J98 CURIOSITÉS DES TRADITIONS
Deux bons Pères de TOratoire venaient après , ruo avec la hallebarde, et Pautre le roonsquet; r^sconade était fermée de trois frères carmes réformés, avec la baudolière rerte, le coutelas pendant et le mousquet, leurs habîfs relevés à la ceint tire... Pour la faction, voici ce qui s'y passa... Chacun y fit sentinelle à ^on tour; et on renoarqua qnc le Père de l'Oratoire, an lieu de dire: Qui va là? aux passants, disait; d'un tordîon detéie à la mode et avec un sourire : « Monsieur- on madame, je voussoppfie, pour Pamour de Notre-Seigneur , demeurez là , s'il vous plaît , en attendant que j'aie averti N. notre caporal ; car ainsi me la-t^on ordonné. » Et pnis, laissant son poste , il s'en venait au corps dé garde, à pas coonplés, dire : « Monsieur lé caporal , s'il vous plaît de venir là; queltiu'un désire de passer... » Au reste, la plupart sont si bien duits de deçà aux exercices de Mars , qu*un cor^ ddier menant sa ronde, an moindi'e arrêt qu'une sentinelle lui fit, dit le mot tout haut, afin de passer. D'autres équivoquent au mol^ et au lieu de dire saint LUc, disent saint Jacques, ce qui le plus souvent les nret aux termes de se couper la gorge. Voilà où les Vignerons nous ont réduits ^ï)
Nous avons vu plus haut que des hommes, poor échapper à l'ordination, s'accusaient de crimes qu'ils n'avaient point commis. C'était là rexccption; car d^à; da temps dé saint Jérôme , des motifs bien mondains poussaient dans les ordres une foule d'individus.
« Il y en a, dit-îl , qui ne s'élèvent à l'ordre do dtaco- (f nat et de la prêtrise qu'afin d'avoir plus de liberté de « voir les femmes. Ceux-là n'ont point d'antre soin qoe
1 Celte lettre, écrite par un D'jonnais à qd liabHnit' xIcp PftHs, a été publiée pour la [ircmi^re fois, en 183t,dans ia Rèpue rèlrmpeetive.
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cf d*aToir des iiabiis bien parfumés , la penii df^s pieds « bien noie , de friser leurs chevevx , et de porier iw «doigt des bagues qui jettent beaucoup d edat. A leur « air, on les prendrait plutôt pour de jeunes mariés qnc « pour des ecclésiastiques.
(( Je vais vous faire, en peu de* mois , le portrait d^ini « de ces gensT-là, qui, par ses artifices et ses souplesses, «r lient le premier rang parmi eux. Aussitôt qnele soleil « commence à paraître, il sortpromptementdnlit, règh* (( Fordre de ses visites, prend le cberain le plus couri; « souvent ce vieillard importun va trouver les personnes « jusqu'au lit. Voit-il quelque nappe bien travaillée, quci- « que coussin bien propre ou quelque autre meuble de « cette espèce , il le loue, l'admire , le manie , rnrraclie a plutôt qu'il ne Tobtient. Il JHge d'un repas par le fumet « des viandes; et comme H est fort friand de volailles, a et particulièrement de petites grues, on rappelle com - (( mnnémeni le Gruau ^. »
La coutume de vouer les* enfants à Dieu, coutume qui remonte au judaïsme, a* reçu la sanction de divers conciles. Le t* canon du concile de Tolède, en 656, décide qu'on obligera les enfants à qui leurs parents ont fait donner la tonsure et Thabit de religion, de vWre en cet état, et que les parents auront le pouvoir d'offiir leurs enfants pour être religieux avant que ceux-ci nient atteint Page de dix ans. Plus tard, il fallait obtenir le consentement des enfants, formalité qui, à tm âge aussi tendre, semble assez illusoire. Le canon 40 du
* Ce passage a été cité par M. Dapin dans nn plaidoyer prononré, le f4 janvier 1850, en faveardu Constitutionnel, accusé d*oat rage à la morale publique pour avoir signalé à Topluion les actes des missionnaires de a petite ville deCroi.