‹ Curiosités des traditions, des moeurs et des légendesChapitre 54 sur 68 · N> CURIOSITES DES TRADITIONS · texte numérisé non relu

N> CURIOSITES DES TRADITIONS

conc.le de Gonslantinoplc, en 692, permettait de recevoir des moines dès l'âge de dix ans. Ces décisions , qui avaient pour résaltat de jeter au sein du clergé des individus peu propres à la vie à laquelle on les avait voués, furent confirmées par le canon suivant (le 2à^) du concile de Worms, en 862.

a 11 n'est pas permis, dit-il, à ceux qui ont été offerts, dans leur enfance, par leurs parents , à des monastères, et qui y ont été élevés dans la discipline régulière, d'en sortir et de quitter Télat monastique, quand ils sont parvenus à Tâge de puberté. »

A la fui du onzième siècle, suivant Guibert de Nogent, « les plus nnciens monastères étaient réduits à un petit nombre de zélés; et parmi eux, il s'en trouvait très-peu qui eussent rejeté ce siècle par dégoût pour le péché; mais c'étaient, pour la plupart, des bommes voués à Tétât monastique par la volonté de leurs parents.... Aussi, lorsqu'ils arrivaient à obtenir Fadministration des aHaires ecclésiastiques , ils saisissaient avec empressement cette occasion facile de dilapider les ricbesses des églises, et de prodiguer en folles dépenses les revenus dont elles jouissaient ^ »

Le clergé et les ordres monastiques se recrutant ainsi, ou no doit pas s'étonner des désordres de tout genre qui (>clni;)icnt dans leur sein. Nous aurions eu fort à faire, si nous avions voulu relever, soit dans les conciles ou dans les cbroniqueurs, soit dans les écrivains ecclésiastiques, ou dans les poètes, toutes les peintures, toutes les satires dcmt les prêtres et les moines ont été Tobjet; et, il faut bien le dire, ce ne sont pas les ennemis

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acharoés de l'Eglise, ce ne sont pas les protestants ou les incrédules qui ont signalé avec le plus d*énergie les vices scandaleux dont était souillé le cailiolicisnle. La simonie, la débauche, Tinsaliable cupidité, l'ignorance des membres du clergé et des ordres monastiques , n'ont jamais été attaquées avec plus de violence que par les Pères de TEglise, les prédicateurs et les auteurs ecclésiastiqaes des diverses époques. Ces faits, d'ailleurs ^ sont trop connus aujourd'hui pour que nous ayons besoin de nous y arrêter. Si Ton vent seulement savoir quelle peut être la conclusion de ce chapitre, nous le dirons en peu de mots.

liin étudiant rblstoire aux sources originales, on est étonné de ne trouver nulle part cet âge d'or du christianisme, que Ton veut placer dans les premiers siècles. Dès son origine, TËglise vit éclore dans son sein les désordres les plus honteux ; et se figurer qu'il en était autrement, c'est tomber dans une étrange erreur. Nous devons le dire toutefois : jusqo*au moment où les lumières pénétrèrent dans les masses, l'Eglise fut à la tête de la civilisation ; en dépit de ses fautes nombreuses , ses mœurs furent toujours meilleures que celles du monde qui l'entourait. Mais lorsque la discussion vint ébranler ks croyances religieuses, là société, en perdant sa ferveur, ne cessa pas, quoi qu'on en dise, de s'améliorer peu à peu* Ghaqfue génération valut mieux que celle qui l'avait précédée, et nous autres , à notre tour, ttous valons mieux que nos aïeux. Il en (ut de même pour le clergé. Si aujourd'hui ses convictions sont moins profondes, si sa foi est moins vive, pourtant, malgré^l^ reproches graves et mérités qu'on petit lui adresser, jamais, à aucune époque, ses moeurs n'ont été aussi

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pure» et aussi régulières. G*est là une vérité que nous BOUS plaisoBS àvecamuiibre.

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