‹ Curiosités littéraires et bibliographiquesChapitre 10 sur 89 · M"^ DE MAUPIN... APRES LA LETTRE · texte numérisé non relu

M"^ DE MAUPIN... APRES LA LETTRE

On sait que le roman de Mademoiselle de Maupin, de Théophile Gautier, doit un regain de succès au procès Santerre. A vrai dire, il jouissait depuis longtemps déjà d'un certain renom auprès des lettrés, mais il lui manquait la popularité. Elle devait lui venir du hasard, d'une circonstance semi-galante.

Lorsqu'on sut qu'une belle mondaine faisait de Mademoiselle de Maiipin son livre de chevet, on voulut connaître Mademoiselle de Maupin.

Deux ou trois éditions s'enlevèrent immédiatement; le poète ne s'était jamais vu à pareille fête. Je ne répondrais pas que le nouveau public qui lui arrivait fût bien apte à comprendre ces merveilles de style ; il ne cherchait qu'une distraction licencieuse.

Il arrivait trop tard.

Depuis la première édition, Théophile Gautier, cédant à divers scrupules, avait apporté des modifications à son œuvre, surtout dans la fameuse préface. M. A. Bonneau en a relevé quelques-unes dans la Curiosité littéraire.

Ainsi, primitivement, Gautier avait écrit : « Dans Molière, la vertu est toujours cocue et rossée... » Il a mis à la place : « Dans Molière, la vertu est toujours honnie et rossée. »

A « mon 'pot de chambre » il a substitué (( certain vase » ;

A des « pessaires élastiques » , des « ceintures élastiques ».

Et ainsi de suite.

On ne comprend guère ces restrictions de la part d'un homme aussi peu pudibond que notre Théo.

Il faut croire que M""^ Santerre possédait la première édition de Mademoiselle de Maiipin, — la bonne.

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