‹ Curiosites et anecdotes italiennes--Chapitre 41 sur 53 · LA CHOLÉRA A NAPLES · texte numérisé non relu

LA CHOLÉRA A NAPLES

Les plus actives , les plus sages précautions avaient été prises. Dès Tannée 1835 il existait dans chaque quartier des commissions de salubrité ; les prisons étaient chaque jour assainies et nettoyées et les prisonniers abondamment pourvus de linge et d'habits. Un grand nombre d'édifices publics placés dans les diverses parties de la ville , se transformèrent en hôpitaux , afin d'ajouter à la facilité et à la promptitude des secours. Le zèle et l'intelligence furent tels , que ces hôpitaux offrirent des résultats égaux et même supérieurs à ceux qu'obtenaient à Paris la science et le courage de nos médecins1. L'ordre et la décence régnèrent jusque dans les cimetières; les morts étaient transportés de nuit et placés dans des fosses profondes bien recouvertes, et il n'y eut, je crois, d'excès dans tout ce choléra que l'ancienne et inévitable ivresse des fossoyeurs.

La première apparition du choléra fut le 2 octobre 1836. Déjà il sévissait dans la Pouille ; mais tels étaient la beauté de la saison , le pur éclat du ciel, la douceur des nuits sans humidité , l'absence des plus légers symptômes, qu'il paraissait impossible de croire à l'invasion du fléau. L'illusion populaire était partagée et flattée par la science d'illustres médecins étrangers qui se trouvaient à Naples. Lorsque le docteur Rocco Brandonisio d'Acqua-Viva prophétisa le choléra , ses paroles n'avaient excité que les malédictions du peuple et le dédain de ses confrères. Ce choléra , pendant les cinq mois qu'il dura, jusqu'au 7 mars 1837, n'enleva que 6,200 habitants. 11 reparut bientôt plus

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