AIRES
Fribùwrg.
Pologne; Luxembourg.
Cologne.
pris Strasbourg!
Sienne^ Vienne *, Anvers.
dis, ma Bonne, à Narbonne,
Nevers.
Madame Deshouillères a excellé dans les bout-rimés En voici qui ne sont pas trop mal tournés :
Ce métal précieux, cette fatale Qui vainquit Danaé, peut vaincre Par lui les grands secrets sont souvent Et Ton ne répand pas de larmes qu'il n'
11 semble que sans lui tout le bonheur vous Les plus grandes cités deviennent des Les lieux les plus charmants sont pour nous des Entln, tout nous déplaît, nous choque et nous
Il faut, pour en avoir, ramper comme un Pour les plus grands défauts c'est un excellent Il peut en un moment illustrer la
11 donne de l'esprit au plus lourd Il peut forcer un mur, gagner une Mais il ne fait jamais tant de bien que de
pluie Fumvers, découverts^ essuie.
fuie; désertSj enfers, ennuie,
lézard.
fard.
canaUte.
animal; bataille, mal.
Les bouts-rimés prêtent très-bien à la satire. On en
* Titi était le nom du chien de mademoiselle d'Orléans, sur la mol duquel l*abbé Cotin avait fait un madrigal.
* Lame d*épée que Ton fabriquait à Vieune, en Dauphiné.
BOUTS-RlMÉS. 40
3. fait usage daus cette épigramme dirigée contre un vieux ; et méchant écrivain :
tK^
ris.
Contre un louis j'en gage trente,
Que tu ne vendras pas quarante
Exemplaires du livre Oen.
La beurrière a déjà le mien.
Des colporteurs plus de cinquante
Avaient des paquets de soixante :
Chacun croyait vendre le sien;
Les pauvres gens n'ont vendu riett.
Toi, qui d'ans a plus de septante,
Tu pourrais en vivre hmtante
Qu*ayant ton livre pour tout Ment
Tu vivras toujours comme un chien.
Tels sont aussi les bouts-riuiés de Narmontel sur Pa- "ssot, qui l'avait fort maltraité dans la Dundade.
en
WOj
Le poète franc Gentilhomme La gloire de sa Ronsard, sur son vieux Entonna la Sur sa trompette de Un moderne auteur Pour lui faire Fredonna la Cet homme avait nom On dit d'abord Palis Puis Palis fou, Palis Palis froid et Palis ' Pour couronner la En fin de
On rencontra le vrai On le nomma Palis
gaulois,
vendoniois,
bourgade,
hautbois,
Frandade.
bmSf
maussade,
paroli,
Dundade.
Pâli:
plat,
tirade, turlupinadf, mot; sot
EMVOl.
M'abaissant jusqu'à loi, je joue avec le mol ; Réfléchis, si tu peux, mais n'écris pas lis, sot.
ÔO CUHIOSITES LlTTERAlRl!;S.
Citons encore ce quatrain adressé à une dame par le chevalier de Boufflers, Tun des hommes les plus spirituels du dix-huitième siècle :
Quand je n'aurais ni bras ni jambe, J^atïronlerais pour vous la balie et le boulets Ranimé par vos yeux, je me croirais ingambe^ El je pourrais encor mériter un soufflet.
Etienne Mallemans, mort en 1716, s'acquit une certaine réputation par son Défi des Muses. — C'est un recueil formé de trente sonnets moraux, composés en trois jours, sur quatorze bouts-rimés proposés à Tauteur par la duchesse du Maine.
En 1806, un particulier fit insérer dans les journaux une pièce de trente-quatre vers ayant tous des rimes plus bizarres les unes que les autres, comme buse, musc, éphod, yemrod, paradigme, énigme, et il proposa deux prix destinés aux deux poètes qui feraient la meilleure pièce de vers sur les mêmes rimes que les siennes, mais sans employer les mêmes mots, et avec défense d'en forger. — Les deux prix furent gagnés-: la pièce du second prix était en outre un logogriphe.
DES VERS MONORIMËS
On appelle ainsi les vers qui ont tous la même rime. — Au moyen âge on en a composé un grand nombre en latin et en français. Ils ont repris faveur chez nous au dix-septième siècle S mais seulement dars des sujets ba-
* Cyrano de Bergerac a inséré une assez longue pièce de vers monorimes dans sa comédie : le PédatU loni.
VKRS JIOKORIMES. 51
dins. Le Voyage de Languedoc et de Provence, de Lefranc de PompignaD, en offre un exemple.
Nous fûmes donc au château d'If,
C'est un lieu peu récréalif,
Défendu par ie fer oisif
De plus d'un soldat maladif,
Qui, de guerrier jadis actif,
Ksi devenu guerrier passif.
Sur ce roc taillé dans le vif,
Par bon ordre on relient captif,
Dans J'enceinte d'un mur massif,
Esprit libertin, cœur rétif,
Au salutaire correctif
D'un parent peu persuasif.
Le pauvre prisonnier pensif,
 la triste lueur du suif,
Jouit du seul soporalif
Du nmritmre non lénitif ,
Dont l'élément rébarbatif
Frappe son organe attentif.
Or, pour être ménioralif
De ce domicile afQiclif,
Je jurais d'un ton expressif
De vous le peindre en rime en if.
Ce fait, du roc désola lif
Nous soriimes d'un pas bàtif,
Et rentrâmes dans notre esquif,
Kn répétant d'un ton plstinlif :
Dieu nous garde du château d'If.
On trouve dans les poésies légères de Voltaire plusieurs pièces monorimes.
On peut aussi ranger parmi les nionorimes le conte suivant de Boufflers :
Dans un sentier passe un cheval Chargé d'un sac et d'une fille.
52 CUIUOSITÉS LlTTÉRAlKtiS.
J'obsei-ve, -en passaiil, le clieviil, Je jette un coup d'œd sur la fille.
Voilà, ilis-je, un fort beau cheval ; Qu'elle est bien faite, celte fille I Mon geste fait peur au cheval, L'équilibre manque à la iillc; Le sac glisse à bas du cheval, Et sa chute entraîne la fille.
J'étais alors près du cheval ; Le sac, tombant avec la fille, « Me renverse auprès du cheval, Et sur moi se trouve la fille, Non assise comme à cheval Se tient d'ordinaire une fille»
Mais comme un garçon à cheval.
En me trémoussant sous la fille.
Je la jette sous le cheval, La tête en bas, la pauvre fille !
Craignant coup de cheval, Bien moins pour moi que pour la 'fille.
Je saisis le liiors du cheval, Et soudain je tire la fille D'entre les jambes du cheval ; Ce qui fit plaisir à la fille.
Il faudrait être un grand cheval, Un ours, pour laisser une fille  la merci de son cheval I ' Je voulais remonter la fille ; Preste, voilà que le cheval S'enfuit, et laisse là la fille.
Elle court après le cheval.
Et moi je cours après la fille.
« Il parait que votre cheval a Est bien fringant pour une fille ; « Mais, lui dis-je, au lieu de cheval ce Ayez un âne, belle fille ; « 11 vous convient mieux qu'un cheval :
« C'est la monture d'une fille.
VERS FRATERNISES. W
« « Outre les dangers qu'à cheval « On coart en qualité de fille, « On risque» en tombant de cheval, <L De montrer par où l'on est filie. »
On rencontre quelques exemples de vers monorimes chez les Arabes. Ainsi Zaidoun, qui vivait au onzième siècle, a laissé un poëme noniyya, dont tous les vers se terminent par la syllabe «a, et Omar, écrivain de la môme époque, est auteur d'un poëme sur la vanité du monde, dont les stances ont successivement ponr rimes toutes les lettres de Talphabet.