‹ Curiosités des traditions, des moeurs et des légendesChapitre 38 sur 68 · JEPREUYES PAR LE FEU · texte numérisé non relu

JEPREUYES PAR LE FEU

L'ëprenvepar le feu ne semble pas être moins mcieime que celle deFeau froide. hsaksYAnligone de Sophocle» le garde qal vient apprendre à Gléon que le corps de Polyniee a été recourert de terre, s'écrie : c Noos étions tous prêts à manier le fer brûlant, à traverser la flamme, à attester les dieux que nous n*étioDS ni coupables ni compKces de celui qui avait conçu le crime ou qui Ta^it exécuté. »

L'épreuve du fer cband se faisait de différentes manières. — Elle consistait, soit à porter, plus on moins longtemps, dans la main, un fer ardait, sdt à introduire la main dans un gantelet de fer rouge *, soit enfin à marcher, pieds nus, sur un certain nombre de barres de fer on de socs de charrue rougis au feu.

« Celui qui aura tué un prêtre, dit le 20' canon du concile de Mayence, en 839, ... 8*il nie le fait, et qu'à soit esclave, se purgera en marchant sur douze socs de char* me rougis au feu. »

« Dans sa jeunesse, le duc de I^ormandle, Richard, s*étant épris d*amour pour la belle concubine d'un vieux prêtre, dit Orderic Vital, en eut deux fils, Richard et Guillaume. Leur mère, lesaya^t^evés avec soin, les présenta, ééjjk grands, au duc; lui donna des preuves non équivoques de rintimlté où jadis elle avait vécu avec lui. Gomme il reconnut une partie de ses allégations, mais qu'il hésitait toutefois à reconnaître ses enfants, la mère porta en public un fer aident, et, n'en ayant reçu aucune brûlure,

• La nais était, iaioMiaieaBtt après réprewMv osreloipèe dass un jacsDr leqnel le prêtre et la partie adrerse apposaient leur scean. « J'ai TU, dit un bistorien byiantin de la Un ds treizième siècle, j*ai tu arec ëtonnement dansma jeanessedesaocosés qai ontiDanié le fer cbaad sans en ressentir aneaanuU • PacIqrBiifii, L u ch. I9L

Ui CURIOSITES DES TRADITIONS.

prouva par là que Richard était bien réellement leur père ^ »

Les mêmes cérémonies préparatoires avaient lieu pour les trois épreuves de Teau froide ou chaude et du fer chaud. Celui qui devait se soumettre à Tune d'elles venait, trois jours auparavant, trouver le prêtre, de qui il recevait la bénédiction ordinaire. Pendant les trois jours suivants, il ne mangeait que du pain, du sel, ou des légumes, et ne buvait que de l'eau. Chaque jour, il assistait à la messe, et faisait son offrande. Aumoment de l'épreuve, il recevait l'eucharistie, et faisait serment qu'il était innocent du crime dont on l'accusait. — L'accusateur, de même que l'accusé, était obligé de jeûner trois jours, et d'attester, par serment, (a vérité de son accusation. Souvent, les deux adversaires faisaient venir chacun de leur côté un certain nombre de témoms, qui prêtaient serment avec eux.

Ainsi que nous l'avons vu plus haut, il était permis à l'accusé de se donner un remplaçant qui subît pour lui les épreuves auxquelles il était condamné.

« Remy, évêquede Dorchesler, ayant été accusé de trahison envers Guillaume le Conquérant , un de ses serviteurs, dit Mathieu Paris (ann. 1085), s'ofTrit pour subir l'épreuve du fer rouge, et sauva ainsi son maître. »

Louis, fils de Louis le Germanique, marchant contre son ' oncle , l'empereur Charles le Chauve, en 876 , « soumit, en présence de ceux qui étaient avec lui, dix hommes à l'épreuve de l'eau chaude , dix à celle du fer chaud , et dix à celle de l'eau froide, tous suppliant Dieu de déclarer par son jugement si Louis devait, de droit, avoir sur

* Orderic Vital, 1. z, coUect. GaiioC, t. zzTm, p. 66.

Page 1