‹ Curiosités littérairesChapitre 29 sur 84 · DU GENRE MACARONIQUE · texte numérisé non relu

DU GENRE MACARONIQUE

On appelle macaronées des pièces de vers composées de mots latins et de mots empruntés à une langue vulgaire, auxquels on donne une terminaison latine*. Tel est le commencement de la cérémonie du Malade imaginaire :

Savanlissimi doctores Medicinae professores.

Qui hic assembla ti estis :

Et Yos altri messiores, Sententiaruia facultatis - Fidèles execulores, Chirurgiani et apothicari, Âtque tota compania aussi, Salus, honor et argcntum Atque bonum appetitum.

Quant à IVtymologie de macaronée, les Italiens ayant fait les premiers usage du style macaronique, il est fort

* Voici le précepte joint à Texemple :

Qui nescit inotofi, for^ere debot ras.

GENRE MÀGARONIQUE. 71

probable, comme le savant Gabriel Naudé Ta faiiob<server dans son Mascufat, que ce mot vient de Titalien macaroniy pâte composée de divers ingrédients, c 11 n*y a rien de plus naturel, en effet, dit Ch. Nodier, que de comparer un discours hybride et confus à un mets hétéroclite dans lequel il entre des ingrédients de différentes natures, et cette forme se reproduit à tout moment chez nous dans salmif macédoine et poUptntrriy qui signifient indistinctement Vun et Tantre. »

La plus ancienne macaronée imprimée que Ton connaisse a pour auteur Odaxiûs, ou mieux TifidegliOdassi, jst pour titre : Tifphis Odaxii Patavii carmen maearo^ nieum de Patatnnis quibusdam arte maqica delusU (Ari* mini,^irca 1490, in 4** de 10 feuillets). Mais le premier qui cultiva ce genre de poésie avec succès est Théophile Folengo, plus connu sous'le'nom de Merlin Coccale, né près de Mantoue en 1492. 11 publia en 1517, à Venise, in-8% un poème intitulé Merlini Coccaii poeUe Mantuani macaronices libri xyu ; cette édition est excessivement rare ; elle a été réimprimée, avec des additions, 1521, in-16, et 1692, in-8^ Au fond du langage, qui est latin, Folengo a mêlé des mots italiens et surtout des mots du patois mantouan. Le sujet du poème est le récit des aventures plaisantes d'un héros nommé Balbus; on y rencontre des tirades pleines de verve et de malice sur les grands, les travers des hommes, la vanité des titres, etc. < Cette macaronée, dit Naudé, est, àmonavis, la plus divertissante raillerie que Ton puisse jamais faire ; et je me flatte d'avoir en cela aussi bon goût que le cardinal Mazarm» lequel en récitait quelquefois des trois et quatre cents vers tout de suite. »

Folengo trouva de nombreux imitateurs parmi ses compatriotes (Guarino Gapella, Ba*nardino Stefonio, André Balani, César Ursinius, etc.).

D»Ftalie le genre macaronique passa en France. Celui qui» parmi nous, s'y est le plus distingué est Antoine de la Sable, connu sous le nom à'Antonius de Arena,

Le meilleur de ses ouvrages, qui sont assez recherchés» a pour titre : Meygra entrepriza Catoliqui Impey^atoris, quando de anno Domini 4556 veniebal per Provensam bene corrossatus^ in postam prendere Fransam mm villis de Provensa; propter grossas et menutas gentes rejohiri^ per Antonicum Arenam baslifausata, Avenione, 1557» ih>8^ Ce récit burlesque de la désastreuse expédition de Charles^juint en Provence est d'autant plus curieux, qu'il renferme beaucoup de particularités intéressantes omises par les historiens contemporains. Le même auteur a composé encore un poema macaronicum de bello hugonotico, où il fait un portrait peu flatté des huguenots:

.... Nunquam visa fuit canailla brigandior illa ; Egoijant homines, spoliant, forçantque puellas.

Massacrant, inque riyieras

Nudos dijiciunt mortos, pascunlque grenouillas.

Auriculas sacras pretris monachisque revellunt, Deque illis faciunt andouillas atque bodinos, A ut cervellassos practico de more Milani, etc.

Le même sujet a été traité par Rémi Belleau dans le Dictamen metrificum de bello hugonotico et ruslicorum pigliamine ad sodales, pièce macaronique assez estimée. Elle a été insérée dans le Carpenteriana, Citons encore : Hecitus veritabilis super terribili esmeuta paysanorum de RuelliOf par J. Cécile Frey, plaisante narration d'une querelle entre les vignerons du village de Ruel et les archers de Paris.

Au collège, tout le monde connaît la plaisante otraison funèbre de Michel Morin : Micheli Morini funesHssimus

GENRE MAGARONIQUE. 73

trepasius, poëme anonyme inséré anssi dans le Carpen- UnanUf et qui se termine ainsi :

Michetus ramo tune forte sedebat Arlisonis rongeato intiis, sub cortice pulchro ; Gumque peraugusto gloriantes pondère branche Portassent berocm, super h;is sederetque Morinus, De brancha in brancham dégringolât, et facicns pouf. Ex ormo cadii, et dunes obvertit Olympo.

Hurlât ho! bol paysana cohors, junctisque crianles Jn cœlum recriant manibus; scd frustrai Morinus Non est in vivis numerandus! tombât, et bujus Tola rabotoso fracassantur membra paveto.

On a aussi plusieurs ouvrages en prose macaronique. Les plus connue sontVAnti Chopimis, d'Antoine Hotman, et YEpùlola Benedicti Passavantii nd Petrum Lnetum, pamphlet piquant de Théodore de fièze contre le prési* dent Lizet. On y trouve cette phrase sur Calvin : Neque magîius, neque parvus : sed inter duos : non dures liar^ dum de ejus mina.

On peut considérer comme écrit en prose macaronique le célèbre recueil : Epistolx obscurorum virorum, Venise, i5i5, in-4^ L'édition la plus complète est celle de Londres, 1710, in-8*. — «Nulle part, dit Ch. Nodier, la mauvaise logique et la latinité pédantesque des scola»tiques n'ont été parodiées avec plus de verve et de finesse, nulle part rinsidieuse.et accablante ironie n'a été enveloppée de formes plus badines et plus populaires. » On raconte qu'Érasme, lisant ce livre pour la première fois, fut pris d'uD tel accès de gaieté, qu il fit crever un abcès qui lui était survenu au visage, et s'épargna ainsi une opération que les médecins lui avaient ordonnée.

Nous extrairons de cet ouvrage le récit de la mort d'un éléphant envoyé en 1514 au pape Léon X par le roi de Portugal Emmanuel. «Vos bene audivistis qualiter

Papa habuit nnum magnum animal, quod vocaUim fuit eiephas, et habuit ipsum in magno honore» et yalde amavit illud. Nunc igitur debetis scirequod taie animal est mortuum. Et quando fuit infîrmum, tune Papa fuil in magna trislitia, et vocavit medicos plures, et dixit eis : Si est possibilo, sanate mihi elephas. Tune fecerunt magnam diligentiam et videruntei urinam, etdederunt ei unam purgationem quse constat quinque centum aureos : sed tamen elephas... est mortuum, et Papa dolet multum, et dicunt quod daret mille ducatos pro elephas; quia fuit mirabile animal, habens longnm rostrum in magna quantitate; et, quando vidit Papam, tune geniculavit ei, et dixit cum terribili voce bai\ bar, bar.» (t. I, p. 305; Francfort, 1757, in-8».)

Tout le monde sait Theureux usage que Rabelais a fait du style macaronique dans le chap. xix du I" livre de Gargantua : La harangue de mettre Janolus de Bra^ mardo, faicte à Gargantua pour recouvrer les clocheji.

DU GENRE BURLESOUE

D'après un passage de Diogène Laërce, qui cite quelques vers de Gratès où ce dernier parodie un discours d'Ulysse, il est certain que les anciens ont connu la poésie burlesque. -—D'ailleurs tous les doutes doivent être levés i^9x\9iBatrachomyomachief ou le combat des Grenouilles et des Rats. Ce poôme de trois cent cinq vers hexamètres, qu'on a voulu bien gratuitement attribuer à Homère, commence ainsi :

« Muses, daignez abandonner les hauteurs de THélicon, venez dans mon âme inspirer mes vers; mes tablettes

GË!)Rë burlesque. 75

sont placées sur mes genoux, je vais apprendre à tous les hommes une grande querelle, ouvrage terrible du dieu Mars^. comment les Rats marchèrent contre les Grenouilles, comment ils imitèrent dans leurs exploits ces mortels qui passent pour être les géants, Ris de la Terre, t

Sénôgué le philosophe a composé sur la mort de Tempereur Claude une facétie vulgairement appelée ApokO' l0kynto$e.{Vkèc/&pi\on parmi les citrouilles). Cette pièce* mélangée de prose et de vers, peut être à bon droit considérée comme un- échantillon du style burlesque chez tes Latins. - Elle a été traduite par Jean-Jacques Rousseau.

Il existe encore deux pièces burlesques du quatrième siècle de notre ère : la première est intitulée Testamen» tum ludicrum Sergii Polemis. La seconde, MarcusGrun" nitis CoTocottse porcellus, est le testament d'un pourceau, dicté par lui-même. M. Peignot a in$éré ces deux pièces dans son Choix de Testaments^ 1829, 2 vol. in-8".

Importé chez nous par les Italiens, le genre burlesque ne commença à être en vogue en France qu'au dix-sep. tième siècle, et Tengouement qu'il excita fut tel, que tous les bons esprits en furent effrayés.

Pellisson s'exprime en ces termes dans son Histoire de r Académie : « Non-seulement le burlesque passa en France, mais il y déborda et il y fit d'étranges ravages. Chacun s'en croyait capable , depuis les dames et seigneurs de la cour jusqu'aux femmes de chambre et aux valets. «Cette fureur du burlesque, dont à la fin nous commençons à guérir, était venue si avant, que les libraires ne voulaient rien qui ne portât ce nom, que, par ignorance ou pour mieux débiter leur marchandise, ils donnaient aux choses les plus sérieuses du monde, pourvu seulement qu'elles fussent en vers. D'où vient qu'en 1640, on imprima une pièce assez mauvaise, mais

sérieuse pourtant, avec ce titre, qui fit justement horreur à tous ceux qui n'en lurent pas davantage : la Passion de NotreSeigneur Jésus-Christ, en vers burlesques. »

La vingt-neuvième des Dissertations critiques de Balzac est consacrée à combattre le slyle burlesque , et ce fut à lui que le P. Vavasseur dédia son hyveUe Ludicra dictione^ 1648, in-4°.

Sarrasin passé pour avoir écrit le premier des vers burlesques dans notre langue ; mais lui-même et ses nombreu?^imitateurs, entre autres d'Assouci, pitoyable auteur du Ravissement de Proserpine (parodie de Claudien) et de V Ovide en belle humeur ^ ont tous été surpassés par Scarron, qui, malgré les souffrances physiques auxquelles il fut en proie toute sa vie, sembla avoir adopté la devise de Rabelais :

Mieulx est de ris que de larmes escripre, Pour ce que rire est le propre de l'homme.

Sa Gigantomachief sa Baronéide, et surtout son Virgile travestiy ouvrage rempli de finesse et de gaieté, lui assurent la première place parmi les portes burlesques. 11 est impossible de rendre plus bourgeois les personnages de YÈnéidey et de saisir avec plus d esprit le côté ridicule de ses héros, et surtout du' pieux Énée, bâtard dévot et poltron, comme Ta si bien qualifié Tabbé Barthé. lemy.

Scarron commence ainsi :

Je chatote cet homme pieux, Qui vint chargé de tous ses dieux, Lt de monsieur son père Ancbi.'e, Beau vieillard à la harbc griac, etc.

Junon fait à Éole le portrait suivant de la nymphe Dejoppée :

£llc est nette comme un denier :

GENRK BURLESQUE. 77

Sa bouche sent la violetle, Et point du tout la cibouleltc ; Elle entend et parle fort bien L'espagnol et l'italien; Le- Cid du poète Corneille, Elle le recite à merveille ; Coût en linge en perfection, Et sonne du psallérion.

Dans la colère de Nep:une contre les vents, le fameux quos ego n'a jamais peut-être été aussi bien traduit:

Parla mort... il n'acheva pas, Car il a voit l'âme trop bonne.

Vénus et Énée se font dans leur rencontre force compliments et révérences :

Je ne suis pas, en vérité,

D'une si haute qualité,

Dit Vénus, mais votre servanle ;

Ha I vous êtes trop obligeante,

Ce dit-il, et j*en suis confus ;

Et moi, si jamais je la fus,

Ce dit-elle, et lui de sourire,

Disant : Cela vous plaît à dire.

Puis sa têle il désafuWa;

Ses deux jîirrets elle doubla

A lui faire la révérence ;

Il lit une circonférence

Du pied gauche à l'entour du droit,

fit ceU d'un air tant adroit,

Le pauvre fugitif de Troie,

Que sa mère en pleura de joie. •

Didon, voyant Énée pour la première fois, lui dit:

Vous êtes donc ce fils d'Anchise De qui Vénus, nue, en chemise, Reçut sur les bords du Ximpis Un fardeau qu'on porte neuf mois,

'm CURIOSÎTKS LITTÉRAIRES.

Doul sortit, la neuvaiiic faite, Votre personne si parfaite.

I*uis vient le portrait de Didon :

G'éloit une grosse dondon, Grasse, vigoureuse, bien saine, Un peu camuse à l'africaine, Mais agréable au dernier point.

l'arini les questions de Didon à Énée, on remarque eelles-ci :

Si dame Hélène avoit du liégc, De quel lard elle se servoit.

Combien de dents Hécube avoit, Si Paris étoit un bel homme, Si cette malheureuse pomme Qui ce pauvre prince a perdu Étoit reinette ou capendu.

Le second livre, si dramatique dans Virgile, prêtait par cela même très-bien à la parodie, et Scarron en a profité. lia peint ainsi Tamourd' Hécube pour Astyanax :

Cet enfant étoit son idole, Kt la vieille en étoit si folle, Qu'avec lui troussant hocquelon, Entre les jambes un bâton, Elle couroit la prétantaine Jusqu'à perdre souvent rbaieine :

Andromaque s'en tourmentoit, * Gonnoissant bien qu'on le gâtoit.

Priam, le voyant à toute heure S'empiffrant de pain et de beurre, Disoit avec sévérité :

Ce sera quelque enfant gâté.

Vénus gourmande -en ces termes Énée, qui voulait tuer Hélène:

Quai^d vous Tauriez assommée Seriez- vous mieux d'un ({uart d'écu?

Vous nommes son mari co€u, Avez- vous manié sa tête ?

Est-il cornu comme une béte?

Dites, seriez -vous content S'il en disoit de vous autant, Méchant fanfaron que vous êtes?

Énée et ses gens font leurs paquets en quittant Troie

L'un prit un poêlon, Tautre un seau,

L'un un plat et l'autre un boisseau ; Je me nantis comme les autres; Je mis les unes sur les autres Six chemises, dont mon pourpoint Fut trop juste de plus d'un point.

Mon fils se chargea des moucheltes ;

Ënlin sur mon dos tort et large Mon bon père Ânchise je charge.

Quoique j'eusse l'échiae forte, Mon bon père, à la chèTre morte.

Ne put sur mon dos s'ajuster, Ni je n'eusse pu le porter :

Par bonheur, je vis une botte; Mon père dedans on fagolte, Et tous nos dieux avec lui, Puis, un banc me servant d'appui, On charge sa lourde personne Sur la mienne, qui s'en étonne, Et fait des pas mal arrangés, Gomme font les gens trop cliargés.

Énée déplore ainsi la mort de sa femme Creuse, quHl court ensuite rechercher dans Troie:

Ma femmii, hélas 1 Mon unique joie et soûlas.

Se trouva manquer a la bande ; Jugez si ma douleur est grande.

Mon père ne fil autre chose Que de dire: Elle reviendra, Ou bien quelqu'un la retiendra.

N'esl-clle point restée en arrière Pour raccommoder sa jarlière?

Il court la rechercher dans Troie où il trouye, accumulées près du palais, les dépouilles de la ville :

Tous les biens par les Grecs volés

Étoient confusément mêlés :

Force enfants et femmes captives,

Six cuillers d'argent bien massives,

Quatre ou cinq sacs de sous marques,

Matelas de colon piqués,

Un grand bocal de porcelaine,

Présent fait à la belle Hélène

Par un certain mauvais galant ;

En or, la moitié d'un talent.

En argent, quatre mille livres.

Deux grands coffres remplis de livres^.

De Priam les arcs à jalets,

Mille vaches donnant du lait, '

Autant de veaux, autant de truies, .

Des pai^sols, des parapluies.

Item, quatre mille chapeaux,

Force pourpoints, chausses, manteaux, etc.

Dans le troisième livre, Tentrevue si^ touchante d*Énée et d'Andromaque est ainsi racontée:

Quand elle vit mes gens et moi, Et nos armes à la troyenne.

Elle cria : z ^.'^'on me soutienne,

GENRE BI3RLESQUK. M

a Je me ^ens les jarrets plier. >•

tDnfin, reprenant mon baleine,

Je lui (Ii$ avec grande peine:

(( Oui, ma lame, voue le voyez,

« Maître Jilncas, et l'en croyez.

« Mais pour vous, ma très-chère dame.

(( Ayant été d'Hector la femme,'

<c Après avoir eu tel époux,

« DitesHnoi, qu'est-ce que de vou.<i ?

« Pyrrhus vous ayant emmenée,

c< Vous a-l~ii prise en hyménée?

« Ou si — De grâce, brisons là,

Me dit-elle. En disant cela, La bonne dame devint ronge.

Le quatrième livre renferme d'excellents morceaux. Nous nous bornerons à citer quelques vers de Tentrelien de Didon et d'Anne. Celle-ci donne à sa sœur des conseils dont plus d'une veuve a fait son profit :

« Dis-moi donc, ma sœur, pourquoi? d'où?

« Gomment? par quelle destinée

« Est venu cbez moi cet Énée?

« Oh! qu'il est frais I ob qu*ii est gras I

a Oli I qu'il est bean quand il est ras !

« Qu'il est fort! qu'il est beau gendarme ! » -

Sa sœur, l'ayant reconfortée, Lui dit de sa bouche édentée :

« Sachez de moi, ma sœur ma mie,

« Qu'un tantin de polygamie,

« Quoi que l'on dise, fait grand bien.

« Vous vieillirez en moins et rien

82 GURIOSirËS LITTÉRAIRES.

« « Dans le fâcheux état de veuve.

« Il n'est rien tel qae chose neuve; <c Choisissez «a mari nouveau, « Et vous l'appliquez sur la peau, « 11 n'est point de telle fourrure, d

Ces citations suffisent pour donner une idée de VÉnéide travestie. Presque toutes les autres poésies de Scarron sont dans le genre burlesque, et il y en a plusieurs qui méritent d'être distingués, entre autres le sonnet si connu :

Superbes monuments de Torgueil des humains.

Brébeut qui a travesti deux fols Lucain, la première fois en le traduisant sérieusement, la deuxième en le parodiant, est resté bien au-dessous de Scarron. Son ouvrage a pour titre : la Pharsale de Lucairij en vers enjoués, Paris, 1655.

Le seul poème qui mérite d'être cité après VÉnéide travestie est la Henriade travestie^ de Monbron, à Berlin, aux dépens du public, 1758, in-12. L'original y est parodié presque vers par vers.

L'auteur parle ainsi de l'affection de saint TiOnis pour Henri IV :

Son dessein était cependant D'en faire plus qu'un président ; Il voulait même entre autres choses Lui découvrir le pot nux roses; C'est-à-dire, à propos de quoi L'esprit doit céder à la foi ; Entreprise épineuse en diable...

Plus loin, Henri III dépèche le roi de Navarre en Angleterre :

n Le coche partira demiin.

c Profitez-en, s'il n'est pas plein ;

« Ou bien par le chasse-marée

« Décampez cette soirée;

a L'argent est bon à ménager

« Lorsque l'on va chez rélranger.

«c Ne blâmez rien en Angleterre,

« Louez jusqu'aux pommes de terre

« Que Ton y mange par ragoût.

« N'allez pas leur dire surtout

« Que Paris est plus grand que Londre,

« Car ih seittient gens à yous (ondre,

< Et quand vous seriez tondu

« Chacun vous cracherait au ... »

On rencontre ailleurs des tirades assez plaisantes, comme le récit de la mort de Goligny, de l'entrevue de Henri iV et de Gabrielle d'Estrées, et quelques vers comme celui-ci :

Un jour.. .., non, c'était une nuit.

Il existe encore de nombreux poëmes burlesques, mais ils sont à peu près oubliés aujourd'hui. Nous mentionnerons seulement VEschole de Salerne, en vers buriesçues, par Martin, 1656, Leyde, Eizeviers, in -12. Celte édition est très-rare.

Parmi les pièces burlesques en prose, il en est deux qui, à Tépoque où elles parurent, occupèrent vivement Tattention publique.

En 1674, l'Université, suivant les uns, ou seulement un doyen de la Faculté de théologie, suivant les autres, voulut présenter requête au parlement et empêcher qu'on n'enseignât la philosophie de Descaries. On espérait ainsi faire renouveler Tarrêl que le parlement arait rendu le 4 septembre 1624 contre Villon, Bitault et de Claven, lesquels avaient été assez osés pour soutenir des choses- contraires â la doclrine é^'Arislote. Ce fut à cette

occasion que le célèbre voyageur et philosophe gassendiste F. Bernier composa une requêle burlesque, qui fut suivie d'un arrêt burlesque auquel il travailla avec Boileau et Racine. Ces plaisanteries obtinrent un grand succès, et déterminèrent le demandeur à se désister de ses prétentions. Voici quelques fragments de la requête de Bernier, beaucoup moins connue que Tarrêt qui se trouve dans toutes les éditions de Boileau : « Supplient humblement les maîtres ès-arts, professeurs, régents de TUniversité de Stagire, disant qu'il est de notoriété publique que c'est le sublime et incomparable Aristote qui est, sans contester, le premier fondateur des quatre éléments, le feu, Tair, Teau et la terre; qu'il leur a accordé, par grâce spéciale, la simplicité qui ne leur appartenait pas de droit naturel; qu'il a donné aux uns la pesanteur, et aux autres la légèreté, afin de se pouvoir maintenir dans les lieux et places qu'il leur avait assignés pour y être eu repos; a ajouté à la nature de chaque corps en particulier une horreur si considérable de leur ennemi commun, le vide, qu'il n'y en a pas un qui ne souffre plus volontiers sa propre destruction, que de permettre qu'il occupe la moindre place dans le monde... Qu'il a de plus réglé, par des lois non variables, tous les mouvements des cieux et des astres... Et quoique, pendant, plusieurs siècles, il ait été maintenu, d'un commun consentement, dans une paisible possession de tous ces droits, et qu'il y ait lieu de prescription contre tous les prétendants au contraire : néanmoins, depuis quelques années en-çà, deux particulières, nommées la Raison et l'Expérience, se sont liguées ensemble pour lui disputer le rang qui lui appartient avec taut de justice, et ont lâché de s'ériger un trône sur les ruines de son autorité, et, pour parvenir plus adroitement à leurs fins, ont excité certains* esprits

factieux, qui, sous les noms de Cartésiens, Maliebranchistes, Pourchotistes et Gassendistes, ont commencé de secouer le joug du seigneur Aristote; et, méprisant son autorité avec une témérité sans exemple, lui ont voulu disputer le droit qu'il s*était acquis de pouvoir faire passer la vérité pour fausse, et la fausseté pour véritable. Ce considéré, Nosseigneurs, il vous plaise ordonner qu'on délivrera au plus tôt Saturne du cerceau où M. Huyghens le tient très-injustement emprisonné depuis plusieurs années; son écrou rayé et biffé, et condamner ledit sieur à cinq cents livres de dommages et intérêt»;

ir Que Jupiter congédiera ses quatre gardes, si ce n'est qu'il en veuille réserver un comme Saturne;

« Que le Soleil se débarbouillera bien le visage et ne paraîtra plus en public avec ses vilaines taches, qui sont des signes de corruption, et qui vont à la destruction de la quintessence céleste d' Aristote;

« Que Vénus n*aura jamais plus Timpudenre de rompre les cieux pour monter aundessus du Soleil;

• Que les mathématiciens rompront toutes leurs lunettes, comme fausses et trompeuses inventions, et que le sieur Picard avouera de bonne foi qu'il se trompe lourdement quand il croit voir (au grand déshonneur du Soleil) les étoiles en plein midi, et qu'on démolira au plus tôt l'Observatoire royal comme une forteresse à lunettes très-préjudiciables à l'état des cieux solides d'Aristote;

« Que M. Denis sera tenu et obligé de faire réparer incessamment, à ses frais et dépens, toutes les brèches et crevasses qu'il a faites à la voûte des cieux, pour y donner passage aux dernières comètes qui parurent en 1654 et 1665, et que les sieurs Petit, Auzout et Cassini, qui les virent alors <le leurs guérites se promener nuitam-

ment au-dessus de la Lune et du Soleil, sans y former opposition quelconque, seront déclarés complices de Tattentat qui a été fait en ce cas à l'autorité du vénérable Âristote, qui les avait placées au-<lessous de la Lune, avec très-expresses défenses de passer outre;

« Que le feu élémeirtaire ne sera plus imaginaire, et qu'il sera honorablement rétabli en son lieu et place dans le concave de la Lune;

« Que Tair sera reconnu de nouveau plus léger qu'une plume, et qu'on rompra tous les tuyaux de verre de MM. Pascal, fioberval et autres qui le rendent pesant, et qui attentent aux intérêts du Plein, partie adverse du Vide;

« Qu'aucuns pilotes ou autres navigateurs ne tourneront plus a Tentour de la Terre, sur peine de devenir antipodes et d*ètre précipités au ciel;

« Que la Terre se reposera, et que le Soleil tournera pour elle, sur peine d'excommunication;

« Que les sieurs Kékrin et Sténon jetteront dans la rivière tous leurs instruments anatomiques, et seront tenus et réputés pour innovateurs et perturbateurs du corps humain, et seront obligés de biffer de leurs écrits le triolet injurieux dit aux oreilles des femmes : « Vous « faites des œufs, vous êtes des poules, nous soirmes « des coqs; »

« Que le sang ne circulera plus, et que le cœur ne lui ouvrira plus la porte pour entrer au poumon; que le foie sera réintégré dans son premier office de faire Je sang, sans que le cœur lui ose plus disputer ledit office, et que le chyle Tira trouver tout droit par la veine-porte, sans s'amuser à aller monter vers les jugulaires, nonobstant aussi les oppositions expérimentales de M. Pecquet, auquel il sera nouvellement fait inhibitions et défenses de plus à l'avenir faire ouverture de chiens

GENRE BURLESQUE. S't

vivants pour prouver le contraire; qu'on tirera désormais de l'argent de sa bourse, quoique! n'y en ait point; coiniue on tire les formes substantielles et accidentelles de la matière où elles ne sont point;

« Que Gassendi, Descartes, Rohault, Ualebranche, Pourchot, Denis, (lordemoy, de Launay et leurs adhérents seront conduits à Athènes, et condamnés à y faire amende honorable devant toute la Grèce, pour avoir composé des libelles diffamatoires et injurieux à la mémoire du défunt seigneur Aristote, jadis précepteur d'Alexandre le Grand, roi de Macédoine, et en mille livres d'amende, applicable moitié au receveur, et l'autre moitié aux réparations des collèges ruinés de notre Université.

« Enfin, pour ôter tout sujet de contestation entre les parties, qu'il soit ordonné qu'on continuera toujours de raisonner aveuglément en matières philosophiques. Que la seule autorité d'Aristote, fondée sur un titre de prescription qu'il s'est acquis depuis tant d'années, prévaudra à la Raison et à l'Expérience; et qu'a l'avenir on ne prétendra plus sottement et impertinemment, comme l'on fait (sauf la révérence de la courj à de nouvelles découvertes qui ne soient pas dans Aristote, à peine de punition exemplaire, de mille livres d'amende, et de tous dépens, dommages et intérêts, et ferez bien. Ladite requête signée Croité, procureur de ladite Univei-sité. i» Un astronome de Montpellier, Glapiès, en annonçant une éclipse totale de soleil qui devait avoir lieu le i 2 mai 1706, s avisa d'en tracer la marche daus la forme et le style des ordres de route en usage pour les troupes. Nous n'avons pu nous procurer cette pièce qui ne pouvait manquer d'être assez plaisante.

Quelques Anglais ont excellé dans un génie qui se rapproche plus du style du Lutrin que du style de VÊ-

88 CURIOSITÉS LITTÉBAIRES.

nêide travestie; entre autres Butler, dans son célèbre poëmc à'Hudibras; Prior, dans son Histoire de VAme; le docteur Garth, dans la Querelle des Apothicaires etden Médecins.

Le héros du poème où Butler a ridiculisé les puritains a réellement existé. 11 s'appelait sir Samuel Luke» et avait été capitaine dans les armées de Pairfax et de Gromwell. Voltaire a réduit à quatre-vingts vers les quatre cents premiers vers de ce poëme. En voici quelques-uns:

Quand les profanes et les saints Dans l'Angleterre étaient aux prises.

Qu'on se battait pour des églises Aussi fort que pour des catins; Lorsque anglicans et puritains Faisaient une si rude guerre, £t qu'au sortir du cabaret Les omteurs de I^azaretb Allaient battre la caisse en chaire ; Que partout, sans savoir pourquoi, Au nom du ciel, au nom du roi, Les gens d'armes couvraient la terre; Alors monsieur le chevalier, Longtemps oisif ainsi qu'Achille, Tout rempli d'une sainte bile, Suivi de son grand écuycr, S'échappa de son poulailler, Avec son sabre et rÉyangile, Et s'avisa de guerroyer.

>'otre grand héros d'Albion, Grimpé dessus sa haridelle, Pour venger la religion, Avait à l'arçon de sa selle Deux pistolets et du jambon ; Mais il n'avait qu'un éperon.

GENRE BURLESQUt:. 89

C'était de toat temps sa manière:

Sachant qoe, si la talonnière Pique une moitié du cheval, L'autre moilié de ranimai Ne resterait point en arrière.

Voilà donc Hudibras parti; Que Dieu bénisse son voyage, Ses arguments et son parti, Sa barbe rousse et son coura<;e!

Hudibras a été traduit eu vers français par TAngiais Townlay, 3 vol. in-12, 1757.

* Prior, dans son Histoire de VAvie, dit Voltaire, examine d'abord si Tâme est toute en tout» ,ou si elle est logée derrière le nez et les deux yeux sans sortir de sa niche; puis, après s'être moqué de plusieurs systèmes, il propose le sien. Il remarque que Tanimal à deux pieds, nouveau-né, remue les pieds tant qu'il peut, quand on a la bêtise de Temmailloter, et juge de là que Tâme entre chez lui par les pieds*^ que, vers les quinze ans, elle a monté au milieu du corps; qu'elle va ensuite au coeur, puis à la tête, et qu'elle en sort à pieds joints quand l'animal iinit sa vie. »

Uy a beaucoup d'imagination, de naXveté, et, qui plus est, d'érudition, dans le poëme de Garth, dont Voltaire B imité ainsi le commencement :

Mu3C, rsconie^moi les débats aaiiitaires

Des médecinii de Londre et des apothicaires,

Contre le genre humain si longtemps réunis.

Quel dieu, pour nous sauver, les rendit ennemis?

Comment laissèrent-ils respirer leurs malades,

Pour frapper à grands coups sur leurs chers camarades^ ?

Gomment cbangèrent-ils leur coilTure en armet,

La seringue en canon, la pilule en boulet?

Ils connurent la gloire ; acharnés Tun sur l'autre,

Ils prodiguaient leur vie et nous laissaient la nôtre.

Pierre Langendik, poëte hollandais, mort en i 733, a composé plusieurs écrits burlesques» entre autres une imitation du quatrième livre de V Enéide, qu'il a intitulée : Ënée endimanché.

Le célèbre poëte danois, le baron de Holberg, mort en 1754j a, dans son poëme de Pierre Pors, travesti aussi de nombreux passages de Y Enéide.

On trouve dans toutes les littératures de certains jeux d'esprit qui tiennent de près au burlesque. « Notre Farinus lui-même, dit Aulu-Gelle S ne dédaignait pas ce genre, qu'il jugeait propre à éveiller le talent, à aiguiser l'esprit, à aguerrir contre les difficultés. Il fit XÈloge de Thersite et Y Apologie de la fièvre quarte. 11 eut sur ces deux sujets des expressions heureuses, des idées ingénieuses qu'il laissa par écrit. Dans l'apologie de la fièvre, il cite Platon, lequel a dit qu'au sortir de la fièvre quarte, si on a repris toutes ses forces, on jouit d'une santé plus constante et plus ferme. 11 se livre même à un jeu d'esprit plein de grâce; « Voici, dit-il, un vers sur la vérité duquel les siècles ont prononcé :

« Les journées de l'homme sont tour à tour mère et « marâtre. »

« Cela veut dire qu on ne peut pas toujours être bien; qu'on est bien un jour, mal un autre. Donc, puisque le bien et le mal reviennent alternativement dans la vie, c*est une heureuse chose que la fièvre» qui ne revient que tous les trois jours et nous donne deux mères pour me marâtre, »

Les savants du seizième et du dix-septième siècle composèrent un grand nombre de ces badinages, dont le plus connu est V Éloge de la folie, par Érasme (Moriss Encomium, Argentorali, 1511, in-4*), souvent traduit et

* Huils altiques, liv. XVIi, cli. xii.

GENRE BUHLËSQUE. Oi

réimprimé. On y trouve toute la grâce et la linessequi distinguent Tauteur des Colloques.

IjG philosophe Chr. Hegendorf (mort en ^549), qui, eu sa qualité d'Allemand, devait bien connaître la matière, composa un Éloge de Civrognerie,, su'jei traité plus tard par Sallengre; Claude Bégotier publia, en 1 honneur de la rave, sous le titre de Bapina seu roporum Encomitimt Lyon, 1540, in-8% un poëme devenu excessivement rare. Jérôme Cardan, qui mêla tant d'extravagance à des vues judicieuses et élevées, écrivit un Éloge de Néron. Jérôme Borario, mort en 1556, composa une Défense des rats, tandis qu'au siècle suivant le célèbre Daniel Hein* sius célébra les» louanges de Tâne et du pou, Laus asini, Lauspediculi. Leyde, Elzeviers, 1629, in-24.

Au dix-huitième siècle, Coulet célébra la goutte (1728, in-«"); Mercier, le pou et le pet S et Deguerle, les perruques (Éloge des perruques, par le docteur Ackerlio, 1797, in-12). Le séjour de Satan lui-même trouva un panégyrique assez spirituel dans un anonyme qui publia VÉloge de V Enfer, 1759, 2 vol. in-12. tnfin, les ânes rencontrèrent un nouveau et ardent défenseur dans le jésuite Bondi, auteur de Asinata, 1785, in-8". '

On peut consulter, pour plus de détails, ÏHistoire de la lilléralure comique et VHistoire burlesque de Flogel, et surtout deux recueils de Dornau. Le premier, intitulé : Homo diaholus, Francfort, 1618, in-4% renferme les éloges de la Cécité, de Personne, du Pinson, du Pélican, etc. Le deuxième, Ampkitkealrum sapientiœ Socralicx jocoserix, Hanau, 1618 ou 1670, est divisé en deux parties. L'une contient les éloges des animaux et des plantes, composés en grec, en latin, en allemand, en

* Cn a d'Emmanuel Marti une facétie assez plaisante, intitulée : Ora^ ifo pro crepUu ventris^ habita ad patres crepitaniea. Cosmopoli, 1768, in-32, rare.

n CURIOSITÉS LlTTÉRllUES.

vers et en prose, par différenls auteurs. Dans i autre on trouve reloge d'Hélène et de Busiris, parisocrate; celui de Néron, par Cardan, et beaucoup d'autres opuscules du mèiue genre, dont le total, pour Touvrage entier, s'élève à 622.

Outre les pièces de vers dont nous venons de parler, il y en a un très-grand nombre qui n'ont d'autres héros que dés animaux, et en particulier des insectes.

En 4579, lors de la tenue des grands jours à Poitier*», Etienne Pasquier, se trouvant chez les dames Desroches« qui réunissaient autour d'elles le» beaux esprits de l'époque, aperçut une puce sur le sein de maéemoiselle Desroches, et s'écria que « cette puce mériterait bien d'être enchâssée dans leurs papiers, et qu'il ferait volontiers des vers sur un pareil sujet. » Toute l'assemblée applaudit à cette proposition, et il en résulta un recueil de vers grecs, latins, français, italiens et. espagnols, pu-r blié sous le titre cle la Puce de mademoiselle Décroches, Paris, 4582, in-4-°, rare. Les meilleurs vers sont dus, suivant la Monnoye, à njademoiselle Desroches elle-même.

Le grave auteur du Voyage d' Anachars^s, l'abbé Barthélémy, a fait, sur un sujet analogue, un mauvais poème en trois chants, la Chanteloupée ou la Guerre des Puces contre madame la D. de Ch. ( la duchesse de Choiseul).

Citons encore les poèmes de Lalli sur les Mouches, et ceux de Tesauro, de Justulus et de Vida sur les Vers à soie, célébrés aussi dans le Magnan, charmant poëoie provençal, de Diouloufet d'Aix.

Le roi d'Angleterre, Georges 111, étant un jour à lable, aperçut sur son assiette un insecte dégoûtant (a louse). Il entra aussitôt dans une violente colère et ordonna de raser immédiatement les têtes de tous les fonctionnaires des cuisines royales. Aucun marmiton, aucun euisinier

OUVRAGEE TERSIFIÉS. ^

ne put sauver sa chevelure. Cet événement fut pour le poëte satirique J. Wolcotl, surnommé ,Peter-Pindar, le sujet d'un poëme burlesque, Tke Lousiad, dans lequel le monarque lui-même était traité assez irrévérenoieusèment. La crainte du ridicule empêcha seule de faire poursuivre Tauteur.

Les chats, les rats et les souris ont été célébrés maintes ioisyles premiers entre autres dans un poème que Guyot des Herbiers, mort en 1^28, composa pour une certaine dame Anson, qui avait la manie de nourrir dans un pavillon un très-grand nombre de chats, et la maliee de réunir une société de gens de lettres dans un second pavillon tout proche du premier. Le célèbre poëte polonais Krosicki publia, en 4776, in-8% un poëme héroïcomique, MyszeidoSy sur les rats et les souris, qui, suivant le chroniqueur Kadlubek, dévorèrent le, roi Popiel. Ce pôéme a été traduit en fran<^is par Dubois.

Page 1