‹ Curiosités littéraires et bibliographiquesChapitre 36 sur 89 · L'HYMNE NATIONAL ANGLAIS · texte numérisé non relu

L'HYMNE NATIONAL ANGLAIS

Il est toujours bon, à cette époque où tant d'Anglais émaillent le pavé de Paris, de rappeler que Fair célèbre du God save the King a pris naissance chez nous, entre les murs de la maison royale de Saint-Cyr. Lulli le composa pour une visite solennelle de Louis XIV, sur ces paroles absolument médiocres de M""' de Brinon :

Grand Dieu, sauvez le Roi !

Grand Dieu, vengez le Roi !

Vive le Roi !

Qu'à jamais glorieux, Louis victorieux Voye ses ennemis Toujours soumis.

Grand Dieu, sauvez le Roi!

Grand Dieu, vengez le Roi !

Vive le Roi!

Trois cents jeunes filles chantèrent cette cantate, dont Teffet fut prodigieux et qui se perpétua dans l'établissement.

Ce fut Haendel qui, voyageant en France, en il2i, recueillit Fair de Lulli et Tadapta à des paroles anglaises, pour en faire hommage au roi d'Angleterre.

Et voilà comment la Grande-Bretagne nous doit son chant national.

Elle a les restes de Louis XIV.

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LES MONTENEGRINS

Monténégro, Dieu te protège!

Et tu seras libre à jamais,

Comme la neige

De tes sommets!

Qui est-ce qui chante de la sorte? — C'est l'âme de Gérard de Nerval, ce charmant rêveur qui s'avisa un jour d'écrire un livret d'opéra

intitulé : les Monténégrins. Etrange, n'est-ce pas?

La musique était de Limnander.

Les Monténégrins, en trois actes, furent représentés pour la première fois sur le théâtre de l'Opéra-Comique le 31 mars 1849. L'action se passait en 1807. On y applaudit beaucoup le chœur que je viens de citer, — ainsi que le fragment suivant, qui fait partie du premier acte.

Andréas, après le départ des soldats.

Enfin, ils sont partis; respirons librement! Debout! c'est le moment!

•QnWersïtaT BIBLIOTHECA

Lève-toi, notre barde; Improvise à l'instant ces magiques refrains,

Chant sublime

Qui ranime Les cœurs monténégrins!

Le barde ainsi interpellé était Hermann-Léon. Il prenait sa guzla, et chantait ces couplets, dont on ne contestera pas l'allure magistrale :

Sur ces monts qui touchent le ciel

Dieu fit naitre un peuple de braves.

Unis par un vœu fraternel.

Effroi des nations esclaves.

Gardons toujours cette âme noble et fière Qui nous égale aux Romains, nos aïeux.

Car la croix sainte est sur notre bannière. Et dans les cieux notre nom glorieux!

Débris d'un empire oublié.

Aux vivants servons de modèles;

Notre bras, frappant sans pitié.

Fut la terreur des infidèles.

La liberté, sur nos monts toujours fière. Est digne encor des jours de nos aïeux, Car la croix sainte est sur notre bannière, Et dans les cieux notre nom glorieux!

En outre d'Hermann-Léon, les Monténéginns étaient joués et chantés par Nathan, Bauche, Sainte-Foy ; M""'" Ugalde et Lemercier.

La vérité m'oblige à dire que l'ouvrage de Gérard de Nerval et de Limnander n'obtint qu'un succès modéré et n'eut qu'un petit nombre de représentations.

Il n'était pas venu dans un bon moment.

Pourquoi l'Opéra-Comiquene tenterait-il pas aujourd'hui une reprise des Monténégrins?

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