VERS BLANCS
sodie daus sa Stichologia grsdca latinaque informanda et reformanda. Paris, 1579, in-8'.
A la lin du dix-huitième siècle, le célèbre ministre Turgot voulut faire revivre les tentati\es malheureuses des poëtes de la renaissance. Il traduisit en vers hexa* mètres quelques parties de TÉnéide et plusieurs églogues de Virgile, et fit imprimer seulement à douze exenkplaires sa traduction, intitulée : Didon, poème en vers métriques hexamètres, divisé en trois chants; traduit du quatrième livre de f Enéide de Virgile, et les seconde, huitième et dixième églogues du même auteur; le tout accompagné de texte Latin, — Elle a été publiée d^ nouveau par F. de Neufchâteau, dans le Conservateur, Paria, an VIII, 2 vol. in-8«». — Voici le début de TÉnéide:
Jadis sur la fougère une muselte accompagna mes chants. J'osai depuis, sortant des bois, disciple de Gérés, Forcer la terre à répondre aux vœux de l'avare agriculteur. Mars aujourd'hui m'appelle: muse! embouche la irompeUc, Dis les combiits, muse! cl ce guerrier que l'ordre du destin, Loin des murs dHlion en cendre et du tombeau de ses pères. Aux champs aasonicns fit aborder après mille dangers, etc.
Le lecteur décidera si c est là de la poésie.
Outre les vers métriques, on avait imaginé les vers blancsy c'est-à-dire les vers privés de la rime, mais suivant du reste les vers de la prosodie française. En 1625, parut la Sylvandire ou la Morte vive, fable bocagère de d'Urfé. L*auteur, dans une préface, se justifiait d>voir écrit cette pièce en vers blancs par l'exemple des meilleurs poètes italiens qui, suivant lui, avaient ôté la rime de leurs poèmes dramatiques pour leur conserver plus de vraisemblance.
On prétend que Molière avait voulu écrire en vers blancs la comédie du Sicilien, et Ton a cru retrouver
44 CURIOSITÉS LITTÉRAIHKS.
quelques traces de ce projet dans la scène ii de cette pièce.
Il fait noir comme dans un four.
Le ciel s'est habillé en scaramouciic,
Et je ne vois pas une étoile
Qui montre le bout de son nez.
Sotte condition, que celle d'un esclave^
De ne Tivre jamais pour soi,
Et d'être toujours tout entier
Aux passions d'un maître, etc.
Oa a publié, en 1826, la traduction de quatre pièces de Shakespeare par un littérateur marseillais, Brunière, baron de Sorsum, mort en 1825. — L*auteur a traduit en prose ce qui est en prose dans rorigiiial, en vers blancs ce qui est en vers blancs, et en vers rimes ce qui est en vers rimes, et souvent ce mélange n'est pas sans agrément. Telle est cette scène de la Tempête: