‹ Curiosités littérairesChapitre 32 sur 84 · HIPPOLYTE · texte numérisé non relu

HIPPOLYTE

Chargé du crime alTrcux dont vous me soupçonnez, ^ Quels amis me plaindront quand vous m'abandonnez?

THLSÉE.

Va clicrcher des uuiis dont Teslime funeste Honore l'adultère, applaudisse à l'inceste ; Des traîtres, des ingrats, sans honneur et sans foi. Dignes de protéger u'ii méchant tel que toi.

Plusieurs endroits du Triomphe de la Ligue, de R.-J. Nérée, Leyde, 1607, in-12, rappellent certains vers (ÏAthalie.

On trouve dans la première pièce.

Ne redoutez-vous point qu'un ligueur vous écoule? — Je ne crains que mon Dieu, lui tout seul je redoute.

Racine fait dire à Joad :

Je cnins Dieu, cher Abncr, et n'ai point d'autre crainte.

Ailleurs Nérée s'exprime ainsi :

— Las ! nos petite enfants en auroicnt bien l)e6oing ;

— Dieu nous les a donnés, Dieu en aura le soîng.

— Les pourrions-nous laisser en si grande misère?

— Celuy n'est délaissé qui a Dieu pour son pcre ; Il ouvre à tous la main, il nourrit les corbeaux, Il donne la viande aux jeunes passereaux.

Aux hestes des forêts, des prés et des monlagnes. Tout vit de sa bonté.

Toutes ces pensSes, Racine les a mises dans la bouclic de Joas :

Dieu laissa-t-il jamais ses enfants au besoin ? Aux petits des oiseaux il donne leur pâture, Et sa bonté s'étend sur toute la nature.

Molière, qui, tout en faisant son profit des anciens, des Italiens, des Espagnols, et de nos vieux écrivains, n*en est pas moins resté inimitable, Molière a tjré presque littéralement du Pédant jouet de Cyrano de Bergerac, une des meilleures scènes des Fourberies de Scapm. Tout le monde pouvant recourir à cette dernière pièce, nous nous bornerons à donner un extrait de la première.

Oranger (le pédant) ayant appris du valet de son fils (Corbineli) que celui-ci s'est laissé prendre par les Turcs sur les bords de la Seine, le dialogue suivant s'engage entre eux :

« Granger. Que diable aller faire dans la galère d'un Turc?... Pasquier, donne-moi le réceptacle des instruments de rimmortalité, scriptorium scilicet,

« CoRBiNELLi. Qu'en désirez-vous faire?

« Grangeu. Ecrire une lettre à ces Turcs.

« CoRBiKEixi. Ils se moquerout, par ma foi, de vous.

c Grangeb. Va-t'en donc leur dire de ma part que je suis tout prêt de leur répondre, par devant notaire, que le premier des leurs qui me tombera entre les mains, je le leur renverrai pour rien... (Ah! que diable, que diable aller faire en cette galère?) Ou dis-leur qu'autrement je vais m'en plaindre à la justice...

« CoRBiNELLi. Tout ccla s'appellc dormir tes yeux ouverts.

« Granger. Faut-il être ruiné à l'âge où je suis? Vat'en avec* Pasquier, prends le reste du teston que je lui donnai pour la dépense, il n'y a que huit jours. (Aller sans dessein dans une galère!^ Prends tout le reliquat de cette piàce. (Ah ! malheureuse géniture, tu me coûtes plus d'or que tu n'es pesant!) Paye la rançon, et ce qui restera, emploie-le ^n œuvres pies. (Dans la galère d'un Turc!) Bien, va-t'en. (Mais, misérable, dis-moi, que diable allais-tu faire dans cette galère?) Va prendre dans mes armoires ce pourpoint découpé que quitta feu mon père l'année du grand hiver.

« CoRBiNELLi. A quoi bon ces fariboles? Vous n'y êtes pas. Il faut tout au moins cent pistoles pour la rançon.

«Gramger. Cent pistoles! Ah! mon fils, ne tient-il qu'à ma vie pour conserver la tienne ? Mais cent pistoles ! Corbineli, va-t'en lui dire qu'il se laisse pendre sans dire mot. Cependant qu'il ne s'afflige point, car je les en ferai bien repentir... S'en aller dans la galère d'un Turc ! Eh ! que faire, de par tous les diables, dans cette galère? galère, galère, tu mets bien ma bourse aux galères* ! »

Voltaire n'a pas été et avec raison, plus scrupuleux que ses devanciers. hnUus, tragédie de Catherine Bernard, jojorée en 1690, renferme ces vers :

« Le pédant jo«(\ 1664, in-12, acte ii, scène iv, p. 65 et suiv.

N'achève pas.... dans l'horreur qui ni'aocable, Laisse encore douter à mon esprit confus S'il me demeure un tils, ou si je n'en ai plus.

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