelque chose d un dépôt qui lui avait été con6é, se défendit en disant: a Je regardais comme à moi ce qui appartenait à mon fils Mérovée que j'ai tenu sur les fonts baptismaux.»
Le4^canoQdu concile d*York, en 1196, défendait d'admettre plus de trois personnes pour tenir un enfant surles foQis , savoir deux hommes et une femme pour un garçon, et deux femmes et un homme pour une fille.
Peu à peu il était passé en usage que les parrains fissent des présents considérables , non-seulement aux enfants qu ils tenaient sur les fonts, mais à leur mère. Il en résultait que Ton trouvait difficilement des parrains, et que bon Donibre d'enfants mouraient sans baptême. Ce fut pour remédier à cet abus que le 17*^ canon du concile tenu à risle (Provence), en 1288, ordonna que désormais on ne donnerait aux enfants baptisés rien autre chose qu'un habit blanc. Raoul Glaber, au sujet de ces présents , rapporte riiistoire suivante qui , d'après lui, se passa à Troyes.
c Des voleurs emmenaient des bœufs quMls avaient dérobés. Se voyant poursuivis, ils les mirent sous la garde d*uo vieillard qu'ils ne connaissaient pas , et réussirent ainsi à s'évader. Cependant on trouve les bœufs , on saisit le vieillard, onTentraine, on le frappe, on le garrotte comme un criminel ; enfin on le conduit au prince de la Tille, le comte Héribert, devant leqnel il veut s'expliquer. Oo ue l'écoute point ; et malgré sa vicHlesse, éu le condamne au gibet. La sentence est exécutée sans aucun délai. Mais le malheureux eut à peine subi son arrêt,
qu'âne génisse d*une grandeur et d'une force extraordrnaires vint près de lui, se dressa, et posa ses cornes soos les pieds du pauvre vieillard, qui fut ainsi soutenu trois jours sans éprouver aucune douleur. Â la fin du troisième, il entemlit près de lui des passants qui s'entretenaient ensemble, et il se mit à crier de toutes ses forces, en les priant de venir promptement le mettre à terre. Ceux-ci, en entendant sa voii, s'imaginèrent d'abord que c'était une illusion du démon. Enfin, émus par ses cris redoublés, et par lassurance qu'il leur donnait qu'il était encore vivant, ils vinrent vers lui, le délièrent, et le mirent à terre. Quand il fut de retour à la ville, on lui fit des questions sur ce qu'il avait éprouvé pendant qu'il était ainsi suspendu au gibet, et voici sa réponse : a Quand j'étais plus jeune, «dit-il, quoique déjh marié, je tins avec ma femme, sur (( les fonts de baptême, un filleul qu'on nous avait propo- (( se. Nous consultâmes nos petits moyens pour lui faire c( quelque présent, et nous convînmes de lui donner ua a veau; nous n'en avions qu'un, et nous ie tenions de la ^a libéralité de notre mère. Il y a trois jours, quand (m <c m'eut pendu , tout à coup ce veau m*apparut, mais il « était bien plus grand que les autres veaux ne le sont « d'ordinaire. II enfia son corps, dressa la tète, mit dou- « cément ses cornes sous mes pieds, et il m'a ainsi sou- <( tenu tout le temps que je suis resté pendu. » Sur le récit de cet liomme , si miraculeusement sauvé de b mort, on s'empressa depuis, dans les environs, de donner, à son exemple, des veaux pour les enfants que l'on tenait sur les fonts sacrés du baptême. ^ d Dans plusieurs conciles, il est question des parrains et
1 L. ui, ch. 6, coUect. Goizot, t. ti, p. 261.
des marraines pour le sacrement de confirmation, et ceai-ci contractaient entre eux la môme alliance que les parrains et les marraines du baptême. Ainsi le i" canon du concile de Me(z, en 756 , condamnait à de fortes amendes ou à la prison les hommes libres qui commettaient le crime de fornication avec leurs marraines ou leurs commères du baptême. Les esclaves et les affranchis étaient punis du fouet ou delà prison, et, en cas de récidive, leur maître, responsable de leurs actions, payait ao roi soixante sols d^amende. Le 12" canon du concile tenu à Goinpiègne, en 757, ordonnait de séparer de sa franme celui qui aurait tenu à la confirmation comme parrain , son bcau-fils ou sa belle-fille. Les époux séparés ne pouvaient plus se remarier ^.
Le concile présidé à Milan par saint Charles Borromée défendit aux parrains de faire des présents , soit à ceux qu^ils auraient présentés à la confirmation , soit à leurs parents, parce que la cupidité de ceux-ci les engageait souvent à faire administrer deux fois ce sacrement à leurs enfants.
Le mot de messe n*a pas toujours eu un sens aussi restreint qu aujourd'hui . Les conciles et les livres de liturgie désignent souvent par ce nom Toffice du jour, et même quelquefois toutes sortes de prières.
Le 10* canon du concile d'Auxerre, en 585 , défend de dire en un jour deux messes sur le même autel. Un prêtre surtout ne doit pas dire la messe sur un autel où un évéque en aura déjà célébré une le même jour.
Suivant Walfrid Strabon *, le pape Léon IV disait jusqu'à neuf messes par jour. Plus tard il fut défendu à tout
I Voyez encore concile de Mayence en 813, canons 95 et S6. s De Rt^ns êeduiasticUt ch. SI.
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prêtre de dire plusieurs messes en un jour, à moins qu'il n'y eût été autorisé par son évéque ^. Le concile de Selingstadt (diocèse de Mayence), en 1022, défendil de ce* lébrer plus de trois messes en un jour.
Le 15" canon du concile de Rome, en 744, défend à révèque et au prêlre de se servir de bâtons lorsqu'ils vontcélébrer les sainis mystères, ou d'avoir la tête couverte en étant à l'autel.
Le 10" canon du concile de Gbelchyt, en 785, défend au prêtre d'avoir les jambes nues pendant l'office.
(( Un prêlre, dit le 45" canon du concile de Mayence, en 815, ne peut chanter seul la messe; car comment pourrait-il dire : Le Seigneur est avec vous; élevez vos cœurs en haut, et d'au 1res choses semblables, s'il n'y a personne que lui à la messe ? d
Le 44" canon du concile de Laodicée, en 364, défendait aux femmes d'enlrer dans le sanctuaire, défense renouvelée souvent chez les Latins et chez les Grecs.
Plusieurs conciles défendirent aux laïques de se tenir autour de l'autel pendant la messe, et le concile de Tours» en 566, contient à cet égard la prescription suivante: « La partie supérieure de l'église, séparée par une balustrade, ne doit être ouverte qu'aux chœurs de clercs qui psalmodient. Cependant le sanctuaire sera ouvert aux laïques et même aux femmes pour prier (en particulier) et pour recevoir la communion, n Le concile de Rome, en 9G4, renouvela la même défense à la prière du pape Jean XII '.
* Toy. le 5« eanon da concile de Tof ède, es 6SI .
s Un céfêbre prédieatear du dix-septième sièele, le peUt Père knité^ voyant an joor des gens jasqne sur l'autel, dit en montant en cbatre, «Voilà la prophétie accomplie: Super aUaretuum 9Uul9s,9 (Tallenant, t. VI, p. 49.).
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tf Quelques-uns de nous, disent les pèresdu concile tenu à Paris en 829 (canon 46*^), ont appris de personnes dignes de foi, quelques-uns ont vu eux-mêmes que, dans eer- Itines provinces, les femmes, contre la UÀ divine et les canons, approchent de Taulel, touchent effrontément les Tsses sacrés, présentent au\ prêtres les habits sacerdotaux ; et ce qui est beaucoup plus indécent et contre toute raison, distribuent au peuple le corps du Seigneur, et font d'autres choses honteuses à dire. On ordonne à tons les évèques de veiller à ce que de pareils abus ne se commettent plus dans leurs diocèses. »
Cependant; dans quelques localités, on laissa longtentpslcs béguines etd*aulrcs religieuses servir la messe. A la fin du dernier siècle , un ecclésiastique du diocèse da Mans, F. M. Fleury, s'avisa de se faire repondre et servir les messes par la sœur de son vicaire. L'évêque du Mans, M. de Grimaldi, averti de ce fait, Interdit Fleury. Celui-ci proposa alors, dons le journal ecclénasiique du mois d'avril 1774, la question suivante : Si une femme, ou défaut d'hommCy peut répondre la messe ? et dans le numéro du mois de juin suivant, il la traita lui-même en se prononçant pour Taffirmative : et pour répondre à une critique qui fut faite de sa dissertation, il fit imprimer une broehare intitulée : Réponse delameêse pwr les femmes^ wiréponseàune lettre anonyme, 1776, iQ-8.
Au huitième siècle, comme on le voit par une prescription du concile de Fraucfort-sur-le-Mein, en 7 94 (art.oO*), à ia fin de la messe solennelle, les assistants se donnaient lapais, c est-à dire, que les hommes entre eux, elles femmes eritre elles , se donnaient mutuellement un baiser.
Autrefois le prêtre non*seulement se lavait les mains,
mais se peignait avant la messe ^ ; c'est pourquoi TonToit figurer des peignes dans les trésors des églises. Â la cathédrale de Sens, entre autres, on conserve le peigne de saint Loup, dont la description a été donnée par Millin dans son Voyage en France, t. i, p. 97.
Pendant la célébration de la messe, deux diacres devaient se tenir auprès de TofOciant, et, au moyen d'un éventail , chasser les mouches qui s'approcheraient de Tautel et du prêtre. Du Gange, dans son Glossaire, aux mots Flabellum et Muscarium, a renvoyé à un grand nombre de textes où il est parlé de cet usage.
La coutume des oblalions faites par les fidèles à Téglise les dimanches et les fêtes . remonte à une haute antiquité. 11 en est fait mention dans les canons apostoliques, dans Tertullien et dans saint Gyprien . Gcs oblations consistant en pain, vin, et argent, se faisaient après l'offertoire . Les diacres les recevaient du peuple; toutefois, dans quelques églises, Tévêque allait lui-même les recevoir des mainsdes grands personnages qui assistaient à l'ofOce. « On voulait, dit l'abbé Fleury, que tous les fidèles offrissent, au moins tous ceux qui devaient communier, et on trouvait mauvais que les riches voulussent communier de ce qu'avaient offert les pauvres ; l'évêque lui-même donnait son offrande, et il y avait à Rome, pour cet effet, un sous-diacre oblaiionnaire. Les pains offerts étaient en si grande quantité, que l'autel en était comblé, comme disent quelques oraisons. C'était le soin de l'archidiacre de couvrir l'autel de tous ces pains , en les arrangeant proprement, ce que l'on appelait dresser l'autel '. 9
1 Voy. Dominici Macri hierolexicon , t. li, p. «91, v« Pbctin, cl du Cange, au même mot.
î Mitun des chriHens, m« partie, eh. 9.
Quant aux ofrrandcs eo argent, elles étaient partagées entre les membres du clergé qui avaient assisté à roffice. Le 14^ canon du concile de Mérida, en 666, ordonna qu'elles fussent divisées en trois parts : Tune pour Tévêque, la seconde pour les prêtres et les diacres, la troisième pour les sous-diacres et les clercs inférieurs.
Le concile de Lambeth (diocèse de Cantorbéry), en \iè\f ordonna (canon 1^) de sonner les cloches au moment de l'élévation, a afin que ceux qui ne peuvent assister tous les jours à la messe, se mettent à genoux, quelque part qu'ils soient, en ville ou aux champs, et gagnent ainsi les indulgences accordées par les évéques. »
En 1225, les funérailles de Philippe-Auguste, célébrées à Saint-Denis, furent marquées par une particularité qui, probablement, ne s^est jamais représentée. Le légat du saintsiège, Conrad, évêque d*ûstie , et Guillaume, archevêque de Reims, célébrèrent simultanément la messe des morts à deux autels voisins, pendant que le reste du clergé et les assistants leur répondaient comme à un seul officiant ^
«Nous défendons, sous peine de suspension, ditle concile de Paris en 1215, qu*aucun prêtre, violant les prescriptions canoniques, célèbre, soit dans les foires, soit ailleurs , des messes à double face. » L'abus condamné ici consistait à dire, l'une après l'autre, plusieurs messes jusqu'à l'offertoire, et à ne réciter ensuite qu'un seul canon pour toutes ces messes, qui, suivant leur nombre, étaient désignées sous le nom de messes à deux faces , à trois faces , à quatre faces, etc. (bt/2icta((9, irifaciaiœ, quadrifacialœ) ,
C'était une superstition fort répandue en Espagne au septième siècle, de faire dire des niiesses des morts en les
* Voy. Goiliaiime le Breton , Vie de Phllippe-Aogaste, in fine.
appliquant à des vivants que Ton espérait ainsi envoyer dans l'autre monde. Le 6* canon du concile de Tolède, en 694, défend ce sacrilège, prononce la déposition du prétre qui s'en sera rendu le complice, et le punit ainsi que «elui qui Y y aura poussé, de la prison perpétuelle ei de Texcommunication jusqu'à la mort.
Le 10* canon du concile de Selingstadt, en 1025, parle d'une superstition plus innocente, employée surtout par les femmes. Elle consistait à lire ou à entendre lire tous les jours Tévangile In prindpio erat terbum^ et à faire dire des messes delà Trinité et de Saini-Micliel, dans un but de divination.
La communion sous les deux espèces fut longtemps en vigueur, et se donnait de plusieurs manières. Eu France, du temps de Grégoire de Tours, on présentait aux fidèles le calice où était le vin consnciré, et on leur en faisait boire. Plus tard les fidèles se servirent d'un chalumeau pour puiser la liqueur dans le cdlice. Ensuite on donna les deux espèces en une seule, en mettant dans la boucbe des coHimuttiants le pain trempe dans le vin ^
Après avoir été longtemps autorisée, la communion soos les deux espèces fut enfin défendue, en 1 H «H, à l'occasion deTbérésiedes Ilussites, par le concile de Constance, qui donna plusieurs raisons de cette décision, et entre autres les suivantes : 1*^ TadopUon générale de la commanion sous une seule espèce dans tout TOccident ;* â° la répugnance d'un grand nombre de personnes qui ne pouvaient soulTrir l'odeur du vin ; S"* le dégoût qu'on avait de biùre
1 Ce dernier mode de la commanion soos les deux espèces fat défendo plasieurs fois, enire autres, par le concile de Braga (Poringal), en <K7S (2« canon), et celui de Koaen, en 1189 {}&> canon). Le premier condlr allègue pour raison ^ue le Seigneur a tienne sépwrément k pain eilevte.
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dans une même coupe', ou de sucer les uns après les •antres à un même chalumeau , etc.
D*après le 38** canon du concile de Tolède en 653, on ▼oit qu'en Espagne comme à Borne on portait la communion à la place de chacun. Les prêtres et les diacres la recevaient devant l'autel, les autres clercs dans le chœur, et le peuple bors du chœur. ^
On a longuement discuté sur les matières propres à Teiieharistie, avant de décider s'il était permis d'employer 4hi pain avec ou sans levain, du pain de seigle, du pain cuit au soleil , du vinaigre , du verjus au lieu de vin, on avec du vin doux, du vin blanc, rouge, etc., du vin gelé, etc. Les conciles qui eurent à lutter contre des habitudes locales, renferment à cet égard d'assez nombreuses prescriptions. Ainsi, le 4* canon du concile d'Orléans, en 541 ; défend de mélanger le vin avec du mîel ou de l'abtinihc ^ (( parce que c'est un sacrilège d'offrir autre chose que ce qui a été ordonné par le Seigneur, d
Le 18* canon du concHe de Tribur (près Alayenee), en 895, défend l'emploi du vin sans eau, et le concile de Winchesters en 1076, proscrit l'usage de Teau seule ^ ou de la bière.
Le concile de Drague (Portugal), en 675, défendit (3^ canon) d*offrir du lait ou du raisin au lieu devin. Pourtant le concile de Gonstantinople, en 692, dans le 28^ canon, fait* encore mention de l'offrande d'une grappe de -raisin, a La grappe de raisin qu'il est d'usage de distri-
t Cette covttnne tenait de ce qoe, aa moyen Age, les tiis étaient presque toojonrs dénatnrés an moyen de substances comme le miel, les épiées, etc.
' s On peut toir dans Goibert de Nngent, l. ni, ch. 15, qne romission ioTolontairc dnvin était considérée comme le présage d'an grand malbear.
baer avec Teucharistie sera bénie séparément, comme des prémices, et Ton en donnera aussi séparément à ceux qui en demanderont. »
Suivant le 49* canon du concile de Tribur , cilé plus haut, on devait • mettre dans le calice deux tiers de vin et un tiers d'eau, a parce que, y est-il dit, la majesté du sang de Jésus-Christ est plus grande que la fragilité du peuple figuré par Teau. »
Quelques prêtres d*Espagne, au septième siècle, au lien de se servir, pour la consécration, de pains préparés avec soin, se contentaient de couper en rond une croate de pain ordinaire, et de l'ofTrir ainsi. Cet usage fut défendu par le 6* canon du concile de Tolède, en 693, qui prescrit de ne se servir que d*un pain blanc, fait exprès et entier. En 785, le concile de Chelcbyt (Angleterre) renouvela les mêmes prescriptions.
D'après le 19® canon du concile de Tours, en 815, on voit qu'il était encore d*usage(ceque le concile défend) de distribuer indifféremment la communion à tous ceux qui assistaient à la messe, même aux enfants. Cet usage pourtant se perpétua encore longtemps, puisque, dans un synode de Tannée 1175, Odon, évêque de Paris, défendit de donner aux enfants des hosties même non consacrées.
Jusqu'au onzième siècle, la coutume subsista dans plusieurs églises de donner la communion aux enfants nonveilement baptisés ; le prêtre toutefois se bornait à tremper dans le vin consacré le bout de son doigt qu'il présentait à sucer à l'enfant^.
A la un du sixième siècle, on le voit d'après les 36* et 37* canons du concile d'Auxerre (en 585) les hommes
1 Voy. concile.de Tolède, année 675, canon 11.
recevaient Teucharisiie dans la main nue, tandis que les lèmmes étaient obligées d'avoir la main couverte d*un linge blanc nommé dominical. Le lOi'' canon du concile de Gonstaniinople, en 692, prescrit que ceux qui voudront recevoir Teucharistie la recevront dans leurs mains mises Tune sur i*auire en forme de croix, et non pas dans un vase d*or ou de quelque autre matière, « car, dit-il, il n'y a point de matière si précieuse que le corps de rhomme, qui est le' temple de Jésus-Gbrist. »
Les calices devaient être en or ou en argent, et les conciles défendirent expressément d'en consacrer qui fassent en étain, eu bois, en corne, en argile ou en cire ^
Le V canon du concile tenu à Braga (Galice), en 675, défend de boire et de manger, aux repas, dans des vases sacrés, et d'employer à des usages profanes, de vendre ou de donner les voiles et les ornements de l'église. Le conlrevenantdevait être excommunié si c'était un laïque, et déposé si c'était un clerc ou un religieux*.
On appelait eulogies le pain, le vin, la viande et d'autres mets bénits que l'on distribuait dans l'église, avec les mêmes cérémonies que reucliaristie, aux fidèles qui n'avaient pas communié , et qui , pour en manger , devaient être à jeun. On n'en donnait ni aux infidèles, ni aux excommuniés. Les papes , les évêques , les prêtres s'adressaient des eulogies les uns aux autres en signe de communion, principalement aux grandes fêtes; les
1 Voy., entre autres, conciles de Gbelctayt, en 785 (10^ canon) ; de Tribar, en 893 (18^ canon) ; de Coyac, diocèse d'Oviédo, en 1050 (3' canon); iie Winciiesier, en 1076; de Londres, en 1175 (17« canon); de Rouen, en 1189 (i^ canon).
s Le concile de Clermont (AaYergue\ en 535, défendait aussi de prêter oruements de l*église pour servir à des fêtes de noces.