EPREUVES PAR LE FEU
le royaume que laissait son père une part plus considérable que celle qui lui était échue lors du partage Ëiit précédemment avec son frère Charles. Ils n'en éprouvèrent aucun mal. Alors Louis passa le Rhin à Andemach avec son armée ^. »
L'épreuve du feu, qui consistait à traverser un bûcher ardent^ semble avoir été employée plus rarement, bien qu'elle remonte aussi à une haute antiquité *. Nous n*en connaissons guère d'autre exemple que celui de Pierre Barthélémy, qui, durant le siège d'Antioche par les Sarrasins, en 1097, découvrit aux croisés, d'après une prétendue révélation, le lieu où était enterrée la lance qui avait servi à la passion du Christ. Quelques mois plus tard , il s'éleva, an sujet de cette imposture, une vive discussion entre les croisés ; et Pierre offrit de prouver la vérité de sa révélation, en passant au travers des flammes. Son offre fut acceptée, a Au jour fixé, et dès le matin, dit Baimond d'Agiles, qui prit une part active à cette cérémoDîe , on fit les préparatifs du feu : ils se trouvèrent terminés après midi. Les princes et le peuple se rassemblèrent au nombre de quarante mille hommes; les prêtres y assistèrent pieds nus et revêtus de leurs vêtements sacerdotaux. On éleva, avec des branches sèches d'olivier, im bûcher qui avait quatorze pieds de long, et était séparé en deux parties, entre lesquelles on avait laissé un
tide d*un pied de largeur ; chacime d'elles était haute de quatre pieds. » Ceci se passait au milieu du camp des croisés, qui assiégeaient alors le château d'Archas. € Les évéques, dit Foulcher de Chartres, donnèrent lenr bénédiction à ce feu, dont l'épreuve devait servir de jugement;
' Annales de Saint-Bertm^ année 876.
* Voy. le passage de Sophocle cité plos haut.