AS CURIOSITÉS BES TRADITIONS
ff J^eçKoto Tafrivëe des Normands , ^ Orderic Vital , if ^^^nail en Naistrie une grande dissolution dans les moeni» du elergé, à tel pomt, que non-seulement les prêtres, nafseueore tes priais, osaient lilMrementda ikdescoBculNBes, et fusaient parade de la nombreuse famiOe qB% e» oKenoient.... Le pape Léon IX, en 4049, tint un coneile à Reims, et , entre autres biens qu'il fit à TEglise, il alitna que les préires ne poumdent porter les armes, ni avoir des épouses* D^«s eelle époque, cette lîineste bu* Mludo commença ^ s*afliBiiblir. Cependant les prêtres, ai ^HltaBtTeiontiers le maniement des armes, neveident pas encore s'^abstenîr de courtisanes, ni a^attadier k h continence^.»
•Jean, arcberéque de Rouen (avant 1692>, iravaOto avec constance, dit alHeurs le même cbroniqueur, à enferer aux prêtres impudiques les concubines qu'ils entretenaient. Tandis qn^R leur adressait ces défenses en plein synode, sous pane d*anatbème, il fut poursuivi et frappé de pierres, pendant qn*i! feyait de régfîse, et a^écria : c mon Dleul les g^entils ont enrabi ton béritage *. »
« L*an du Seigneur 1 i29, dit Matbien Paris, le roi Henri tint aux calendes d'août un grand concile à Londres, pour interdire le concubinage aux prêtres. GuiDauiue, Uficberêque de Gantorbéry, Turstan, archerêque dTmi, et leurs suflragants, étaient présents à ce concile. Henri trompa tous les prélats, grâce à Timprévoyance malha- Mk de Tarcbevêque de Gantorbéry. Bu effet , le roi obtint baute justice sur les concubines des prêtres; mais
* L. nr* otikct Gbiso V t. xm , p» assw
» L. vr, ibid.^p. 163*
MÛSUfiS BU GLfifliGS. fiBf
•cette affaire devait se lermlBer par ^un ^vand seasdide; car le roi gagna beaucoup d'argent, en .vendant aux .prâ^ très Je droit de ^garder lears oemnibînea. Àkirs., maia irop lard, les évè^ues se repentirent >de la pernûsaiiMi qu'ils avaient accordée, ^piand il devint évident aus yanK de tous que les prélats ét^dent joués ^ et ^pie la dignité de TEglise était oompromiae ^. »
Les prédlcatk)ns, les tentatives partieUies4e réfiMtnibtien dansTËglise, ne parvinrent que bien peu à nedi^ fier cet état de choses. A Fépoque de Luther, <on voit Jes mêmes primes se renonvelev, et toujours aussi mutîlor ment. Adrien YI (mort en ISâS), ii*étant encose que é&fen de Saint-Pierre de Louvsùn, avait «ssa^ié d^é^ iiorer les moeurs de ses collègues. Sa bonne volonié^ûl- Jit lui coûter ^cher; car il ftit empoisonné par la oonei^ bine d'un chamoine, et sfe dut la vie <fa'k Thabileté «de son médecin. Il renonça dès k>i« à ses projets de ré^ iorme, déclarant que les évêfiies étalent responsabtesdas désordres qui affligeaient TËglise. « U «stsûr , dit Bayifte^ ifuenotre doyen marquait -lacause du mal* La négligenae des évéques ou de leurs vicaifcs était la soupce dudiéfrordre. Ils ne s^informaient point si ceux qui étaient ndnis aux bénéfices avaient bien vécu,, avaient donné de bonnes preuves d'un tempérament flexible vers Tabstinenee ^dos plaisirs d« corps. Ce défaut d^amen était ane>porte par où entraient dams rEgfise nneîniliiilédegens qui if étaieni déjà plies du côté de la sensualité. C'est un pli que l'on défait mal aisément, et qui se Inrtifie de jour en jour; il se eonverlst en ^blinde, Budadie pvesque moifable. VoM pourquoi ies eirifaorcaliottS #e neire fiadrkn
* Tradactiôn HnilIard-BréhoUes,.4.< i, p. Wk
8g0 CURIOSITÉS DES TRADITIONS.
n*eureQt aucune vertu sur des chanoines engagés depuis longtemps à la crapule et aux voluptés du concubinage. Ils s'étaient tellement acoquinés à ce train de vie , qulls ne comprenaient pas comment il serait possible qu'ils ▼écussent sans cela. On a inûniment plus de peine à résoudre au mariage un garçon de quarante-cinq on cinquante ans qu'un veuf de soixante, qui vient de perdre sa femme, tant est grande la force de la coutume 1 La concubine, de son c/^té, n'a pas moins de peine à se séparer de son chanoine, après avoir été plusieurs années à pot et à feu chez lui. a Où irais-je, dit-elle, que feraisff je? où trouverais-je un si bon lit, une si bonne table, un «r si bon feu ? » La voilà donc, avec ses compagnes, trèsdisposée à s'opposer aux desseins du réformateur. Un courage plus intrépide eût été fort nécessaire au doyen de Saint-Pierre de Louvain ; car le poison de ces concubrnes-là n'était guère moins redoutable que le poignard des bandits. Ne se sentant point de vocation au martyre, il aima mieux laisser les choses où elles étaient que de s'exposer à la haine et même à la mort, en les vonlaot réformer : In magnii voluisse $at est, dit -il, sans tlouie *. »
L'autorité ecclésiastique, ndn contente de sévir con-
i An. Hadribn VI, note Z. On peut, sar les mœurs da clergé àfr Terses époques, consaller outre les conciles ]e Diarivm d*Odon Rigaod. arehevêque de Rouen au treizième siècle, ouvrage qui a été publié poor !a première fois, Paris, 1846, in-4 , et VHodœporican d'Ambroise le Camaldnle (mort en 1459), qui avait entrepris par ordre d'Eugène lY la réforme de plusieurs couveats des deux sexes. On trouve dans ce deraier ouvrage des anecdotes trës-piquanies, et des détails si explicites sur les débauches des moines et des nonnes, que Pautear a cru devoir les raconter en grre. Voy. encore les cahiers de doléances présentés par les dépotésaux divers états généraux de France.
(re les clercs qui violaient les lois de la chasteté, punissait ausà leurs complices. Le 45' canon du concile de Tolède, en 655» ordonnait de vendre les femmes qui auraient péché avec des clercs.
Le concile d'Augsbourg, en 952, en défendant aux clercs d*avoir chez eux des femmes sous-iniroduttes ^, permettait à Tévêque, s*ils en avaient une de réputation suspecte, de la faire fustiger, et de lui couper les cheveux; le concile déclarait (can. 4 ) que , si la puissance séculière s*y opposait, on devait employer Tautorité du Toi.'
D'après le canon 7' du concile de Londres, en 1127, les concubines des prêtres et des chanoines devaient être chassées, et, si elles persistaient dans leur conunerce criminel, elles devaient être mises en pénitence ou vendues.
Un célèbre prédicateur. Foulques de Neuilly (mort en 1201), poursuivit avec véhémence « les prêtres impudiques et leurs concubines qu'il appelait les juments du diable, dit -Jacques de Yitry. 11 les montrait du doigt, et criait après eux de telle sorte, que presque toutes lesservantesde cette espèce abandonnèrent leurs prêtres. Une femme noble, habitant un village qu'elle possédait, avertit à plusieurs reprises un prêtre d'avoir à quitter sa concubine; celui-ci s*y refusa, et elle lui dit : « Je ne puis exer- « cer aucune puissance contre vous , et cependant tous ^ ceux de ce village, qui ne sont pas clercs, sont soumis à « ma juridiction.» Alors Foulques, ordonnant de conduire auprès de lui la concubine du prêtre, lui fit faire une large tonsure , et lui dit : a Puisque tu ne veux pas quit-
^ Cétait le nom qae dès les premiers siècles du christianisme on donnaît aax femmes qni logeaient chez les clercs.
CURIOSITES BBS miDITIONS.
«rt6F le pitélves Je Teux t^ocdoono en prêtresse ^ i»- «Ea iâ^^, dit Malàtea. Pâng^ un décret, fut rend» par Faf chiwéque de Gaotoriiéry et par se& saffragants. U portait que les eoncubin» des prêtrefr elt des cleres leçud dwa les ordres^ sacrés et invttslîs de. bâiéfiGes «eraîest privées» ds lu sépuUnve eccLéabstiquef k moins qtt^éUes^ ne fussent icennes à césipiseence , et eela en ptoinesancé:, selon ce qpi est écrit : ccVûrant, vivant^ il SB confessera à toi v » ou bien à. moins qfie, se troiurant à reitcémifié, elles ne fissent vok un si ipad repentir» qu'on pût décemment communiquer avec elles ; qu'elles lie seraient point re^es am baiser de paix, m ne prendriÉîent le paîabénit.daRS régiise, ton^ que leon amant» las gaidenaient dans leurs^nuisons^ou les entretiendraient ostensiUementiboisdeleuismaisons; qu0,.ai die&ajnneni des enfants, elles ne seraient point admises à la purificn* tÉDo;, à moins qu'elles i^anssent. fourni auparavant caution suffisante it Tarcfaidiaise ou à son officiai, dedomer atfîsIlM^on dans>le pitothaiftcbapitre, après leur purifih oatiou'; quaiosrpnêtresy dans, les paMisses de qui les oos'- «sbînesdesgenftd'églîsebabiteioieot, senaientauspeadnv/ aSil n*.enavaientayeattirarobidiaoœoH.S0aQffîcial, etqsV ▼antd'ôtrft rekivés dv; la: sentence > ils seraient somnis àiiiB6 sévère pénilenoe; quJenfin, tonte fenuno qoisfr» mtioaKrainciie d'aixoir étB.oonooe charnellement par m pnéfire fierait pénitence publique et aolennellOi eonsmesi éUa 6Ût;éLé convaincue d^adultène,. afin qne Tinipanité dl'nn teiidiisoniro no servit: pas d'encouragement anxranlnsy dtt paBeii6kiéiil&'. m
1 Jacques de Yitry, Histoire ocetdentale, 1. xi, ch. 7, coUect. Gaizot, t: im^ f. 800. t TradBct'on Haillard-^rékoOei^ t. uf, p. SSli
MMk
VOiURS DU GLERdé.
D«i8 les premiers siècles du cbrlstiaBàsme, la femme et les entants légitimes des prêtres, furent Tobjet de queK qaes dispositions particulières. Les conciles d'Hîppone et de Garthage, tenus en &97, décrétèrent que les enfants des , ecclésiastiques ne pourraient faire représenter des spec^ tacles, qu'ils ne se marieraient point aT^c des hérétiques, ^q«i*ils ne pourraient être chassés par leurs pères. Quant aux enCants illégitimes, on sévissait contre eux avec une injuste sévérité. Le 10* canon du concile de Tolède, en 655, porte que les enfants des ecclésiastiques, nés depuis Tordinaiion de leurs pères, seront incapables de succéder, et deviendront serfs de TEglise que leur père servait, iùt-H sous^iacre ou évéque. Les mêmes prescriptions se re*trouvent eni012, dans le 5^ canon du concile de Pavie^ qui défend en outre, sous peine d'excommunication, aux juges laïques d'affranchir ces serlls. En outre, tous les biens qui leur am*aient été donnés devaient appartenir à TEglise. Les fils de prêtre étaient exclus des ordres ssh Grés, leur ordination ou leur nomination à Tépiscopat était par le seul fait de leur naissance entachée de nullité. Ge fut pour ce motif que Ton cassa rélectkm d'ÂmouI, élevé a<i siège de Jérusalem par les croisés qui venaient de s'em^ parer de la ville. Il est à remarquer que le pape Léon Ylf, ae trouvant pas juste que les enfants portassent la peine de rûHquilé de leurs pères, s'était, dans une lettre citée plus haut (p. 374), opposé à ces rigueurs qui, peu k peu, tombèrent en désuétude. Le concile de Gologne, en •1260, se bomaii à défendre aux efercs d'assister aui noces de leurs enfanlS' et de leur rien léguer. '
L'autorité ecclésiastique, voyant l'inutilité de ses dé- 49ret^, semble^ à une certaine époque, avoirclierché^ profiter de Tabus qu'elle ne pouvait extirper. Ainsi, on tott
par le 5* canon du concile tenu à Lillebonne , en 1080 , que des c^vêques autorisaient les curés à avoir une con^ cubine, moyennant une amennie pécuniaire ; ce que ce concile défendit formellement ^ Pourtant, la cour de Rome, sur la cupidité de laquelle nous dirons plus loin quelques mots, ne fut pas de cet avis, comme on le voit par le Xivre des taxes en la cour de Rome, qui prêta si beau jeu aux protestants. L*undeux, Antoine du Pinet, seigneur de lioroy, en publia, en i56i, une traduction française, sous le titre suivant : Taxe des parties casvelles de la bouliqw du pape, en latin tt en français, avec annotations prinses du décret^ conciles et canons tant vieux que modemes,powr la vérification de la discipline anciennement observée €» l* Eglise , le tout accreu et reveu , Lyon , 1561 , îa-8. En voici quelques extraits.
a L*absolution et pardon de tous actes de paillardise commis par un clerc, en quelque sorte que ce soit, et fût-ce avec une nonnain , dedans ou dehors le pourpris de son monastère, ou avec ses parentes ou alliées, ou avee sa Alleule , ou avec autre femme qu'elle soit ; soit aussi que ladite absolution se fasse au nom du clerc simple, oh
de lui et de ses p , avec dispense de pouvoir |M'endre
les ordres, et tenir bénéfices ecclésiastiques, avec aussi la clausule iuhibitoire , coûte 56 tournois et 9 ducats, on 5 ducats. Et si , outre ce que dessus, y a absolution de bougrcrie, et péché contre nature, et fût-il fait avec dtf bêtes brutes, et que la dispense que dessus,' et la daasuie inhibitoire y soit, il faut 90 tournois i 2 ducats 6 ca^ lins. Mais il y a simple absolution du péché de boogrerie,
I Voy. tse que nosl avons dit plus \»9\, p. 9M, sar tes pènlicnces péci- Biaires.
ou du péché commis contre nature, avec les bêles brutes, avec dispense et la clausule inhibitoire, faut 33 tournois et 9 ducats. Une nonnain ayant paillarde plusieurs fois dedans ou deliors le pourpris de son monastère « sera absoute et rébabililée à pouvoir tenir toutes les dignités de son ordre, voire la dignité abbatiale, moyennant 36 tournois et9 ducats. L*absolution pour un qui tiendrait à pot et à feu une concubine, avec dispense de pouvoir prendre ses ordres et tenir bcuétîces ecclésiastiques, coûte 21 tournoie 5 ducats 6 carlins *. »
D'Aubigné, dans sa Confession catholique du sieur de Sancy, cite, du même ouvrage, un autre passa;: e omis dans rédition de du Pinet : « Un bon catholique y voit, ditil , les péchés à bon marché, et sçait , en un coup, pour combien il en doit être quitte. Celui qui aura défloré une vierge doit 6 gros. Quiconque aura connu charnellement , et tontes fois de gré à gré , sa propre mère , s» sœur, sa cousine germaine ou sa commère de baptcmc, il en est quitte pour 5 gros'. Toutes fois si cela est connu en Féglise, il en faut 6. Pour avoir tué son père ou sa mère, il faut un ducat et 5 carlins ^, »
« Si Ton eût demandé à d*Aubigné, dit Bayle, d*où pouvait venir que la cour de Rome, si décriée pour son avarice, n'avait taxé qu'à 20 sous tournois Tinceste du premier rang, il eût répondu, sans doute , que des vcn-
» p. îK et suiv. Voy. Bayle, an. Banck, note B.
t Voici le texte de cet article : « Âbsolutio pro co qui malrem, sorurem, aat aliam consangaineam vcl arOnem saam, aut rommatrem, carnalilcr cognoverii, gr. (gros) V. — Absolutio pro co qui virglnem «Icflo-
raverii, gr. VI.
8 L. I , ch. 3 , Journal det choses mémorables ailremes pendant le règne de Henri HI, 4746, in-8, t. lu, p. 68. — D'Aubign* s* (tait servi de iVdiUon donnée à Paris en 1520.
om CURIOSITÉS DBS TRADITIONS.
dcors à qui une marchandise ne coûte rien tronvent mieux leur compte à la laisser à ^il prix qu*à la tenir chère*, car le bon marché en fait débiter une quantité beaucoup plus grande ; et ainsi ils se dédommagent amplement et avec usure, par le grand nombre d*achetears qu'ils font venir , et dont la plupart se passeraient de Templette, si elle coûtait excessivement. Mais qu on ne s*y trompe pas : la taxe marquée dans cet ouvrage-là n'est pas tout ce qu'il faut débourser ; il faut traiter, outre cela , avec [ e dataire ; et l'accord se règle selon qne Ton a du bien ^ » Un fait inconcevable, c'est qu il s'éleva , parmi les catholiques, des voix pour défendre un livre aussi monstrueux ; et le célèbre ministre Charles Drdincourt, mort en 1669, put, sans être démenti, s'adresser en ces termes à P. Camus, évêque de Belley : « Tant s'en faut qne Ton ait honte, parmi vous, de ce livre qui convie les marchands au son de la trompette , que Ton cesse de le publier et de l'exposer en vente. J'yai vu jusqu'à trois éditions de Paris. La première est de l'an 1520 ', qui a été souvent citée parles nôtres. La seconde est de 1545; et. la troisième est de l'an 1625, par celui-là même qui imprima vos livres. J'ai, parmi mes livres, Tédition de 1580 et celle que j'ai ouï publier l'an 1625. Je les ai confrontées, et les ai trouvées conformes * ; et particulièremenl ces paroles qui crient vengeance devant Dieu : El noia
' Art. Pi NET, note B.
s La première édition n'est pas de 1520. Le livre en question fof inprimé à Rome en 1514, soos le titre de : Régule, conitiiniumet, reurvaiiones canceUarie S. Domni nottri Leonis pape decimf, novUer edâeet publieate, — L'année suivante, on en donna ane autre édition à Colofie.
s II y en eut encore plusieurs éditions & 'nous ciierons entre aaties ceilc de Franekcr, en 1651, celle de B^iis-le-Ouc, 4064» collationnée sir rédition de Rom^, et enfin celle de Londres, en I7D1.
diligenler quod» huju»,modi.graliœ et dipemaliones non concedu$Uur pauperièus, qui non sunl, ideo non possunl coMûlari: c*estrà-dire : El notez diligemment (et, de fait, la cbose le mérite) que 4e lêlk$ grâcei et dispenses ne se CMcèdent point aux pauvres ; car, parée qu'ils n'ont pas de quoi, ils ne pmtsenl-étre consolés. Ces paroles-là, disjjC., q«ii se trouvent.au feuillet 25 de raacieune édition de 1520, se trouvent aussi en la page 208 de la nouvelle impression de 462^. Et ceux qui ont Tédition de Tan 1^^ les reacontreront au feuillet 150 ^ »
Depuis le onzième siècle, les papes, chassés souvent de Rome ou même de Tltalie, durent, pour vivre, avoir recours à la générosité des princes et des fidèles. <( Ces subsides, dit Talibé Fleury, ayant commencé par des secours charitables, dégénérèrent en exactions forcées, h Au treizième siècle , les chroniques sont remplies de pkùntes sur la cupidhé du pape et de ses légats. *— a Partout où ces derniers passaient, dit encore Fleury, ils se faisaient défrayer magnifiquement par les évoques et les abbés, jusque-là que les monastères éiaicnt quelquefois réduits à vendre les vases sacrés de leurs églises pour fournira dételles dépenses. Ce nest p:s tout,. iMallait encore.des présents ; ils en recevaient des princes à qui.ils étalent adressés, et souvent des parti« s auxquelles Us rendaient, justice ; du moins les expéditions n'clatent pas .gratuites. Enfin les légations étaient des mine&d'or pour les cak-dinAux , et ils en revenaient dordioaire chargés. de richesses'. »
L'Angleterre surtout semble avoir été pressurée par
* Vûy. Bayle, art. Piset, note B.
* /K« Diâcours sur l'histoire ecc' est astique, ch. 2.
388 CUBIOSITES DES TRADITIONS.
fa cour de Rome, et Mathieu Paris renferme les détails les plus explicites à ce sujet. — « Le roi Henri m, dii-il, ordonna , en 1245, qu'une enquête fût faite dans tous les comtés pour fixer exactement à quelles sommes s*élevaient les revenus des Romains et des Italiens , que la cour romaine avait, par fraude et par violence, enrichis en Angleterre. On trouva que la somme de ces revenus s'élevait annuellement à soixantetrois mille marcs, somme à laquelle ne monte pas le revenu annuel de tout le royaume d'Angleterre. Aussi le roi, saisi d'ctonnement, et se réveillant, quoique un peu tard, fut, et nou sans raison , transporté d^uae grande colère *. »
Gomme , à une certaine époque en France , le roi ne pouvait imposer le clergé sans la permission du pape, ei que, d'un nuire côté, le consentement du monarque était nécessaire nu souverain pontife pour des levées extraordinaires de deniers, il arrivait souvent que les deux parties s*euten4r>sent entre elles pour dépouiller le clergé. Mathieu Paris raconte qu'au moment de partir pour sa première croisade , Louis IX obtint la permission «r de lever le dixième des revenus de rÉglise de France pendant trois ans, à condition que le pape, qui avait à combattre Fiédéric, extorquerait ensuite pareille somme à la même Eglisp. » La première collecte ayant été faite au nom du roi par des orOciers du pape, celui-ci voulut, à son tour, faire sa levée de deniers; « mais le roi résista en face à cet exacteur, qui prenait toutes les formes ; et, pour que la ruse trompai la ruse, il déclara ne pouvoir soufirir, en aucune façon , que TËglise de son royaume (ùi ap-
•Tral. Iluriard-Brétiolles, t. vi, p. 147.
MOEURS DCJ CLERGÉ. 589
pauvrie pour faire la guerre aux chrétiens. » ^- Le irait suivant, rapporté par le même chroniqueur, indique la manière dont se fit cette levée de deniers.
(( Il arriva qu un des exacieurs du pape rencontra un pauvre clerc de village, qui venait à lui, et qui portait dans un vase de Teau avec un goupillon, ainsi que des morceaux de pain qu'on lui avait donnés pour avoir aspergé les maisons avec de Teau bénite. Alors le Romain lui dit insidieusement : a  quel prix monte par an ce bénéGce qui t'est octroyé par TEglise?^- A vingt sols, à ce que je ci ois, » lui répondit ce clerc, qui ne se méûait pas du piège qu'on lui tendait. Aussitôt le Romain, faisant voir qui il était, s'écria : « Eh bien, cela fait par an vingtquatre deniers, autrement dit deux sols à l'avantage du fisc ! » Puis, prenant à la gorge ce pauvre homme qui allait mendier de porie en porte, il lui dit : (r Rends au seigneur roi ce que tu lui dois ! » Aussi, pour payer celte somme si minime,ce pauvre clerc fut obligé pendant longtemps de soutenir sa vie comme un affamé, en faisant des classes, et en vendant des copies de livres aux petits enfants du parvis ^ »
Ces exactions continuelles portèrenl, dès le treizième siècle, une atteinte notable à la considération dont avait joui la papauté, et souvent le clergé répondit par des menaces ou des actes violents aux abus de pouvoir cohk mis par lesouvcrain pontife. Ci tons un exemple cnlremille.
« Vers12i5, dit Mathieu Paris, le seigneur pape (Innocent IV) ;«yant voulu Introduire qu^ques étrangers, ses parents ou ses alliés, dans certaines prébendes vacantes de PÉglise de Lyon, sans consulter le chapitre, les cha-
1 Trad. Haillarrt-Bréliollos, l. vr, p. IH, année 4M0.
noioes deLyoD-kii i^istèrentenfeee, et^luî aflfiriDèreM d-iiD too menaçast et avee serment que, si de telles geos paraissaient à'Lyeo, Bi rarclie?èque ni ies^^baooine&iic pourraieDt em^eber qu'en nèfles noyât dans le Rbène ^. » : Malgré ees laenaces. le pape crut devoir passer ootre, Buâsee f«t pour le malheur de ceux qu'il favorisait. Ed eGEet, le raéiae bistorien raconte, à lr*année 1^1 , qu'une personne qui savait été investie par le pape d*UDepré"> bande de FEglisede Lyon, fut jetée dans le Bbène pei(* dantla nuit, sans que le pontife osât se plaindre.
Les demandes d'argent, sans cesse venaissantes, jusqu*à. la an du seiiîènie siècle, forent une des principales couses qui disposèrent les princes et les populations d*Allemagne et d'Angleterre â embrasser la réforme. En France, où un grand nombre de déclanitions et d'édiis avaient^â diverses époques, cherclié à réprimer cesabus*, le mécontentement n'était pas moins général ; et, s'il fiut en croire Srantème, peu- s'en fallut que François P, malgré son litre de :Roi TrèsrGbrétieti ne se déddât aussi à se soustraire à l'autorité du pape.
« Le grand roy François V^, dit-41, quelque grand zé-
i Trad. HttrHardiBréhtrtles, i. vi, p. 45 t< Voici rimltcaUan de<|ttelques-uiH2s d«<fes dvclai^ations : BlaodeBi^Bt portAOt ^iéfense de fournir stax envoyés de lai cour de Rov^ au£ans deniers, sous prétexte des affaires de la Terre-Sainte, 4â9a.— U 4*2 octobre 1326, défense de lever dans le royaume aucuns deniers poor le pape. — Lettre du 3 oetobre ISS5, portant que les ecdésiastiqaes ne «eioOt pin» -imirsoivis ii riHsoiii ^ droits réckanués pir la eopr de Rome. ^ Arrêt donné par le roi en son conseil et eo parlement coniie les anuates per^iues par la cour de Rome> 1 1 septembre i406. —• Lettres qui ordonnent la cessation des exactions commises sur le clergé ëc'Fnnce par les officiers du pape, IS février 1408. — Édit donné en f a-lement le 17 février 1165 eoBlre les exactions de la cour de Rome.
MOBURS DU CLERGÉ. 591
latettr qu-il fust de l'Eglise romaine, si cuida-t-il s*esbrankr de son obéîssaiice) lorsque luy et le roy d'*ÂDgteterre s'ftssemirièreDt à Bouloigoe et Galaâs; ei qu>D leur entrevue fr*eniredireat leuts grande meseooteDteinents qn*ils avaient, et du pape et de sa cour, pour les grandes extorsions, deniers, annattes, qu'elle tiroU tous les aas de la France et de ses subjects : de sorte que je liens de bon lieu, et sedisoit alors, qu il ëtoit à mêmes de )e re- DODCcr comme TAngloîs; mais le maryage accordé de la niepce du pape et de M. d'Orléans, despuis noire roy Benri II, rabiUa tout ; comme de Tautre costë le maryage de TAnglois avec Anne de Boolen, et dissolution de son premier, gasta tout, et le réfolta cmttre le pape^. »
On sait que les donations arracliées au lit de mort en faveur des églises furent et sont encore une des prinoipales sources des ricbesses accumulées entre les mains du clergé *. Voici comment u» concile tenu à Gashel (Irlande), en 4172, partageait la sueeesslon d'un père de famille.
<( Ton» les fidèles malades ferontlestament en présence de leur confesseur et des voisins, et diviseront leurs biens en trois parts ; Tune pour leurs enfants, l'autre pour leur femme , la troisième ser» consacrée à leurs funérailles, c'est-à-dire, à (aire prier Dieu pour eux '. »
1 Êdlt, dri Pntlièttn; 1. 1. p. t45w
« « Voilà, disâft€hilpérlc, Yoilk qnenoirB'fIttderB«ifr0paiivre«qtt<Mi&s « rieben» soM ta'tosférées mbx églises.; penonife ne rètne, si ce n'est • le» érêques ; notre- di|fiMé périt, et est iniis|iwtée sbï évdques ées « xHét». a -«Ub PoUevln, eompasoon'deCbraMie),' nommé Léeft, disait <|ife Manie (de Tonre) et Mertiil (de timeses), ccevfnmim deDiev, ne •lafsAieiit an flse'fle» qti vaRle.* •
3 Le concile général tenu à Lyon, enr ftW, averlUMfr les éY^nee de ■recommander aux peiiples di^ faire deis legs potir fa Terr^-Satoteei TEm-
5fô CURIOSITES DES TRADITIONS.
Ces immenses richesses des églises et des monastères élaient un objel perpétuel de convoitise pour les princes et les seigneurs laïques ; et, au treizième siècle, plus d'un d'enire eux se souvenant de l^exemple donné jadis par Charles Martel, aurait applaudi à ces paroles , que Guillaume le Breton a mises dans la bouche de Tempereur Olhon lY, haranguant ses chevaliers avant la bataille de Bouvincs : « Combien il sera plus utile et plus avantageux , lorsque j'aurai rétabli la justice, que le chevalier rempli d'activité possède ces champs bien cultivés , ces terres abondantes en toutes sortes de. délices et de richesses , à la place de cette race paresseuse, née seulement pour consommer les fruits de notre sol ; de cette race qui vil d*oisiveté, qui se dessèche à Tombre et sous les toits des maisons; de ces hommes qui vivent inutiles^ dont Tunique occupation est de s'adonner à Bacchus et à Vénus, dont la crapule fait gonûer les membres, incessamment engraissés , et charge le ventre d*uQ énorme embonpoint ^»
La Réforme vint servir à souhait , en Allemagne et eu Angleterre, les désirs de ceux qui convoitaient les riche» dépouilles du clergé. En France, la royauté, épuisée par les guerres civiles, dut récompenser, aux frais de TEglise. dont elle n'avait eu guère à se louer, la noblesse, qui Tapira romain. —Citons encore le fait soivani, qui nous a paru assez curieux. Le 43* canon du conciiede Carthage, en 401 « porte que, si noévêque préfère à l'église, oa des hértUers étrangers qui ne lai soient pas parents, ou même ses parents, s*ils sont bérétiques ou païens, il sera anaihématisé, du moins après sa mort; son nom ne sera point In panni ceux des prêtres du Seigneur, quand même il n'aurait pas fait de testament, puisqu'un évêque doit donner ordre à ses affaires, d'une nière qui convienne à sa profession.
i Rhilippide, cli. 10, collcct. Guizot, t. xii, p. SIC.
vait secondée, et Brantôme, qui, possesseur d'une abbaye, n*éiait pns tout à fait désintéressé dans. la question, o*en dissimule pas sa joie.
a II faut louer meintenant notre grand roy Henri IV, dit-il, de la grande obligation que la noblesse de son royaume luy a, qui ne s*est voulu soucier des crieries et braillerics du clergé , pour frustrer la noblesse des abbayes et biens d'église . qui se voudroit du tout s'approprier et accommoder , y laisser la noblesse en crouppe. A quoy le roy a très bien pourveu par sa grande sagesse et magniGque ; possible aussy par Tinspiration des ombres et âmes généreuses qui, ayant pitié de leurs nepveux et successeurs , ont poussé le roy de leur faire du bien, en rescompense des fautes passées, et de ce que jadis ils avoicnt donné par trop prodigalemeot à VEgUse. Âussy Sa Majesté en a très bien cogneu et considéré , par son grand jugement, que tant de braves gentilshommes françois de noire race et de haut mérite ont la conscience et rhonneur en telle recommandation, quils sçaurront et ont sceu aussy bien ou mieux gouverner et conserver les rescompenses ecclésiastiques que le roy leur donna et leur donne , qu une infinité de gens d'Eglise que je sçay, dont j'en ay boitte, qui boivent, gourmandent et jouent tout ^. )>
Brantôme, au moins, était catholique. Mais on vit, à la même époque, des abbayes possédées par des nobles protestants. Ainsi , par exemple, Pierre d'Escodeça , baron de Pardaillan , posséda , pendant une douzaine d'années, le monastère de Saint-Sulpice , dans le diocèse de Belley *. »
1 Édil. da Panthéon, t. i, p. 250-251.
* Vor. (le curieux détails dans Bayle, art. Bellky.
Non-scnlement la richesse du clergé , maiîs smi ambitîoa et son orgueil aTaicnt soulevé contre loi le fMuvoir séculier, qui fui longtemps, à son égard, dans une dépendance huRYtlianle. Le concile deMàcon, en 5d5, réglait de la manière suivante les honneurs ^e les laïques devaient rcndre.aux ecclésiastiques ^ : « Quand un faîqae, dit-iK rencontre en chemin un clerc qui esl dans les ordres sacrés, il doit s*ineHner devant lui avec une profonde révérence. Si le clerc et le laïque sont à elieval, le laïque le saluera humblement, en se découvrant la tête. Maïs si }e clerc est à pied et le laïque à cheval, celui^i mettra pied à terre, pour rendre les honneurs dus an dcrc qu'il rencontre. »
« Les grands du monde, dit le l*' canon du concile de Troyes , en 878 , porteront respect aux évéques , et ne s*asf eoiront pas devant eux , à moins que la permission ne leur en ait été accordée. » Le 9* canon du concile*de Tribur, en 895, est conçu en ces termes : «Si Tévéque. dans le cours de sa visite diocésaine, e€ le comte du lien ont choisi le même jour pour tenir leur audience, le peuple obéira à Tévéque de préférence au comte, qui sera obligé de se trouver Ini-mèine à Taudience du prélat. On aura néanmoins égard à celui des deux qui aura le premier fixé le jour de son audience. »
* Les membres inrériears da clergé étalent vis-à-vis de leurs snpêrienrs sonmi» à une biénrcbie assez sévère. Le90* canon daoooeflede La«dieée. enSfti, défendait anx dki«re$de ^'ossooir en présence #«n prttre, «ns la permission decelni-ci; les suBs^diacrcs et les clercs devaient rendre le mCme honneur aux diacres. — U y avait aatrefoisaax portes des églises de< rideaax qae les foas-diacres et les antres clercs i&rérienrs devaient lirer quand leurs supérieurs venaient k passer. D*après le 4ô* ranon du rovcile de Narbonne, en 6it9, les contrevenants devaient Cire mis i l'amende* s'ils étaient sons-diacres, et pynis iJu fonet, s*ils étaient clercs d'nn ordre inférieur.
I^OKIURS DU CLERGE. 5ffS
ÂH tretstème siècle, les choses ehanfèrent de faee. En 1^7, lorsdesluuesf de la pa|KiDlé eonire TEimpire, les seigneurs de Fraate , voyant' avec effipof les usurpalioM croissaaies du cierge, formèreiH une ligne, à la tête de laquelle ils mireot les quatre comtes de Bourgogne ^ de Bretagne, d'Ângoulème et de Saiiit-Po]. Dewx textes de leur acte d'association nouls ont été conservés ; et noas croyons devoir donner ici la traéuctîoa de Tutfede ces pièces curieuses*
« Commela monieriedeseiercSyOïAUant que le royaume de France a été converti de^ Terreur des gentils à la foi catholique par les guerres et^par le sang, sous Char* lemagne et d^aatres princes, nous a d'abord séduits paît uoe apparence d'hinnilité, lorsqu'ils se présentaient à noud semblables à -des renards; comme» sortes ruines mêmes des châteaux qui ont été fondés par nous, les clercs absorbent tellement la juridiction des princes- séculiers , qae les fils des serfs jugent selon leurs lots les enfants et les fils des hommes libres, quand, au contraire, selon les lois des premiers conquérants, ils devraient plutôt être JQgés par nous, et quand on ne devrait pas déroger, par de nouvelles constitntîiins , aux cenfumes de- nos prédé-* casseurs ; comme ils nous foni une condition pire que Dieu n'a voulu que fût la condition des gentils , lorsqu'il a dit : « Rendez à <]ésar ce qui est à César , et à Dieu ce qai est à Dieu ; o nous tous, grands du royaume, qui réfléchissons avec alieniion que le royaume- a été acquis non* par le droit écrit ou par l'arrogance des clercs, mais par la valeur des^ guerriers , nous statuons et- sano tioanons ce qui suit par le présent décret , sur* le* serment de tous : aucun clerc ou laïque ne mettra, à J'avenir, personne en cause devant iin jugi^ oiHiioaîve^oucdéfté-
306 CURIOSITES DES TUÂDITIONS.
gué, si ce n'est pour liérésie , mariage ou usures , sous peine , pour ies iransgresseurs , de perdre tous leurs biens, etd*élre mutilés dans un de leurs membres, par le moyen d'exécuteurs désignés et délégués par nous à cet effet; afm que noire juridiction se relève ainsi, et que ces clercs enrichis jusqu'ici par notre appauvrissement, soient ramenés à l'élat de TËgiise primitive, vivent dans la contemplation, tandis que nous, nous mènerons, comme il convient, une vie active ; afin qu'ils fassent renaître les miracles dont le siècle est depuis longtemps privé ^. v
Le pouvoir temporel était tellement uni au pouvoir spirituel des évéques, qu'au milieu du neuvième siècle, les conciles n'avaient pas encore interdit aux prélats d'aller à la guerre. Au concile de Verneuil, en 844, les évéques, a informés que quelquesruns de leurs confrères s'excusaient de rendre le service militaire à cause de la faiblesse de leur corps, et que d'autres en avaient été dispensés par le roi Charles le Chauve, prièrent ce prince de permettre qu'ils remissent la conduite de leurs hommes à l'un de leurs vassaux, p Ëbroin, qui présidait le concile, et le célèbre Loup, abbé de Ferrières, qui en rédigea les canons, s'étaient trouvés tous deux en personne à la bataille livrée, la même année, près d'Ângouléme, par Charles le Chauve à Pépin il , roi d'Aquitaine. Loup y avait été fait prisonnier. Au dixième siècle, dans la chronique de Ricber, on voit plusieurs évéques (Hervé de Reims, Gossclin de Langres , etc.) marcher à la tète des troupes. Depuis cette époque jusqu'au dix-huitième , on pourrait dresser une liste assez longue de prélats qui ont fait la guerre '.
1 Mathien Paris* année 4247, Iradoct. Hnillard-Bréholles, t. ti, p. iN. î Voy. rotivrage de l'abbé de Saiot-Cyran, intitolé : Apolo§ie p^tir
On sail la pari active que les corporaiioDs reHj^ieuscs prirenl aux guerres de la réforme au seizième siècle. Le pape Grégoire XIV, voulani, dans cotte grande lutte, uiiliser jusqu'aux moindres soldats du catholicisme, rendit, le 2 juin 1^91, un breTqui permettait à tous les ecclésiastiques de porter les armes contre les hérétiques. Plus lard, on n*eut guère recours h ces troupes mal exercées, que dans des cas isolés , comme, par exemple, lors de la révolte des Vignerons, qui éclata à Dijon , le 20 février 1630, et qui est connue sous le nom de Lanturelu. Elles y furent, du reste, d'un fort petit secours, à en Juger par le récit suivant d*un témoin oculaire, a Par ordonnance publique, dit-il, on a convoqué tous les ecclésiastiques, exempts et non exempts, séculiers et réguliers, avec bâtons ferrés et non ferrés. G*est donc plaisir, tous les soirs, de voir entrer les braves champions en garde. Dimanche dernier , le doyen de la Sainte-Chapelle marchait en tête, avec la pique et le hausse-col, suivi d*un rang de mousquetaires, composé de quatre cluinoines de la Sainte-Chapelle, avec des baudriers, Tespadon, la baudolière, le mousquet, la fourchetie et le chapeau retroussé avec la plume noire , suivi d'un autre rang de chanoines de Saint-Etienne, ceux-là de quatre moines de Sainte- Bénigne, et ceux-ci de sept ou huit files de prêtres habitués dans les paroisses, et pour Tarrière-ban, de deux jésuites en manteau court et soutane retroussée, avec chacun un brind*estoc rouillé dès le temps que le connéloblc de Gasliiie vint au secours de feu monseigneur du Maine.
messire Henrif-Louyê Chastaignler de la Rochepjsay, évêque de PoUiers, contre ceux qui disent qu'il n'est pas permis aux ecclésiastiques d'avoir recours aux armes, en cas de nécessité, 4(}I5, in-8. On trouve à b Qu du Toinme une liste des prélats qui ont porté les armes.