LE DOMINIQLIN A LA VILLA ALDOBRANDINI
mais resté d'un talent médiocre malgré ses avis. Passeri , devenu son ami et son biographe, donne de curieux détails sur ses travaux, ses divertissements et la vie qu'il menait à la villa. Le Dominiquin avait été reçu avec honnêteté, par le concierge Ventura, de Bologne , quoique celui-ci l'eût pris pour un paysan, Dès que le cardinal Hippolyte Aldobrandini fut informé de l'arrivée de l'artiste, il lui envoya courtoisement, de Rome, son secrétaire François Angeloni , le savant antiquaire, l'ami du Poussin , pour le remercier de s'être arrêté chez lui , et pour donner ordre à Ventura de ne le laisser manquer de rien: « Dominique, raconte Passeri, « venait quelquefois parmi nous , et , chantant avec « gaîté, cherchait à se distraire le plus possible. La « nuit, le travail fini, nous nous retirions dans nos « chambres , et lui, d'ordinaire , restait seul à dessiner « et ne voulait point être vu. Mais , parfois, pour pas- « ser le temps , il faisait diverses caricatures de nous « tous et de ceux qui se trouvaient alors à la villa. « Quand il parvenait à se satisfaire, il partait d'énor- « mes éclats de rire. Nous, qui étions ses voisins de « chambre , accourions pour en savoir la cause , et « alors il nous montrait ses spirituelles drôleries. Il fit « mon portrait avec la charge d'une guitare à la main ; « celui du Canini, autre peintre qui travaillait avec « Passeri à la chapelle de Saint-Sébastien , à la villa « Aldobrandini, celui du concierge qui était tour- « mente par la goutte, celui du sous -concierge qui « était de visage ridicule ; mais, afin que nous ne nous « fâchions pas de ses caricatures, il en faisait de lui* « même *. »
Le jour de la découverte des fresques du Dominiquin, le cardinal Aldobrandini se rendit à la villa et voulut dîner à la salle d'Apollon. 11 donna l'ordre à
» Vite de* Vitlori, Srultori c Arclrilclli clwhanno lavorato in llomu, p. 39.