ÉLECTION D'ÉVÊQUES
de faire cesser les désordres qui troublaient la ville, les habitants s*adressèrent à Sidoine pour le prier de leur choisir un évêque. Sidoine, après s'être assuré du concours nécessaire de plusieurs autres évêques, se rend à Bourges, et rassemble le peuple dans la cathédrafe. « Il y avait, dit-il, une telle foule de compétiteurs, que deux bancs ne suffisaient pas pour contenir les candidats d un seul siège ; tous se plaisaient à eux-mêmes, et tous déplaisaient également à tous — Des prêtres chuchotaient dans quelque coin, mais en public pas un ne souillait. » Sidoine raconte ensuite comment il prit la parole, et cite en entier le long discours qu'il adressa aux assistants, et dont voici quelques extraits :
« Et d'abord il faut que vous sachiez quels torrents d'injures m'^attendent, et à quels aboiements de voix humaines se livrera contre vous aussi la foule des préten* dants... Si je viens à nommer quelqu'un parmi les moines, pût-il même être comparé aux Paul, aux Antoine, aux Hilaire, aux Maçaire, tout aussitôt je sens résonner autour de mes oreilles les murmures bruyants d'une foule d'ignobles pygmées qui se plaindront, disant : a Ce* « lui qu'on nomme là remplit les fonctions non d'un évê- « que, mais d'un abbé ; il est bien plus propre à intercé* « der pour les âmes auprès du juge céleste, que pour les « corps auprès des juges de la terre. » Qui ne serait pro^ fondement irrité, en voyant les plus sincères vertus représentées comme des vices. Si nous choisissons un homme humble, on l'appellera abject ; si nous en proposons un d'un caractère fier, on le traitera d'orgueilleux ; si nous prenons un homme peu éclairé, son ignorance le fera passer pour ridicule ; si, au contraire, c'est un sa*» vant, sa science le fera dire bouffi d'orgueil ,* s'il est.aoft*