LE CHOLÉRA A NAPLES
terrible, du 13 avril au 25 septembre; ses ravages montèrent à 50,000 personnes; dans la journée du 28 juin il en avait détruit au-delà de 1,000, quoique les bulletins n'en accusassent que 591 ; et en moins d'un mois, Naples perdit le sixième de sa population si vive , si bruyante et si entassée.
Cette terre, ce ciel, cette mer dont le sourire attire de si loin les voyageurs , semblaient redoutables et ennemis. Le nombre des passeports , qui par année est d'environ 6,000% ce qui donne une moyenne de 20,000 étrangers , ne s'éleva pas à la moitié en 1837. Plusieurs de ces étrangers rivalisèrent de zèle et d'humanité avec les Napolitains. Un Anglais établi à Chiaja, après avoir secouru ardemment les cholériques, fonda un hospice pour les enfants devenus orphelins; il avait pour acolyte un prêtre napolitain, dont je regrette aussi de ne pouvoir retrouver le nom. La reine Marie- Isabelle et la haute société de Chiaja continuent à ce dernier, par souscription , des secours qui maintiennent l'établissement. L'archevêque de Naples, le cardinal Carracciolo de Martino, a également créé un refuge pour les orphelins du choléra.
Mais le héros du choléra fut le nonce Ferretti, d'une ancienne famille d'Ancône , aujourd'hui cardinal et évêque d'Imola , homme intrépide , aventureux. Légat à Rieti, il arrêta en 1831 l'armée des insurgés bolonais marchant sur Rome sous le commandement du brave Cercognani, ancien soldat de notre armée, qui l'avait, il est vrai , assez mal attaquée. La charité de Ferretti, plus pénétrante que la police et la médecine $ reconnut le choléra à sa seconde apparition; et l'on apprit le retour du fléau par les secours qu'il courut porter aux premiers malades. Le prêtre alors l'emporta sur le diplomate , il distribua tout son argent, et la vaisselle même de l'ambassade y passa.
1 En 1834, il en avait été visé jusqu'à 7,146.