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OUVRAGES VERSIFIÉS

Mais de racines nourrissantes Qui rendent les âmes savantes.

L*élégance de la versification du Jardin des Racines grecques Bl été AU moins égalée, sinon surpassée, dans la Géométrie envers techniques, Paris, 1804, in-8'.

L'angle dont le sommot à la courbe se rend A moitié des degrés de Tarcque qu*il comprend ;

Lorsqu'il est au dehors, le cas devient complexe, Du concave moitié, moins moitié du convexe.

Le triangle rectangle et son hypoténuse Ont des propriétés que pas un ne récuse; La perpendiculaire allant à l'angle droit, De nous le démontrer aura bientôt le droit.

Nous ne savons pas si c'est au même ouvrage qu'appartient cette définition des parallèles que nous avons lue autrefois :

A Tabri de l'envie, en compagnes fidèles.

On voit marcher de Iront deux lignes parallèles.

Si elle ne s'y trouve pas, elle mériterait certainement d'y être.

Parmi les ouvrages plus récents, nous ne devons pas oublier la Géographie de la France, en vers techniques, divisée en régions, avec des notes, rédigées en style lapidaire, par Balestrier. Nous regrettons de ne pas connaître cet ouvrage, dont la poésie aurait pu nous offrir quelque échantillon curieux.

96 nUBIOSITÉS LITTi^.RAIRES.

Nodier, dans ses Questions de littérature légale, a défini rimitation en ces termes : t On est convenu d'appeler ainsi toute traduction d'une tangue morte introduite dans un ouvrage d'imagination, qui n'est pas lui-même la traduction exacte de récrit dont elle est tirée. »

On considère encore domme imitation Femprunt qu'un auteur fait à une langue vivante, étrangère à la sienne Mais ce dernier genre d'im^tatton est déjà un peu plus répréhensible que l'autre, car l'auteur l'avoue rarement, et le public ne s'en aperçoit que difficilement.

c Le Marin (J.-B. Marini) disait, rapporte Scudéri dans sa préface à'Alaric, que prendre sur ceux de sa nation c'était larcin; mais que prendre sur les étrangers, c'était conquête, et je pense qu'il avait raison. Nous n'étudions que pour apprendre, et nous n'apprenons que pour faire voir que nous avons étudié... Si j'ai pris quelque chose dans les Grecs et dans les Latins, je n'ai rien pris du tout dans les Italiens, dans les Espagnols ni dans les Français, me semblant que ce qui est étude chez les anciens est volerie chez les modernes. » Lamothe Levayer, qui partageait ce sentiment, s'exprime ainsi dans sa cent trente-neuvième lettre : « Prendre des anciens et faire son profit de ce qu'ils ont écrit, c'est comme pirater au delà de la ligne; mais voler ceux de son siècle, en s'appropriant leurs pensées et leurs productions, c'est tirer la laine au coin des rues, c'est ôter les manteaux sur le pont Neuf. L'on peut dérober à la façon des abeilles, sans faire tort à personne; mais le vol de la fourmi qui enlève le grain entier ne doit jamais être imité. » A ces différentes citations^ ajoulons-en encore

une autre, tirée du Dictionnaire de Bay]e (article Éphore) : < Je crois que tous les auteurs conviennent de cette maxime, qu'il vaut mieux piller les anciens que les modernes, et qu'entre ceux-ci il faut épargner ses compatriotes préférablement aux étrangers. La piraterie littéraire ne fessemble point en tout à celle des armateurs. Ceux-ci se croient plus innocents lorsqu'ils exercent leurs brigandages dans le nouveau monde que s'ils les exerçaient dans l'Europe. Les auteurs, au contraire, arment en course bien plus hardiment pour le vieux monde, et ils ont lieu d'espérer qu'on les louera des prises qu'ils y feront... Tous les plagiaires, quand ils le peuvent, suivent le plan de la distinction que j'ai alléguée; mais ils ne le font point par principe de conscience, c'est plutôt afin de n'être pas reconnus... Malheur à l'auteur, néanmoins, s'il y a une trop grande disproportion entre ce qu'il vole et ce à quoi il le coud! Elle fait juger aux connaisseurs, non-seulement qu'il est plagiaire, mais aussi qu'il l'est maladroitement. Ils se persuadent qu'il a gâté une excellente matière, et qu'il l'avait dérobée, puisqu'il y a mis une si mauvaise forme.»

Outre les nombreuses imitations que nos grands écrivains ont faites des Grecs et des Latins, ils ont souvent, et â notre profit, puisé sans scrupule dans les poëtes ou les prosateurs antérieurs ou peu connus. Gomme ces faits sont en général peu connus, nous allons entrer dans quelques détails. •

La Sophmisbe, de Mairet, renferme cette impréca-^ tion, que Corneille a imitée dans les Horaces :

Cependant, en mourant, ô peuple ambitîeuT, J'appellerai sur loi la colère des cieux :

Puisses-ta rencontrer, soit en paix, soit en guerre. Toute cbose contraire et sur mer et sur terre ; Que leTage et le Pô,conlre loi rebellés.

&« CURIOSITÉS LITTÉHAIHES.

Te reprennent les biens que ta leur as volés ; Que Mars, faisant de Rome une seconde Troie, Donne aui Carthaginois tes richesses on proie ; Et que, dans peu de temps, le dernier des Romains En fmissc la r.icc avec ses propres mains!

On trouve dans Hippolyte ou le Garçon insemibky de Gabriel Gilbert, morl avant 1680, le dialogue suivant :

UIPPOLTTK.

Si je suis exilé pour un crime si noir,

Uélus ! qui des mortels voudra me recevoir?

Je serai redoutable à toutes les familles,

aux frères pour leurs sœurs, aux pères pour leurs filles. '

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