DU TASSE
La prison du Tasse à Ferrare offre , sur la muraille , les noms de lord Byron , de Casimir Delavigne , et les vers de Lamartine sur le Tasse, tracés au crayon et horriblement estropiés par le poète anglais qui a dû être pauvre juge de l'harmonie des vers que lui avait adressés notre premier lyrique. Les voici transcrits littéralement :
u La le Tasse brul d'un flame fatal « Expiant dans les fers sa gloire et son amur « Quand il va recevoir la palm trionfal « Descand au noyr seyur. »
Byron.
Lord Byron s'était fait enfermer par le portier dans cette prison du Tasse , il y était resté deux heures s'agitant, se promenant à grands pas, se frappant le front , ou la tête baissée sur la poitrine et les bras pendants, selon le rapport du portier qui l'avait épié; et lorsque celui-ci vint le tirer de sa méditation, il lui dit, en lui donnant la pièce : Ti ringrazio, buon uomo, , i pensieri del Tasso stanno or a tutti nella mia mente * e net mio cuore. Peu de temps après son départ de Ferrare il composa ses Lamentations du Tasse, qui se ressentent médiocrement d'une telle inspiration.
Malgré ces poétiques autorités, malgré l'inscription i mise sur la route : Ingresso alla prigione di Torquato Tasso y une autre inscription intérieure et la restauration en 1812, de cette prétendue prison, par le préfet du département, il est impossible de reconnaître
la véritable prison du Tasse dans l'espèce de trou humide, sale, obscur, que l'on donne pour elle. Comment supposer un seul instant que le Tasse , avec sa gigantesque stature , ait pu habiter seulement les vingtdeux premiers mois de sa captivité dans un pareil eîte y revoir son poème et y composer ses divers dialogues philosophiques à la manière de Platon? Il y aurait écrit , au mois de mai de l'année 1580, le dialogue du JSinfo ou del Piacere, selon une note mise en marée du manuscrit autographe de la bibliothèque de Modene, par le jeune et généreux comte Jules Mosti, neveu du rigoureux Augustin Mosti , prieur de l'hôpital Sainte-Anne qui, élève de l'Arioste , eut le tort de maltraiter le Tasse. J'eus occasion, le soir, de consulter a ce sujet quelques hommes instruits de Ferrare et j appris que pas un d'eux ne croyait à cette tradil tion contredite par les faits historiques et l'examen des lieux. La chambre voûtée n'est haute que de 2 mètres ôl centim. , et longue de 6 mètres 45 centim. sur une largeur de 3 mètres 18 centim. Il semble que le sort du Tasse n'a pas besoin , pour attendrir, de l'excès de souffrance qu'il eût éprouvé dans ce cachot. La disgrâce d'Alphonse devait suffire à ses tourments : quelques dédains de Louis XIV ont fait mourir Racine, et suide pareilles âmes les douleurs morales ont bien plus de prise que les gênes du corps. M. -de Staël, si portée a la commisération envers le malheur illustre, a échappé au roman de la loge de Ferrare; Goethe, d'après le rapport d'un voyageur spirituel', soutient que la prison du fasse est un conte , et qu'il a fait là-dessus de grandes recherches. La lecture des diverses Vies du Tasse sa correspondance, la meilleure de ses Vies m'ont persuade que son emprisonnement à l'hôpital Sainte-Anne a bien plus de rapports avec ce que l'on a depuis ap-
1 M. Ampère , dans une lettre écrite de Weimar, le 9 mai 1827.
pelé une détention dans une maison de santé , avec les tracasseries et les vexations de la police qu'avec une mise au cachot.
Le Tasse entra à l'hôpital Sainte-Anne au mois de mars 1579, l'année même où mourait à la sortie d'un autre hôpital , le Gamoëns, dont il avait chanté l'harmonieuse épopée dans le beau sonnet :
Vasco, le eux felici, ardite antenne.
Il est convenu lui-même qu'au commencement de ses persécutions, Alphonse lui montrait une affection moins de prince , que de père ou de frère. Il n'est guère possible non plus d'attribuer la démence apparente dans laquelle le vit Montaigne, la seconde année de sa captivité (novembre 1580), à cet excès de continence allégué assez peu délicatement en ces termes, par Ginguené : « Il ne paraît pas que la nature l'eût h constitué pour être chaste ; la nature, quoi qu'on « fasse, réclame impérieusement ses droits1. » Cet état doit être attribué bien plutôt « à cette sienne « vivacité meurtrière , à cette clarté qui l'a aveuglé , « à cette exacte et tendue appréhension de la raison « qui l'a mis sans raison, à la curieuse et laborieuse « queste des sciences qui l'a conduict à la bestise, à « cette rare aptitude aux exercices de l'ame qui l'a « rendu sans exercice et sans ame » , comme dit cet autre poète; car l'imagination du style peut mériter à Montaigne un pareil titre. On peut juger de la sensibilité et de l'inquiétude naturelles qui avaient déjà donné au Tasse plus d'un vertige, par ce passage d'une lettre très aimable et très raisonnable de son compatriote et ami, le cardinal Albano, écrite en 1578, une année avant l'entrée à l'hôpital Sainte-Anne : « Vous ne pour « vie/, employer de moyen plus efficace pour obtenir « votre pardon , pour recouvrer l'honneur et donner
, HUL litt. d'Italie, t. V, p. 2/i8-9.
consolation à moi et à vos amis, que de confesser la « faute que vous avez commise en vous défiant indiffé- « remment de chacun, ce qui a été non moins digne « de risée que de compassion. Plaise à Dieu que, « comme vous vous apercevez maintenant de Terreur, « vous la reconnaissiez encore entièrement pour l'ave- « 11 ir; et vous devez le faire désormais, car je vous « assure qu'il n'est personne qui pense ou tente en « aucune manière de vous offenser.... Par les effets « vous avez pu , vous pouvez connaître que vos craini tes et vos soupçons ne sont que fausses imagina- « tions.... Et parce qu'il faut arracher tout-à-fait la « racine de l'humeur peccante, ce qu'on ne peut faire « sans remède , décidez-vous à vous laisser purger par « les médecins, conseiller par les amis et gouverner « par vos protecteurs (padroni) ». » On croirait lire une lettre adressée à Jean-Jacques par un ami, s'il avait pu en avoir, lorsqu'il était chez le maréchal de Luxembourg, nobile e virtuoso signore -3 comme le marquis d'Esté, auprès duquel se trouvait alors le Tasse. Les lettres du poète expriment sans cesse avec moins d'orgueil , la même méfiance que celle du philosophe ; l'expression même paraît quelquefois semblable: « N'usez point envers moi, écrit le Tasse à Luca Scaiabrino, de Ferrare 2, de quelque artifice L-ourtisanesque (artificio cortigiano) . »
Le Tasse, sorti de sa première prison, obtint vers le mois de décembre une grande et commode chambre m il pouvait philosopher et se promener. Il y reçut au printemps la visite de Scipion Gonzaga , prince de Mantoue. L'année suivante , il fut conduit au mois de uillet dans le château de la belle Marfise d'Esté, princesse de Massa , qui en avait obtenu la permission l'Alphonse. Il disserta toute une journée sur l'amour
, Let. inecl. L.
2 Let. inetL XXXIX.
*21ll PRISON, FOLIE ET AMOURS DU TASSE.
avec elle et deux de ses dames belle e va/orose , comme dit son historien : c'étaient la signora Ginevra Marzia et la dame d'honneur de Marlise , la célèbre Tarquinia Molza , elle-même savante, musicienne et poète, mais qui plus tard, distraite sans doute par l'étude ou les conversations sentimentales , et moins exacte que M.mc de Tencin, oublia de lui envoyer les hauts-dechausses qu'elle lui avait promis, et l'exposa à n'avoir pas de quoi changer \ Le Tasse lit de cet entretien son dialogue peu connu 5 intitulé : La Molza ovvero delV amore, composé en 1583, publié à Venise en 1587. Il y peint l'embarras qu'il éprouva, en paraissant devant la princesse, quoiqu'elle l'eût invité à se rassurer. Après les premières paroles, il ne savait plus trop que dire, lorsque la signora Tarquinia l'invita, à peu près comme la duchesse de la Ferté , M.lle Delaunay, à parler de quelque chose (ragionasse cïalcuna cosa). Amené par Marlise à donner une nouvelle définition de l'amour, il s'assit d'après son ordre, ce qu'il n'avait point encore fait, plusieurs autres demoiselles présentes à cette scène étant debout. Le Tasse exprime d'abord la difficulté qu'il éprouve , lui vieil amant (vecchio amante) et vieilli dans le chagrin, à définir l'amour. Afin d'avoir le temps de rassembler ses propres idées, il ajoute qu'il rappellera les opinions qui ont précédé la sienne sur le même sujet. Si le Tasse, indépendamment de cet artifice dont il convient , cite un peu trop les autorités d'Orphée, d'Homère, d'Euripide, de Platon sur-tout, d'Aristote, de Lucrèce, de Marc-Aurèle, de Plotin, de saint Augustin, de saint Thomas, etc. ; on voit par les réponses et les objections des dames, qu'il n'y avait point là de pédantisme, qu'une pareille langue était familière à cette société
1 Voir la lettre du Tasse écrite de Mantoue à J.-B. Licino, insérée dans le recueil autographe qui se trouve à la bibliothèque du palais L'itti, et qu'a publié en 1821, M. Bernardoni.
sentimentale et érudite, sorte d'hôtel Rambouillet italien avec plus de goût , de savoir et d'imagination. La signora Tarquinia Molza , la principale interlocutrice qui a donné son nom au dialogue, avait alors trenteneuf ans. De tels entretiens plaisent assez ordinairement aux femmes de cet âge; au défaut de sentiments moins vifs, des séductions qui peut-être leur échappent, elles se réfugient dans l'examen et la dissertation. Une des idées les plus extraordinaires de la Molza, est ce nouveau genre d'amour que le Tasse définit subtilement « un repos dans ce qui plaît [una quiète net piacevole) » , et l'on comprend très bien l'exclamation de la signora Ginevra, qui s'écrie en véritable Italienne : « Comment! l'amour dans le repos? qu'y a-t-il déplus inquiet que les amants? [Corne! V amore nella quiète? c/ie fu mai pià inquiet o degli amanti?) »
Le Tasse paraît alors livré à de grandes lectures historiques , poétiques, philosophiques et grammaticales. C'est à cette époque qu'il remercie Aide le Jeune de lui avoir envoyé la Fabbrica e le Ricckezze délia lingua toscana, les Asolani et le Corbaccio; il se plaint et regrette vivement de n'avoir point reçu la Somme de Théologie de saint Thomas, livre qu'il désirait bien davantage; il demande un Calepin ., la Fiammetta , les Histoires de Bembo, mais non ses Lettres qu'un libraire de Ferrare lui a procurées. Les goûts de lecture du Tasse sembleront assez étranges chez un poète; c'est ainsi que la première année de sa liberté, et lorsqu'on pourrait le croire occupé d'en jouir, il prie Aide de lui envoyer les œuvres de saint Grégoire de Nazianze et le Commentaire d'Alexandre sur la Métaphysique1. La visite d'Aide le Jeune est du mois de septembre 1582 : il lui porta quelques-unes des belles éditions de son imprimerie , dont le Tasse fut enchanté comme
x Let. ined, GCXCII.
un bibliographe; ils passèrent deux jours ensemble a s'entretenir de leurs études et de leurs travaux; et le poète , à la prière d'Aide , composa deux sonnets pour sa vie de Corne I.cr. Au mois de décembre, François Terzi, célèbre peintre, graveur et lettré de Bergaine, compatriote de sa famille et adressé par Aide , vint le consulter sur une de ses importantes publications. Ils parlèrent de peinture , de statuaire pour laquelle le Tasse convient qu'il n'a pas moins de goût que pour la peinture , et l'artiste lui offrit un exemplaire de ses soixante-douze Portraits des invincibles princes de la maison d'Autriche1 , bel ouvrage encore estimé pour la ressemblance , l'expression , la richesse, la variété des costumes et des armures.
L'année 1583 s'ouvrit d'une manière agréable pour le Tasse. L'un de ses bienfaiteurs , don Ferrante Gonzaga, seigneur de Guastalla, qui lui avait envoyé en 1581 , un présent de cinquante écus d'or, lorsqu'Alde Manuce dédia, la même année , à ce prince très lettré et poète, la première édition de YAminte^ députa à l'auteur un autre poète Muzio Manfredi. Ces petites cours italiennes semblent plutôt de vraies académies que des puissances politiques. Manfredi , qui venait de terminer sa tragédie de Sëmiramis^ la soumit au détenu de Sainte-Anne, qu'il trouva dans un état mental excellent (è assai in cervello). Si le due Alphonse crut devoir accuser de folie le Tasse, répréhensible et peut-être coupable2, c'était un subterfuge de l'amitié, une peine modérée dans un temps où les autres princes punissaient par la mort ou le cachot de semblables écarts ; si le Tasse crut un moment de son intérêt de consentir à une telle imputation % elle n'était point fondée, et ce
• Venise, 1569, in-folio.
2 V. ci-après, page 287 et suis.
3 V. le singulier passage de sa lettre au duc d'Urhin , dans lequel il dit qu'il ne trouve point de honte à passer pour un troisième fou après Solon etBrutus.
noble esprit, malgré les transports qui l'agitèrent, ne fut jamais privé ni de sa lumière ni de sa raison.
Attirés par la gloire que lui valait son poème, bien que publié incorrect et incomplet, des lettrés distingués se rendaient à Ferrare pour le connaître et l'entendre. Tel fut le jeune gentilhomme bolonais, Jules Segni, élégant poète latin , qui se fit recommander par le professeur de droit à l'Université , Papio , très lié avec le Tasse. L'impression qu'il ressentit à sa première visite, le 23 janvier 1583 , le rendit presque muet et stupide; mais il se releva à la seconde, montra ses vers qui furent trouvés beaux, et devint un des plus fidèles amis du captif. Le fameux philosophe et érudit Jules Guastavini, qui se montra depuis un si ardent champion de la Jérusalem , arriva de Gênes, ainsi que son compatriote, le fécond peintre Bernard Gastello. Ce dernier, ami , correspondant du cav. Marin chanté par lui , par la plupart des poètes de son temps et même par le Tasse, exécuta les beaux dessins de la Jérusalem 3 dont neuf furent gravés par Augustin Carrache. Mais la plus chère de ces visites dut être celle de l'aimable, du tendre père Ange Grillo , bénédictin et bon poète lyrique, accouru de Brescia, qui ne put se séparer de lui qu'à la nuit, qui obtint souvent de retourner à Sainte- Anne passer des jours entiers pendant le mois qu'il résida à Ferrare , et qui écrivait qu'une telle prison lui était plus douce que la liberté et que tous les plaisirs ».
Cette même année , 1583 , le Tasse fait une grave maladie sur laquelle il consulte son ami, le célèbre médecin et professeur Jérôme Mercuriale. Mais on voit qu'il était un malade fort récalcitrant et qu'il ne pouvait se résigner à l'abstinence complète du vin , prescrite par le docteur. Il ne consentait à prendre que des médicaments agréables , et les médecins ne lui paraissent habiles qu'autant qu'ils savent en trouver;
' LeL à son frère Paul Grillo.
L'cccellenza de' medici consiste in buona parte in dur le medicine non solo salulifere ma piacevoli l.
11 paraît au moment d'obtenir sa liberté en 1584. Alphonse, sur les instances du cardinal Albano et de la duchesse de Mantoue , la lui promet dans son palais en présence de chevaliers français et italiens. 11 visite les églises et les monastères , il va dans le monde chez les seigneurs et les dames de la cour, et particulièrement chez la signora Tarquinia Molza qui, depuis les trois années du dialogue sur r Amour, avait franchi les quarante ans , et dont les raisonnements devaient avoir acquis bien plus de profondeur. Plusieurs dialogues furent le fruit de ces divers entretiens philosophiques ou littéraires 2 et il fit, après le carnaval , auquel il avait assisté avec un extrême plaisir, le dialogue touchant et agréable, intitulé il Gianluca ou délie Maschere (des masques). Le Tasse , dans ce dialogue, s'excuse de se masquer, à cause de sa maturité : « Les joies sont conformes à l'âge des hommes , comme les fruits aux saisons; ainsi, ce qui charme la jeunesse, ne plaît pas ordinairement de même à l'âge mûr (L'allegrezze sono conformi ail' età degli uomini siccome i frutti aile stagionij laon.de quel cite diletta alla giovinezza non suol piacere aiï età ma tara parimente). » Un des interlocuteurs , Alberto Parma , savant gentilhomme de Modène, lui répond avec esprit et non moins poétiquement : « Comme le commencement de l'été est semblable à la lin du printemps , et que quand l'été fait place à l'automne, la température de l'un et de l'autre est très semblable , ainsi, votre âge viril est encore sur les confins de la jeunesse [Siccome al fine délia primavera è simi g liante nelle sue qualité il principio delta state,
1 Lct. à Biagio Bcrnardi.
5 Ces dialogues sont : II Bellramo ovvero délia Cortesia; UMalpiglio ovvero délia Cor le ; il (llrirlinsone, ovvero de II' Epita/fio; la Cavaletta ovvero délia poesia Toscana ; il Uangone ovvero délia Pace,
e quando ella concède il luogo ait' autunno è mollo shnile la tempcratura dell' wiOj e dell3 altro : cosi la vostra età virile è nei confini ancora délia giovinezza), »On voit par ce dialogue quelle était alors la fureur des masques à Ferrare ; princes, chevaliers, docteurs, prélats, tout le monde se déguise. La magnificence de la cour d'Alphonse , dit le Tasse (toujours désigné sous le nom de Forestière napolitano , comme dans Platon , Socrate sous celui de l'hôte athénien), égale toutes les pompes des rois et des empereurs et n'est point inférieure aux descriptions des historiens ou des poètes. Le Tasse termine son dialogue par cette conclusion assez étrange, que s'il est excusable de se masquer, cela ne mérite point d'être loué.
L'auteur de la Jérusalem était quelquefois mené dans ses courses , par le comte Jérôme Pepoli , de l'illustre famille de Bologne , qui s'honore aujourd'hui d'un poète distingué, M. le comte Charles Pepoli, jeté par l'exil , comme Foscolo , sous le ciel épais, brumeux de l'Angleterre, mais qui, au lieu d'une existence indignée, isolée, souffrante, a trouvé de doux chants pour célébrer les félicités conjugales qui l'ont accueilli et consolé. L'envoi, fait par le Tasse, le 13 juillet, d'un de ses dialogues, il Rangone, ovvero délia Pace, adressé à la grande-duchesse de Toscane, l'aventureuse et séduisante Bianca Capello , est daté dalle sue stanze in S. Anna, ce qui semble indiquer une espèce d'appartement. L'éloge qu'il fait de la vertu non commune de Bianca [non usata virtu) , rappelle celui de Lucrèce Borgia , par l'Arioste l , et les éloges du même genre , prodigués par Brantôme à ses dames illustres ou galantes. Alors , la vertu des femmes était tout autre chose que la chasteté.
L'année 1585 fut pour le poète une année de calamités. Alors parurent les envieuses critiques de son