VEUS LÉONINS
modecnes. « En nos annales, ditr-il, nous avons ce bel épitaphe du pape Benoît XIII, qui entra au papat comme un renard, régna comme un lion el mourut comme un chien :
llic situs est Nero, laicis mors, vipera clcro, Devius a vero, capa replela mero.
A Celui de Béda est au même livre, ainsi :
Gontiiiet bœc fossa Beds venerabilis ossa '.
« Un Anglais m'a donné le suivant Tan 1578 (le sujet estramour):
Posl visimi risum, post risum venit in usum, i'osl usum laclum, post tactum vcnit in actuni» Post actum factum, post factiun pœnitet actum.
« J'ai VU, continue-t-il, en vingt ou trente vieux livres manuscrits, cette heïïe imprécation .
Qui librum scripsit, cum sentis viverc possit; Delur, pro pœna, scriplori pulchra puella.
« En une honorable abbaye, sur la cheminée, il y a cette savante inscription :
Post Iriduum mulicr fastidit, et hospes et imber , Quod si «plus maneat, quatriduanus cat. »
Après ces vers, Tabourot en cite d'autres, dignes de Panurge et de frère Jean des Entomneures. Tel est ce précepte hygiénique que n'aurait certainement pas désavoué Técole de Salerne :
Mingere cum bombis, res est sanissima lumbis.
' U y a dans ce vers une faute de quantité, ce qui ne doit pas 4|onner, si l'épitaplie a été comno^ée dans le siècle de Dède, mort en 1^*
L'auteur de la Mmacologia ou Histoire fiaturelle des moines t décrite et classée suivant la méthode de Linné, Paris, 1844, in-18, aurait pu prendre pour épigraphe ce distique léonin :
gavachi/vesUn stomaclii sunt atnphora Bacchi; Vos eslis, Deus est tesiis, telcrrima pestis.
H y a des poëmes de longue haleine en vers léonins; Tun des plus connus est celui qui a pour titre : Bemardi Momalensis, monachi ordinis CluniacensiSy ad Petrum Cluniacensem abbalem qui claruit anno 1140, de contemptu mundi, libri m, Bremœ, 1595. C'est un poème de deux mille neuf cent cinquante-six vers de six pieds, dont les cinq premiers sont des dactyles, le dernier seul est un spondée. Le second pied rime avec le quatrième et le dernier mot d'un vers rime avec le dernier mot du suivant.
On peut consulter, pour plus de détails, la Rhythnuhlogia d'Oberlin.
Nous ne nous occupons pas des vers léonins français, car ce sont des vers défectueux. Cependant au seizième siècle on fabriqua des vers batelés qui se rapprochent des léonins, puisque le dernier mot d'un vers rime avec l'hémistiche du vers suivant, comme dans ces vers de Marot :
Quand Neptunus, puissant Dieu de la m^f , Cessa à'artner caraques et galées, Les Gallicans bien le durent aim^, Et rédam^ ses grandes eaux salées.
niMË. se