DES VERS RAPPORTÉS
On appelle ainsi des vers disposés de telle sorte, que le premier, le second, le troisième mot du premier vers, soient respectivement liés par le sens au premier, au second, au troisième mot, etc., du second vers.
Tel est ce distique latin dans lequel on a désigné les divers ouvrages de Virgile :
Paslor, arator. eques, pavi, celui, superavi, Cnpras, rus, bostes, fronde, ligone, m^nu.
Il a été rendu ainsi par les deux frères le Chevalier,
* Ce Parnasse, coulé eu hronze, est placé avjonnrhni dans Tune des «ailes de la Bibliotlièque impériale.
sieurs d'Âignaux, qui publièrent, en 1 582, une traduction de Virgile :
Pasleur, rustic, guerrier, j'ay peu [du verbe paître), besché,
• [mis bas,
Chèvres, champs, ennemis, de feuille, houe ei bras.
L'abbé de Narolles s'est approprié sans façon ces deux vers.
Etienne Tabourot a cultivé beaucoup ce qu'il appelle « cette spirituelle façon d'écrire. Autrefois, dit-il, j'ai fait les vers* suivants en faveur d'une de mes idoles parlantes :
Ta beauté, ta verlu, ton esprit, ton maintien,
Esblouit et deiîait, assoupit et renflamme
Par ses rais (rayons), par penser, pir crainte ou pour un rien
Mes deux yeux, mon amour, mes desseins et mon âme. j»
Jodelle a fait sur Marot l'épitaphe suivante :
Quercy, la cour, le Piémont, l'univers, Me Ol, me tint, m'enterra, me conneut, Quercy mon los, la cour tout mon temps eut, Piémont mes os, et Tunivers mes vers.