‹ Curiosités des traditions, des moeurs et des légendesChapitre 40 sur 68 · SM GUBIOSITÉS DES TRADITIONS · texte numérisé non relu

SM GUBIOSITÉS DES TRADITIONS

«t riMMBue qui awl irooYé h teiiee paast vUe et réso- MneBl au milieu du brasier eaOamiBé. On reconnal anstàUti qu'en le liairersaat, eel homme, comme il arrirat i tout vrai ooopaUe, aivaît eu la peau brûlée par la flamme; et Ton présuma que quelque partie intérieure de aoD «orps devait être mortellemeot endommaf^ée. Cela fiit biemftt clairement confirmé par la fin de ce criminel impeateor, qni rnoomt, le douzième jov, des doalenrs de sa brûlnre ^ a

CciU la findn aeiiièmetièdequ'à notre connaissance, il est question, pour la dernière fi^ dans les historiens, d*nne épreuve de ce genre. Yoid èipiel si^et: le cétèhre dominicain Jérôme Savonarole avait émis les sept thèses avivantes : I* L'Eglise de Dieu a besoin de réformaUon. «— S? Elle sera châtiée. -— $^ BQe sera renouvelée. — 4* Florence sera aussi renouvelée, après avoir été châtiée* «-- 5® Les Infidèles se convertirent.— 6* Tous ces éf énea^nts arriveront prochainement. — 7* L'exeommuni- Mion prononcée contre le frère lérftmif^ est nulle, etc. II .fsiblia qn^il les soutiendrait ; et un frèremineur, d*un autre -Ctfté, les attaqua, dans ses sermons, et s'offrit à prouver '.qu'elles étaient hérétiques. «Il fol secondé par ses coafrères, et Savonarole par les siens ; de sorte qu'on vit naître un grand combat entre ces deux ordres. Les dominicains déclarèrent que» sous peine de la vie^: i|s iprantiraient la vérité de ces thèses devant un juge t^f^ çnspect, et ils choisirent le fen pour un tel juge. Les ban-

iFoolcber de Chartres, Histoire des ûrolsadês, c%. 10. Sâifuit Rii* ■Mmd dTAglItt, Pierre reçat en effet qodqMS brttoies, ntis Q Maiit à» Uessorefl qn!! reçsi lorsqie b tnài dn fcvpte se préeiplti tn lii, après qn'il eat traTersé le bûcher«— Yoy. encore GaiUaime de Tyr, L vni» Baoal de Caen, Bistoire de Tancrède^ cb. f M.

ÉPRSVVSS PAR LE FEU. Ui

dscaios Tayant accefMé, Dominique de Pescia , Jacobin, signa un écrit par léqael il s'engageait d'entrer dans le feo ayec le frère mineur qai avait prêché contre lesthè*- «es. Le frère mineur déclara qu'il était prêt à disputer avec frère Savonarole, et qu*un autre franciscain entrerait au feu avec Dominique de Pescia. Quelques autres franciscains s'offrirent pour cette épreuve ; mais il y en eat un qui demanda que &ivonarole même entrftt avec lui dans le feu, et qui avoua qu'il croyait qu'il y périrait. Uq très-grand nombre de dominicains s'engagèrent, par écrit, à subir Tépreuve; une infinité d'autres gens s'y ûffrirent. Le 4"' jour d'avril 1498, presque tous les auditeurs de Savonarole s'écrièrent : Me wrid, Seigneur^ me «otd ; j'entrerai au feu pour voire gloire. On trouva étrange que Savonarole n'eût point accepté le défi du franciscain, qui le demandait nommément pour antagoniste. Il se justiûa en disant que ce n'était pas la peine qu'il entrât au feu avec un seul franciscain ; mais que si les adversaires, et principalement ceux qui résidaient à Rome et leurs adhérents, voulaient s'exposer au feu , il les y accompagnerait, bien assuré qu'il aurait le sort des trois Hébreux qui furent jetés dansla fournaise de Baby^ lone.

« Les magistrats de Florence ayant bien examiné tous ces cartds è défi, et les monvemenis que cela causait dans k ville, ordonnèrent qu'on procéderait à l'exécution des oûres, le samedi? d'avril 1498. Le frère mineur, accompagné seulement d'un de ses confrères, se rendit au lieu de l'exécution avant l'heure marquée; mais Dominique de Pescia la laissa passer, et vint peu après processionnellement avec la croix et l'hostie, et avec Savonarole et tous ses confrères, et une grande multitude de

peuple. Le frère mineur déclara aui; magistrats qo*il ne doutait point d'être brûlé, et les pria de ne point juger raffaire en faveur de Savonarole, à moins que le dominicain ne sortit du feu sans aucun mal. On le lui promît : et, parce qu'il y avait des gens qui soupçonnaient que l'un ou Fautre de ces moines, ou peut-être tous deux, avaient caché quelque charme sous leur robe, on ordonna qu'ils ôteraient leurs habits, et en prendraient d'autres qu'on venait de faire faire. Le frère mineur s'y accorda, et offrit même d'entrer tout nu dans les flammes. Le dominicain, au contraire, se servit de subterfuges pour garder sa robe, et cela lui fut accordé à la prière même du frère mineur, qui représenta que, puisqu'elle était de drap, elle serait infailliblement brûlée avec celui qui la portait. Le dominicain protesta ensuite qu'il n'entrerait point dans le feu sans le crucifix. On y donna les mains à l'instance encore du frère mineur, qui représenta que ce crucifix était de bois, et qu'ainsi, au lieu d'être un préservatif contre le feu, il serait brûlé avec le dominicain. Celui-ci demanda pour nouvelle grâce qu'il lui fût permis d'entrer dans le feu avec le saint sacrement, et fit sa déclaration que , sans cela, il ne s'exposerait point à l'épreuve. Les magistrats lui refusèrent cette demande: et là-dessus, l'assemblée se rompit; chacun s'en retourna chez soi ; et voilà quelle fut l'issue d'une affaire qui avait été l'attention de toute la ville. On murmura, on s'indig09, et l'on forma des soupçons contre frère Savonaroie; et, dès le lundi suivant, 9 avril, on attaqua le monastère des dominicains, et on en tira par force ce religieux, qui, le 23 mai de la même année, fut pendu et l)rûlé ^ »

< Excerpta ex diario J. Bnrchardi, HanOTre, 1096, p; 46 et soiv., tnd. 'par Bayle, art. Savonarola, note 6.

Page 1