ÉLECTION D'ÉVÈQUES
notre demande et répondu à nos lettres qu'il accorderait ce que nous désirions. Mais ce pontife, par Tordre de Dieu , paya la dette commune à Thumaaité. C'est pourquoi nous écrivons, et nous prions Ta Grandeur, à cause de Tamitié et de la paix qui régnent enlre nous, que ton Pontificat nonmie le seigneur Cybo cardinal. Nous aurons ce service en grande reconnaissance. Donné en notre cour, de notre autorité de sultan, à Gonstantinople, l'an 1494 de la naissance du prophète Jésus, le 8 septembre ^ » '
Le concile de Sardique (Illyrie), en 547, rendit un décret curieux pour mettre un frein à Tambition des membres du clergé. Voici en quels termes est conçu le V canon : a Osius, évêque, a dit : Il faut abolir une méchante coutume et un abus perm'cieux , en défendant aux évéques de passer d'un, siège à un autre, puisqu'on sait le motif pour lequel ils agissent ainsi; et, comme on n'a point d'exemple qu'un éyéque ait quitté un grand évéché pour en prendre un petit, ils montrent bien que ces sortes de translations sont un effet de leur avarice et de leur ambition : c'est pourquoi , si vous le souhaitez, pour punir plus sévèrement cet abus, il faut exclure de la communion laïque ceux qui en seront coupables. Tous les Pères répondirent : « U nous plaît ainsi. » Osius ajouta : a S'il se trouve quelqu'un d'assez téméraire pour vouloir s'excuser, et soutenir qu'il a reçu des lettres du peuple, il est manifeste que l'on aura pu corrompre par argent plusieurs de ceux dont la foi n'est pas sincère , pour les faire crier dans l'église , et le demander pour évêque. Il faut donc con-
i Vby. Galtia ChrittiMa^ éd. de 4716, t. i. Instnmenta eceksiœ Ate* ialMMff, p. 105, gxxui.
CURIOSITÉS DES TRABiflONS.
dsnniKrad^9olfmieiiK€«9atftifkes; ea sorte que oriëHà me: neçoÎTe pas, même à ]a nért, kt cMMmmîtD bique : ordomez-le , si vous rapprovfez. 9 Tout le e«ncile a réponds i « Kous FiapprovTOOs l »
Le 15* caooa du concile de Rome , cm 4tô, remarfie (fae Ton pmait de f épiscopat celui qui changeait d'église, et qu'il ^était regardé comme ayant quitté sa propre femme pour attenter à la pudeur d*«ne autre. D ^}ouCe qu'une telle démarche ne d<Ht pas demeurer impunie. Le concile de Troyes , en 878 , celui de Rouen, Térs iGSÙy renbuf étaient encore cette défense qui dut être violée bien souvent Les évoques, dans ces sortes de Cvansactious, s'autorisaient d'un passage de FEvangile, où Jésus-Christ ordomie à ses aptoes de passer d'usé TiRe à une autre, pour éviter la persécution. €e ve fat guère qu'au dixième siècle, vers Tépoque où les fausses décrétales, composées au sièele précédent, furent reç«s généralement, «pie le pa^ s'arrogea le ^oit de lever ces prohibitions qui, pendant longtemps, s'appiquèreat aussi aux simples prêtres passant d*att nKnndte litre à Bs titre plus grand. (Voy. le eôncOe de Tours, en 815, canon 14.)
Le 5* canon du concile général de €ofistantloople , en 819, défendait d'élever à répiscopat quiconque aurait pris, dans «ette înteniion, l'habit clérical ou monastique.
Une des lois canoniques tes mmns ciMervëes fbt celle relative à la résidence des évéqoes. Le cinquième eoÉdle de Garifaage, en 401 , défend aux évéques êo taâre leurresideuee dans toute autre égKse que leur cathédrale, 4 qui est leor propre épouse^ » Le concile de Gonstantinople, en. (MMt, prononce' une senleoce do déposition contre les évéques qui s'absenteront trois dimaHebes oonsécntifede
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leur cathédrale. Le troisièiBe ocmdle de Lyon, en 517, déclare que, pour ua évêque^ habiter dans le diocèse ii*est pas proprement résider j et qu'il doit vivre dans la ville où le siège épiscopal est établi. Le concile tenu à Francfort sous Gharlemagne, en 794, défendit aux évoques de demeurer plus de trois semaines, chaque année, dans leur maison de campagne.
Enfin la eongré^tion établie par les papes pour résoidre les difiicttltés que pourrait soulever Tinlerprétation de& décrets du ooocile de Trente, aysoit été consultée sur ce sujet, r^ondit que les évêques ne saïkfont pas à leur . devoir eu résidant dans leur diocèse , s'ils ne résident aussi dans leur é^e, à nwins que ie devoir même de leur charge ne les appelle dans les autres lieux de leur diocèse ; que cq)endant ils n'encourront point les peines des son résidents, c'est-à-dire* qu'ils ne ser<»it point obligés à la restitution des revenus de leur bénéfice.
L'ordonnance rendue à Orléans au mois de janvier 1S61 , sur les doléances des états généraux, prescrivait la résidence aux archevêques, évoques, abbés et curés, à peine de saisie du temporel de leurs bénéfices. Mais il en fut de cette ordonnance comme des lois ecclésiastiques.
Au dix^septième sièele, les prélats ne tenaient pas phB de con^tte de ces prescriptions que si elles n'existaient pas,aus^ les épigrammes ne leur manquaient guère. Lmrsqu'en idSX^ Louis XIV convoqua «ne assemblée du clergé, la promptitude avec laquelle tes prélats ae •réunirent donna lieu à i'«pîgraHmie:Siiivante de fiaeiwe :-
Un ordre, hier venu de Saint-Germain, ^
Vont qu'on 's?aiii wrt Hlfi y jon a!!M|ioàhle
Notre arcbevèque et cinqiiante-deax autres.
Successeurs des apôtres, S*y trouveront. Or de savoir quel cas S*y traitera , c*est encore un mystère :
C'est seulement chose très-claire Que nous avons cinquante-deux pi*élats
Qui ne résident pas.
L*aDDée précédente , au sacre de Jacques-Nicolas Colbert, coadjuteur de Rouen, on avait vu figurer quarantedenxévéqueS) dont six n'étaient pas encore sacrés. Iln*y en avait pas beaucoup plus au concile de Trente.
L*origine des évéques in pariibus infidelium date do septième siècle, lorsque le concile de Consiantinople, en 692, décida, dans son 37* canon, que les évéques qui nV valent pu prendre possession de leurs Eglises occopées par les barbares conserveraient la dignité, le rang et le pouvoir dëvéque.
Dans les premiers temps du christianisme, les hommes que l'on élevait aux ordres sacrés étaient mariés pour la plupart. En effet, ainsi que Ta dit Fleury, c comment aurait^on trouvé parmi les Juifs et les païens, qui se convertissaient tous les jours, des hommes qui eussent gardé la continence ]usqu*à un âge mûr ? C'était beaucoup d'en trouver qui n eussent eu qu'une seule femme dans la liberté où étaient les Juifs et les Orientaux d'en avoir plusieurs à la fois, et dans l'usage universel du divorce qui donnait occasion d'en changer souvent. » Seulement l'usage s'établit peu à peu de faire promettre aux ecclésiastiques mariés, surtout aux évéques, de garder la continence après leur ordination, promesse qui devait être violée bien souvent.
La discipline de l'Eglise d'Orient différa sur ce point de