DES LÉGATIONS. — ADMINISTRATION SÉCULIÈRE SOUS L'AUTORITÉ PONTIFICALE
Les légations de l'Etat-Romain peuvent être comparées, pour le genre et l'étendue de l'autorité de ceux qui les gouvernent, à des espèces de pachaliks : le pouvoir ecclésiastique , s'il ne tue pas, y remplace d'une façon non moins arbitraire , non moins absolue , le pouvoir militaire. L'arbitraire des légats est même franc et ingénu. C'est ainsi que, dans les édits sur les spectacles et pour le carnaval ou les courses des chevaux (barberi) , après avoir menacé les délinquants de l'amende , de la prison, des galères , on ajoute la formule ed altre perte ad arbifrio. Cette action violente du sacerdoce , blesse et irrite certaines âmes élevées; elle va même jusqu'à les jeter hors du christianisme et quelquefois à les tourner contre lui, qui n'en peut mais. Quant à la civilisation , je ne serais point surpris qu'avec le mouvement imprimé de nos jours en Orient , quelques-uns des vrais pachas, malgré le génie barbare de l'islamisme, ne fussent moins arriérés que certains légats. La politesse des pachas, remarquée par M. le baron Th. Renouard de Bussière dans ses intéressantes Lettres sur l'Orient , publiées en 1829 l , est un autre trait qui les rapproche assez des cardinaux légats, si affables et si obligeants.
Une circonstance ajoute encore à l'inconvénient <l< l'administration surannée des légats. Ils sont, le plus souvent, nés hors de l'Etat donl ils gouvernent mo-