‹ Curiosités des traditions, des moeurs et des légendesChapitre 56 sur 68 · ASILES · texte numérisé non relu

ASILES

Le plus ancien lieu d*asile chez les Grecs, au dire de Servius, fui celui que les Héraclides iiisliluèrcnl à Aihônes, et qui, suivant quelques autours, était destiné à fous les suppliants, et, suivant d*autres, seulementaux enfants maltraités par leurs parents. Les temples, les autels, les tombeaux, et même les statues des demi-dieux et des héros étaient regardés comme des asiles inviolables. Malgré les châtiments qu6 les légendes rapportaient avoir été infligés aux violateurs d'asiles, on ehereliait souvent à éluder la loi qui protégeait le suppliant. Ainsi les Lacédémonîens laissèrent mourir de faim dans le temple de Minerve .Chalcique leur roi Pausanias, qui s*y était réfugié. — Parfois on allumait des feux auprès dos autels pour en éloigner les criminels.

Au premier siècle de notre ère , les lieux d*asile s'étaient tellement multipliés, que Tibère chargea le sénat d*en diminuer le nombre. (( De jour en jour, dit Tacite, la licence et Timpuiiité des agiles se muliipliaient dans les villes de la Grèce : les temples se remplissaient d'esclaves pervers, les débiteurs s'y dérobaient à leurs créanciers, les grands coupables à la justice; et nulle autorité ne pouvait arrêter les mouvements du peupic, qui croyait défendre ses dieux en proté^^eant des scélérats. Les villes eurent or.lre d'envoyer leurs titres d'asile et des députés ; quelques unes renoncèrent d'elles-mêmes à des usurpations manifestes, mais plusieurs ^ fondaient sur des traditions anciennes ou sur des services rendus au peuple romain... Enfm les pères, fatigués de tant de discassions et des vifs débats qu'elles oc*

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