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basses; mais les instrumens à vent disparurent à peu près de l'orchestre. En i65'| , Etienne Landi, musiciea de la chapelle pontificale , écrivit un drame musical, intitulé 11 S. J lessiOj dans lequel l'orchestre est composé de trois parties distinctes de violons, de harpes, de luths, de théorbes, de basses de viole, et de clavecins pour la basse continue. Cet assemblage paraîtrait aujourd'hui bien sourd, mais il devait produire un effet original.
L'orchestre des compositions de Cavalli, de Carissimi et de Lulli se compose principalement de violons, de violes de diverses grandeurs, de basses de viole et de doubles basses de viole, que les Italiens appelaient violoni. Les parties de violon étaient écrites à la clef de so/^ sur la première ligne , et les diverses espèces de violes à la clef d'ut , sur la première , sur la seconde et sur la troisième lignes. Toutes les partitions de Lulli offrent ces dispositions. Ce compositeur joignit quelques parties d'instrumens à vent à son orchestre. On trouve en divers endroits àc ses ouvrages l'indication des flûtes*, de haut-
' Il ne faut point oubliei que c'étaient des flûtes à bec, et non la llûte travcrsiére, dont l'usage ne comaicnça à se répandre qiip vers 1710.
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bois * , de bassons ^ , de fagots' et de trombes *. Mais quoique le nombre des instrumens fût augmenté et leurs accens plus variés, raccom-
' Le hautbois ancien (i63o) avait huit trous, sans clef; sa longueur totale était de deux pieds ; le son en était dur et rauque. Le ténor du haulbois, qu'on appelait douane, était plus bas que le dessus d'une quinte; il avait deux pieds quatre pouces de long, huit Irous, dont l'un se bouchait avec une clef qui était enfermée dans un barillet percé de trous, qu'on nommait pirouette, La basse de haulbois avait cinq pieds de long et onze trous, dont quatre se bouchaient avec des clefs qui étaient euiérmées dans une boîle. Cet instrument, qui était dr.oit et qui avait la fornje du haulbois, se jouait avec un bocal comme le basson.
2 Le basson éiail d'une seule pièce, et n'avait pas de pavillon con)inc la basse de haulbois; il avait douze trous, quatre clefs, et descendait plus bas que la basse de iiautbois. On le jouait aussi avec un bocal.
^ Le fagot, instrument qui appartient au genre du haulbois, fut inventé, en Italie, au commencement du dix-septième siècle, par un prêtre nommé Àffranio. Il était form4 de plusieurs pièces coname le basson actuel. On en avait de trois espèces : la première avait douze trous et trois clefs; la seconde avait le même nombre de trous, mais point de clefs. Plusieurs de ces trousse bouchaient avec des chevilles, qu'on ôtait ou qu'on mettait pour jouer dans c(rîains Ions. Le troisième fagot s'appelait courlaul, parce qu'il était plus petit que les autres; il avait onze trous et trois clefs. On s'en servait pour les basses de musettes.
Le dernier instrument de l'espèce du haulbois était le cervelas. Il avait la forme d'un barillet, et n'avait que cinq pouces de long; on le jouait avec une anche de hautbois. Il était percé de seize trous sur sa capacité, et la disposition en étiiit telle qu'il descendait ausbi bas que s'il eût eu trois pieds et demi de long.
'' Ces trombes n'étaient autre chose que le coinet à bouquin.
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pagueiiient ne faisait que suivre la voix daus presque toutes les occasions; les ritournelles seules offraient un peu plus de légèreté. Cette manière monotone se perpétua en France jusqu'à Rameau : l'Italie même n'était guère plus avancée au temps de Pergolèse. Léo et Durante furent, dans ce pays, les premiers qui surent mettre dans l'orchestre un intérêt particulier , sans augmenter le nombre des instrumens ; mais cet art fut surtout perfectionné par Majo et Jomelli.
L'invention de la clarinette , en 1 690 , par Jean Christophe Denner*. l'introduction de la flûte traversière dans les orchestres , et les perfectionnemens du cor de chasse fournirent aux compositeurs des moyens de varier les effets , dont ont ne reconnut pas d'abord tout le mé-
' Jeaii-Crisloplie Denner, célèbre luthifr, naquit à Lripsick, le i5 août i655. A i'àge de Luit aus, il suivit ses parens à Nuremberg, où ils se fixèrent; il apprit dès son enfance à tourner dts flûtes, art dans lequel son père avait beaucoup d'habileté. Jean-Cbristophe, doué d'un esprit inventif, chercha dans la suite à perfectionner cet instruiuenl, et inventa, outre la clarinette, ceux qui ont été connus sous les noms de siorh fagott (basson à canne), tt de rachetten fagoH (basson à raquette ou à fusée), lesquels ont cessé depuis long temps d'élrc en usage. Denner mourut à Auieniberg, le 20 avril 1707, laissant deirx fils qui ont soutenu dignement la irputation de leur père.
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rite , parce qu'on n'en sentait pas la nécessité. L'art était neuf alors : les formes du chant étaient loin d'être épuisées ; elles seules attiraient l'attention , et les hommes de génie qui brillaient au commencement du dix-huitième siècle procuraient au public de vives jouissances par les choses les plus simples. Plus tard, l'expression de la parole . des situations et des sentimens dramatiques , devint l'objet important pour les artistes et pour les amateurs. Ce n'était point encore le moment de chercher des ressources dans les combinaisons plus ou moins heureuses d'instr«rnens divers. Seulement , l'accompagnement du chant commençait à se détacher de la partie principale, et à prendre une phyfeionomie particulière. L'habileté des instrumentistes augmentant à mesure que les compositeurs avaient besoin d'étendre le cercle de leurs effets, permettait de varier les formes mélodiques de l'orchestre. Jomelli , Piccini et Gluck , à qui l'on doit beaucoup d'heureuses innovalions en ce genre, suivaient plutôt la pente où les entraînait leur génie que le goût du public ; car celui-ci était encore loin de discerner dans l'effet général de la musique ce qui apj)artenait à l'orchestre. On peut même dir<' que cet
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orchestre l'importunait plus qu'il ne lui était agréable. Le chant, le chant seul attirait son attention; et tout ce qui pouvait l'en distraire lui déplaisait. De là vient qu'on adressait souvent aux mnsiciens que je viens de nommer le reproche de trop sacrifier aux instrumens.
Le développement des formes de l'opéra bouffe par Galuppi donna naissance aux morceaux dans lesquels le principal intérêt est jeté dans l'orchestre , tandis que les chanteurs ne font qu'une sorte de conversation de note et parole. Cette idée, perfectionnée par Paisiello, Càmarosa, Guglielmi, Mozart et Rossini',#est devenue la source d'une foule d'effets charmans et de morceaux parfaits en leur genre,
Haydn, en perfectionnant les formes de la symphonie, prépara, vers 1760, l'importance que l'orchestre allait acquérir dans la musique dramatique. C'était à Mozart qn'était réservée la gloire de créer cette importance, sans qu'on put l'accuser de chercher dans des effets d'instrimiens des ressources à défaut de chant , d'expression ovi de force. Génie original s'il en fut jamais . nul n'a eu plus que lui des chants suaves, expix^ssifs et vigoureux; mais comme son organisation tonte musicale le portait à per-
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fectioimer tout ce qu'il touchait, il sut donner à son instrumentation un degré d'intérêt dont il n'y avait point eu d'exemple jusqu'à lui, et sut s'arrêter au point qu'il semble qu'on ne puisse dépasser sans que ce soit au détriment du chant , et sans qu'il en résulte de la fatigue pour les organes. Il faut se rappeler que ses beaux ouvrages ont été composés de 1 786 à 1 792 , et qu'avant cette époque , on ne voit point qu'aucun autre musicien eût étudié comme lui les ressovnxes de la qualité de son de chaqvie instrument ; son orchestre est toujours le résultat d'un sentiment vif et profond, et jamais d'un calcul. On peut le dire sans crainte d'être jamais démenti , Mozart a atteint le point le plus élevé de perfection dans l'instrumentation du finale du second acte des Noces de Figaro j, de presque tout Don Juan, et de la Flûte enchantée.
Les travaux de Paisiello, de Cimarosa et de leurs successeiu'S n'ont rien ajouté aux inventions de ce grand artiste ; ces musiciens sont même restés fort au-dessous de lui . soit sous le rapport de la variété d'harmonie, soit sous celui des effets d'orchestre. En France. Méhul et M. Cherubini ont ajouté aux ressources créées