‹ Curiosités littérairesChapitre 49 sur 84 · TRADUCTEURS · texte numérisé non relu

TRADUCTEURS

lui eh resta. On ne l'appela plus que le comte de Capo- Basso.

Les bévues les plus fréquentes ont rapport à la création d'individus qui n'ont jamais existé.

Le savant théologien et jésuite Vasquez a pris Tédit de Tempereur Constant en faveur des monothélites, édit intitulé Typus ConstantiSt pour un hérétique disciple de Paul Monothélite, patriarche de Constantinople.

Richard Simon, au commencement de son Histoire ciiiique du Vieux Testament , a pris Sania et Fratela, deux officiers des Goths, pour deux dames allemandes.

D'Aquin, premier médecin du roi, au dix-septième siècle, indique, dans ses mémoires sur le quinquina, MantissUt titre de Tappendix de V Histoire des plantes de J. Jonston, comme le nom d'un auteur dont il n'avait jamais pu se procurer les ouvrages.

VHexaméroîi rustique raconte que « jesdeux frères de sainte Marthe ayant rapporté quelque chose dans la layette de Champagne cotée F, le P. Macedo, dans sa LusitanO'Gallia, cite cela et fait un homme d'un tiroir, Francisons Layette Campanus. »

' Le savant bibliographe allemand Jugler dit, dans sa Bibliotheca historix litterariae : « In Lironii Singularités historiques..., legitur observatio, auctore le Berceau de Vlmprimeriey » etc. Ce le Berceau figure encore dans la table des auteurs.

Un Italien, Ferdinand Fabiani, ayant composé un livre en rhonneur de son compatriote Cimpiani, et citant une histoire française de voyages en ïtahe, prit pour le nom de l'auteur de ce dernier ouvrage les mots suivants, qui se trouvaient au bas du titre : Enrichi de deuok listes. Et il fait observer avec soin que M . Enrichi de deux listes n'a pas manqué de rendre à M. Cimpiani toute la justice qu'il mérite.

192 (:LI;I.0SITKS LITTKlUinES.

Combien de personnages de Tantiquitê, combien de saints ressemblent à M. Enrichi de deux listes, et doivent uniquement leur existence à une bévue de traducteur, de copiste ou de commentateur!

Le cardinal Baronius, dans son Martyrologe romain, fait mention d'une sainte Xinoris, martyre d'Ântioche, dont, suivant lui, saint Chrysostome et saint Jérôme ont parlé avantageusement. Mais ces deux auteurs, en employant le moi xinoris (couple, paire), ont voulu seulement parler, Tun de deux martyrs, Juventin et Maxime; Tautre de la mère etdelaleule de sainte Démétriade.

Le Bréviaire d'Amiens renferma longtemps et renferme peut-être encore une pareille bévue. Il y est parlé d'un Âuxilius, évêque d'Angers, révéré comme un grand saint; « mais, a dit un auteur, il ne le fut jamais qu'aux yeux de ceux qui, par éblouissement, ont lu auxilio prmsule, au lieu de auxilio prxsulis. » Cet Auxilius rappelle l'adverbe latin illico, qui a été transformé en Villico, dont on a fait un évêque de Chartres.

La traduction de la Bible connue sous le nom de Yulgale renferme un très-grand nombre de fautes qu*on aurait pu éviter avec un peu de soin. Nous nous bornerons à en citer quelques-unes.

Le deuxième verset du premier chapitre de la Genèse contient cette phrase : Et spiritus Dei ferebatur super aquas, c et l'esprit de Dieu était porté sur les eaux. » Cette phrase n'offre qu'un sens bien vague et bien confus. Mais il n'en est pas de même dans le texte hébreu, car spiritus Dei est un hébralsme. Quand on voulait exprimer la grandeur d'une montagne, la violence d'un vent, on disait mons Dd, ventus Dei, une montagne de Dieu, un vent de Dieu*. C'est donc avec raison qu'on a

' En français, nous «lirions : Cno m >i:tagnf , un rfnt 4» riiablf^ 4e hiM» In diahifit.

proposé pour le passage en question cette traduction fort claire : « Un vent très-fort soufflait sur les eaux. »

Tout le nîonde connaît le verset 24 du chapitre xix de rËvangile selon saint Matthieu : « Facilius est camelum per foramen acus transire, quam divitem intrare in regnum cœlorum. Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu.'à un riche d'entrer dans le royaume des cieux. » La comparaison du chameau passant par le trou d'une aiguille est plus qu'étrange, il faut l'avouer, aussi n'existe-t-elle pas dans le texte original. L'ignorant qui a translaté cet Évangile du grec en latin a confondu les deux mots kamélos (chameau), et kamilos (câhle). Le chameau doit donc être remplacé par câble, ce qui alors offre un sens tout à fait raisonnable.

Une des preuves alléguées par les critiques en faveur de la tradition qui donne l'Évangile de saint Matthieu comme ayant été rédigé primitivement en hébreu ou en chaldéen, c'est la quantité de fautes de traduction commises dans le texte grec qui nous est parvenu. On en aura une idée par le verset 25 du chapitre xiy, où l'hébralsme, marcher ^ur Veau, c'est-à-dire nager ou voguer, a été compris et traduit littéralement ^

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